Famille Pesaro
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Famille Pesaro
Origines et établissement à Venise
La famille Pesaro appartient aux maisons patriciennes de Venise. Elle est généralement donnée comme originaire de Pesaro, dans les Marches, mais cette origine doit être considérée avec prudence en l’absence d’une filiation médiévale entièrement établie. La présence des Pesaro dans la cité lagunaire est attestée au moins au début du XIIIe siècle.
La famille semble alors se répartir en plusieurs rameaux établis dans différents quartiers de Venise. Lors de la clôture du Maggior Consiglio en 1297, qui fixa durablement l’accès au patriciat vénitien, deux branches Pesaro figuraient déjà parmi les familles admises à la noblesse. L’une était implantée à Santa Fosca, dans le sestiere de Cannaregio, et était représentée par les frères Marco et Matteo, fils de Palmier. L’autre, établie à Santa Croce, était représentée par Angelo et son fils Nicolò.
Rôle dans la République de Venise
À partir de la fin du Moyen Âge, les Pesaro comptèrent parmi les familles dirigeantes de la République de Venise. Leur influence s’exerça dans les magistratures civiles, l’administration de l’État, la diplomatie, les affaires militaires et les institutions ecclésiastiques. La documentation familiale mentionne également des amiraux, des prélats et des hommes de lettres, ce qui témoigne de la diversité des carrières accessibles aux membres du patriciat vénitien.
La fortune politique de la maison se prolongea après la période médiévale. Plusieurs de ses membres exercèrent la charge de procureur de Saint-Marc, l’une des plus importantes dignités de la République. Sont notamment cités Ludovico, Benedetto, Pietro, Gerolamo et Leonardo Pesaro. Ces charges, souvent confiées à des familles anciennes et solidement établies, renforcèrent la position des Pesaro dans la hiérarchie vénitienne.
Personnalités et continuité de la maison
Jacopo Pesaro appartient à la génération qui relie l’histoire médiévale de la famille à son affirmation dans l’Italie de la Renaissance. Évêque, il fut également général des galères au service du pape Alexandre VI. Sa mémoire est conservée dans la basilique Santa Maria Gloriosa dei Frari, à Venise, où il fut inhumé au XVIe siècle.
La famille donna ensuite un doge de Venise, Giovanni Pesaro, élu en 1658. Son dogat fut bref, puisqu’il mourut en 1659, mais cette élection confirme la place durable occupée par la maison parmi les lignées les plus considérées du patriciat vénitien. Le développement ultérieur de la famille ne doit toutefois pas être projeté directement sur le XIIIe ou le XIVe siècle : les branches, les liens de parenté et les étapes précises de son ascension restent à distinguer avec soin.
Résidences, mémoire et armoiries
La présence des Pesaro à Venise est associée à plusieurs demeures et ensembles monumentaux. La Ca’ Pesaro, située à Santa Croce, est la plus célèbre. D’autres édifices ont porté le nom de la famille, notamment le palais Pesaro Papafava et le palais Giustinian Pesaro à Cannaregio, ainsi que le palais Fortuny, également désigné comme palais Pesaro degli Orfei, dans le quartier de San Beneto. Une résidence Pesaro-Facchinetti-Vettoretto est signalée à Maser.
Leonardo Pesaro est associé au mausolée du doge dans la basilique des Frari ainsi qu’à la construction de la Ca’ Pesaro. Ces réalisations illustrent la manière dont les grandes familles vénitiennes manifestaient leur rang par le mécénat, les sépultures monumentales et l’architecture palatiale.
Les armes attribuées aux Pesaro sont décrites comme un écu parti « à grandes dents », ou émanché, d’or et d’azur. La famille est aujourd’hui considérée comme éteinte ; cette extinction est postérieure à la période médiévale et n’affecte pas le rôle joué par ses premiers rameaux dans la formation du patriciat vénitien.

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