Famille d’Anglure
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Famille d’Anglure
Origine et implantation champenoise
La famille d’Anglure, anciennement désignée sous le nom de Saint-Chéron et parfois associée à la lignée des Ogier d’Anglure, est une maison d’extraction noble originaire de Champagne. Elle tire son nom d’Anglure, bourg situé dans la vallée de l’Aube, à proximité de Troyes. À partir du Moyen Âge central, ses membres apparaissent comme seigneurs laïcs, officiers et ecclésiastiques dans le comté de Champagne ainsi que dans les principautés voisines, notamment en Lorraine.
La tradition généalogique rattache l’acquisition de la seigneurie d’Anglure à Ogier II de Saint-Chéron, fils d’un autre Ogier, chevalier et seigneur de Marsangy au Mesnil. Il l’aurait obtenue par son mariage avec Hélène, dame d’Anglure. Les généalogies anciennes ne sont toutefois pas toujours concordantes pour les premiers degrés de la filiation ; la succession des Ogier doit donc être utilisée avec prudence pour les générations les plus anciennes.
Les seigneurs d’Anglure aux XIIIe et XIVe siècles
La maison se consolide au XIIIe siècle autour de ses possessions champenoises et de plusieurs seigneuries de la région. Ogier III d’Anglure, mort en 1256, est présenté comme l’un des ancêtres assurés de la lignée médiévale ultérieure. Sa descendance comprend notamment Ogier, Ancelin, homme d’Église, et Jean Saladin, seigneur de Marchangy et du Mesnil.
Jean Saladin est donné comme compagnon de Philippe IV le Bel lors de la guerre de Flandre et comme gouverneur du royaume de Navarre. Au siècle suivant, Ogier VI puis Ogier VII portent les seigneuries d’Anglure et d’Essey-lès-Nancy. Leurs alliances avec les maisons d’Essey, de Conflans et de Châtillon témoignent de l’insertion de la famille dans la noblesse régionale. Ogier VIII, seigneur d’Anglure et d’Étoges, meurt en 1383 ; son fils Ogier IX lui succède.
Ogier IX d’Anglure, mort en 1412, est le membre médiéval le plus connu de la maison. Il effectua un pèlerinage en Terre sainte et en rédigea le récit, généralement connu sous le titre de Le Saint Voyage de Jérusalem. Son mariage avec Alix de Toucy lui apporta notamment des droits et possessions en Bourgogne. Cette union contribua à élargir l’horizon territorial de la famille au-delà de la Champagne.
Branches d’Étoges et de Donjeux
Au XVe siècle, la famille se répartit en plusieurs rameaux, dont les principaux sont liés à Étoges et à Donjeux. Étienne d’Anglure, seigneur d’Anglure, de Pargny et d’Étrelles, épousa Jeanne de Choiseul. Leur fils Guillaume devint seigneur d’Anglure, de Donjeux, de Choiseul et de Chacenay. Une autre branche descendit de Jean Saladin d’Anglure, seigneur d’Étoges et de Raucourt, marié vers 1400 à Jeanne de Brixey de Bourlémont.
Leur fils Simon Saladin d’Anglure, seigneur d’Étoges, de Donjeux et de Bourlémont, exerça la charge de grand maître d’hôtel de Bretagne en 1462. Parmi ses enfants figurent Jean, seigneur de Donjeux, Nicolas Colart, seigneur de Bourlémont, ainsi que Renaud Ogier, devenu évêque de Marseille et abbé de Saint-Victor. Jeanne d’Anglure fut abbesse de Remiremont, ce qui illustre la place occupée par la famille dans les institutions religieuses de haut rang.
Le rameau d’Étoges se prolongea par Marc-Antoine Saladin d’Anglure, seigneur d’Étoges, de Nogent et de Mouliherne, chambellan de René II de Lorraine. Ses alliances avec Jeanne de Neufchâtel-Montaigu et avec les maisons de Lascaris et de Béthune renforcèrent les relations de la famille avec les noblesses champenoise, lorraine et bourguignonne. À la fin du XVe siècle, René d’Anglure, son fils, portait notamment les titres de vicomte d’Étoges et de Blaigny, ainsi que la seigneurie d’Anglure.
Charges, mémoire et emblèmes
Les d’Anglure fournirent au cours du Moyen Âge des baillis, gouverneurs militaires, conseillers et hommes d’Église. Leur présence est attestée dans les réseaux de pouvoir du comté de Champagne et du duché de Lorraine ; la famille donna également des prélats à plusieurs diocèses, dont Marseille, Toulouse et Bordeaux.
Les armes attribuées à la maison sont : d’or, semé de grelots cousus d’argent, soutenus chacun d’un croissant de gueules. Le prénom Saladin, fréquent dans plusieurs rameaux, ainsi que l’interprétation du croissant comme souvenir d’un épisode lié aux croisades, relèvent en revanche d’une tradition familiale et historiographique dont les détails ne sont pas établis avec certitude. Ils ne doivent pas être confondus avec une preuve documentaire d’une conversion ou d’une rencontre personnelle avec le sultan Saladin.

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