Famille Ordelaffi
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Famille Ordelaffi
Origines et implantation à Forlì
Les Ordelaffi sont une famille italienne qui exerça, avec plusieurs interruptions, la seigneurie de Forlì, en Émilie-Romagne, entre la fin du XIIIe siècle et le début du XVIe siècle. Forlì, importante place forte gibeline de la Romagne, constitua le centre de leur puissance politique et militaire. Leur domination s’étendit selon les périodes à Castrocaro, Forlimpopoli et Cesena.
L’origine de la famille demeure incertaine. Elle est parfois rattachée à une implantation germanique ou vénitienne, sans que cette interprétation puisse être tenue pour assurée. Un membre nommé Ordelaffi apparaît toutefois dans les archives de Forlì au milieu du XIIe siècle, ce qui atteste l’ancienneté de la présence familiale dans la région. À la fin du XIIIe siècle, les Ordelaffi s’imposèrent à la tête du parti gibelin local. Teobaldo Ordelaffi, mort en 1296, compte parmi les premiers chefs connus de la famille ; Scarpetta Ordelaffi devint le premier seigneur de Forlì issu de cette lignée.
La première seigneurie et les conflits de la Romagne
Scarpetta Ordelaffi dirigea Forlì de 1295 à 1315, avant que son frère Francesco I, dit Cecco I, ne lui succède jusqu’en 1331. Francesco II, ou Cecco II, conserva ensuite le pouvoir jusqu’en 1359. Durant cette période, la maison participa aux luttes qui opposaient les factions guelfes et gibelines ainsi qu’aux rivalités entre les villes de Romagne, la papauté et les puissances italiennes.
La position des Ordelaffi fut également liée aux exilés florentins. Après l’expulsion des guelfes blancs de Florence, les forces militaires des bannis furent confiées à Scarpetta. Dante Alighieri est associé à cette période : il aurait séjourné auprès du seigneur de Forlì entre 1302 et 1303 et aurait pu contribuer à la rédaction de documents conservés par le chancelier Pellegrino Calvi. Cette présence et cette activité documentaire sont traditionnellement rapportées, mais certains détails restent formulés avec prudence.
En 1359, Forlì passa sous domination pontificale. Cette première interruption marqua une limite importante à l’autorité des Ordelaffi, sans mettre fin à leurs ambitions régionales. La famille reconquit la ville en 1376 avec Sinibaldo I, qui la gouverna jusqu’en 1386. Pino II lui succéda, puis Francesco III, dit Cecco III, exerça la seigneurie de 1402 à 1405.
Rétablissements et dernières seigneuries
Après une période républicaine de 1405 à 1411, Giorgio Ordelaffi reprit le pouvoir. À sa mort, Teobaldo II lui succéda brièvement, de 1423 à 1425. Forlì passa ensuite sous l’autorité de Filippo Maria Visconti, duc de Milan, puis revint à la domination pontificale. Antonio I Ordelaffi réussit à rétablir son pouvoir de 1433 à 1436, puis de 1438 à 1448, malgré une nouvelle interruption pontificale entre ces deux périodes.
Francesco IV, dit Cecco IV, gouverna Forlì de 1448 à 1466. Son frère Pino III lui succéda et resta seigneur jusqu’en 1480. Cette dernière période fut marquée par les tensions dynastiques et par la concurrence des puissances qui cherchaient à contrôler la Romagne. À la mort de Pino III, son fils Sinibaldo II fut brièvement reconnu comme seigneur, tandis que Francesco V, fils de Cecco IV, tenta également de s’emparer de Forlì sans y parvenir.
En 1480, la seigneurie passa à Girolamo Riario, puis à Catherine Sforza en 1488. Ces changements mirent fin à la domination effective des Ordelaffi sur Forlì au cours de la période médiévale. La ville releva ensuite de César Borgia à partir de 1499, avant de connaître un bref retour des Ordelaffi au début du XVIe siècle.
Mémoire et fin de la lignée dirigeante
Les Ordelaffi sont mentionnés par Dante dans l’Enfer, au chant XXVII, à propos de la Romagne et de la résistance de Forlì aux adversaires français. Cette allusion contribua à inscrire la famille dans la mémoire politique et littéraire de l’Italie communale. Les archives de la maison, qui auraient contenu des documents liés à Dante, furent emportées en 1480 par Lucrezia Pico della Mirandola, dernière épouse de Pino III. Leur devenir demeure incertain ; il est possible qu’une partie ait été dispersée ou intégrée à des fonds pontificaux.
Antonio Maria Ordelaffi, fils de Cecco IV, reprit brièvement Forlì en 1503-1504. Sa mort entraîna l’extinction de la branche principale et mit définitivement fin à la domination des Ordelaffi sur la ville. Forlì revint alors aux États pontificaux, auxquels elle demeura rattachée jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

Auteur/autrice
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