Famille Malipiero
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Famille Malipiero
Les Malipiero, également appelés Mastropiero, forment une ancienne famille patricienne de Venise. Leur nom est associé à l’histoire politique de la République de Venise durant le Moyen Âge finissant, notamment par l’élection de deux de ses membres à la dignité dogale. La famille est aussi représentée dans les hautes charges de l’État, parmi lesquelles celles de procurateur de Saint-Marc et de commandant militaire.
Origines et implantation vénitienne
La tradition familiale rattache les Malipiero à une origine allemande. Une partie de la lignée aurait gagné la lagune dès les premiers temps de la constitution de la cité vénitienne. Cette origine ancienne explique la place reconnue à la famille parmi les maisons du patriciat de Venise. Toutefois, les indications relatives à l’arrivée exacte de la famille et à ses premiers représentants ne permettent pas d’établir une généalogie continue pour les siècles les plus anciens.
À Venise, le nom Malipiero coexiste avec la forme Mastropiero. Ces deux appellations sont employées pour désigner la même maison dans les traditions généalogiques et historiques qui lui sont consacrées. Comme pour plusieurs familles patriciennes vénitiennes, la permanence du nom dans les institutions de la République importe davantage que la connaissance détaillée de ses premiers degrés généalogiques.
Rôle politique et militaire
Les Malipiero participent à la direction de la République de Venise par l’exercice de fonctions civiles, religieuses et militaires. Des membres de la famille sont attestés comme procurateurs de Saint-Marc, charge prestigieuse qui plaçait ses titulaires au premier rang de l’administration vénitienne. D’autres occupent des responsabilités de commandement dans les armées de la République.
La dignité dogale constitue le point culminant de cette présence politique. Orio Mastropiero fut élu doge de Venise en 1178. Il est généralement compté comme le quarantième doge de la République. Son accession témoigne de l’ancienneté et du poids de la maison dans les institutions vénitiennes du XIIe siècle.
Plus de deux siècles plus tard, Pasqual Malipiero, fils de Francesco, fut élu doge en 1457. Il est présenté comme le soixante-sixième doge de Venise. Cette élection confirme la persistance de la famille au sommet du patriciat, à une période où les charges dirigeantes étaient étroitement liées à l’appartenance aux principales maisons de la noblesse vénitienne.
Résidences à Venise
La présence urbaine de la famille est rappelée par plusieurs demeures portant son nom. Le palais Malipiero Trevisan se trouve dans le sestiere de Castello. D’autres palais Malipiero sont signalés dans les sestieri de San Marco et de Santa Croce. Ces implantations illustrent la dispersion de la famille dans plusieurs secteurs de la ville et l’importance de ses résidences dans le paysage nobiliaire vénitien.
La dénomination de ces palais ne suffit toutefois pas à attribuer chaque bâtiment à un membre déterminé de la lignée ni à reconstituer avec certitude la chronologie de leur possession. Elle atteste surtout la relation durable entre la maison Malipiero et l’espace monumental de Venise.
Armes et mémoire de la lignée
Les armes attribuées aux Malipiero se blasonnent d’une serre ou d’un pied d’aigle, accompagné de son aile, de sable sur champ d’argent. Cette composition associe une figure animale distinctive à une palette héraldique sobre. Les variantes de représentation peuvent dépendre des supports et des traditions héraldiques, mais le motif de la serre ou du pied d’aigle accompagné d’une aile constitue l’emblème retenu pour la famille.
Entre l’élection d’Orio Mastropiero en 1178 et celle de Pasqual Malipiero en 1457, la maison apparaît ainsi comme une lignée durablement intégrée au patriciat vénitien. Ses membres contribuèrent à l’administration, à la défense et au gouvernement de la République, tandis que ses palais et ses armes conservèrent sa mémoire dans la cité des Doges.

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