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Famille Miani

Origines et implantation à Venise

La famille Miani est une famille patricienne de Venise, également désignée dans certaines chroniques sous la forme Emiliani. La tradition la donne pour originaire de Pavie et affirme qu’elle se serait établie à Venise dès les premiers siècles de la cité. Cette origine ancienne est associée au souvenir de tribuns antiques et à la fondation ou à l’édification de l’église San Tommaso.

Le nom Miani semble toutefois avoir été porté par plusieurs groupes familiaux. Les notices anciennes distinguent notamment des Miani auparavant appelés Merani, originaires de Jesolo, ainsi qu’une autre famille venue de Cittanuova d’Istrie et issue du milieu des merciers. Ces éléments ne permettent pas d’établir avec certitude une filiation unique entre toutes les branches mentionnées. Il convient donc de distinguer la famille patricienne admise au gouvernement de Venise des autres lignées homonymes ou apparentées par tradition.

Admission dans la noblesse vénitienne

Les Miani furent admis au Maggior Consiglio en 1252. Cette admission constitue le principal repère institutionnel médiéval associé à la famille et marque son intégration reconnue au patriciat vénitien. Une autre lignée Miani, donnée comme originaire de Cittanuova dell’Istria, aurait été incluse dans la noblesse lors de la clôture du Maggior Consiglio en 1297. La coexistence de ces deux dates confirme la nécessité de ne pas confondre automatiquement les différentes familles portant le même nom.

La présence des Miani dans la vie religieuse et urbaine de Venise est également attestée par leur association à plusieurs édifices. Outre San Tommaso, les Miani de Cittanuova sont crédités de l’érection de l’église San Vidal. Ces fondations ou patronages témoignent de leur insertion dans les réseaux de prestige, de dévotion et de représentation propres aux familles de la noblesse vénitienne.

Charges et personnalités au Moyen Âge

Pietro Miani fut évêque de Vicence. Un autre membre de la famille, Pietro Emiliano, est donné comme duc de Candie en 1343. Cette fonction renvoie à la domination vénitienne sur la Crète et place le personnage dans le cadre de l’administration des territoires ultramarins de la République. La forme Emiliano employée pour certains membres ne permet cependant pas toujours de déterminer si toutes les mentions concernent la même branche.

À la fin du XVe siècle, Angelo Miani exerça plusieurs charges militaires et administratives. Il fut capitaine de la galère de la Marca lors de la prise de Comacchio par Venise en 1483, puis podestat et capitaine de Feltre en 1486. Il fut également provéditeur de Zante et, enfin, provéditeur des Pregadi. Ces fonctions illustrent la participation des Miani à la défense maritime, au gouvernement des villes du Dominio et aux institutions centrales de la République.

Branches, armes et extinction

Les traditions héraldiques attribuent aux Miani patriciens des armes coupées d’or et d’azur, chargées dans le premier d’une rose d’argent boutonnée d’or. Les Miani autrefois appelés Merani portaient, selon une autre description, des fasces de gueules et d’argent, avec en chef d’azur un épi de millet mouvant de la première fasce. Une troisième branche, issue de Cittanuova, est donnée comme portant les mêmes armes que les précédents. Ces divergences héraldiques renforcent l’hypothèse de plusieurs lignées homonymes plutôt que celle d’une maison entièrement unifiée.

La branche anciennement appelée Merani se serait éteinte en 1450. La famille Miani patricienne est, quant à elle, donnée comme éteinte vers la fin du XVe siècle. Une autre lignée Miani, celle à laquelle sont rattachés Angelo, Luca et Girolamo, aurait subsisté jusqu’en 1790. Cette dernière indication est postérieure à la période médiévale, mais elle explique la continuité du nom dans les siècles suivants. Les palais Miani Coletti Giusti et Miani rappellent encore la présence du nom dans le paysage aristocratique vénitien.

Auteur/autrice

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