Famille Piccolomini
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Famille Piccolomini
Implantation et premiers témoignages
Les Piccolomini forment une grande famille noble de Toscane, étroitement liée à l’histoire politique et religieuse de Sienne. Ils appartiennent à la partie guelfe et s’imposent, à partir du XIIIe siècle, parmi les principales lignées baronniales de la cité, désignées dans les sources siennoises comme les prime schiette. Leur influence repose à la fois sur la possession de terres et de demeures fortifiées, sur les activités commerciales et sur leur participation aux institutions communales.
Les premiers témoignages connus ne permettent pas de reconstituer une filiation continue jusqu’à l’époque féodale, mais attestent l’ancienneté du nom. En 1098, un Martino di Piccolomo se déclarait soumis à la loi lombarde. En 1165, un Piccolomo di Montone exerçait la charge de consul. Ces mentions montrent l’enracinement précoce de la famille dans le territoire siennois, sans que l’on puisse en déduire avec certitude une généalogie complète.
Puissance territoriale et conflits siennois
En 1220, Engelberto d’Ugo Piccolomini reçut de l’empereur Frédéric II le domaine féodal de Montertari, en Val d’Orcia, en récompense de services rendus. Les Piccolomini possédèrent également des palais, des tours et des terres à Sienne et dans son contado. Parmi leurs possessions ou établissements figurent notamment Montone et Castiglione, que la famille vendit à la commune en 1321. Ces biens témoignent de leur insertion dans les rapports de pouvoir entre lignages aristocratiques et gouvernement communal.
Comme d’autres familles dirigeantes de Sienne, les Piccolomini prirent part à des luttes privées et à des rivalités durables. Aux XIIIe et XIVe siècles, ils s’opposèrent particulièrement aux Malavolti, qui disposaient d’une forte position dans l’épiscopat siennois. En 1338, leur action contribua à l’ouverture d’une enquête pontificale contre Donosdeo dei Malavolti, évêque de Sienne, accusé de malversations. Cet épisode illustre l’usage des procédures ecclésiastiques dans les conflits entre familles nobles.
Le choix du parti guelfe entraîna plusieurs périodes d’exil. Les Piccolomini furent chassés de Sienne et leurs maisons détruites. Après la victoire de la maison d’Anjou, ils purent revenir, mais subirent une nouvelle expulsion pendant le bref règne de Conradin. Ils rentrèrent finalement avec l’aide de Charles Ier de Sicile. Ces retournements réduisirent leur influence politique et commerciale, sans entraîner la disparition de leurs propriétés.
Commerce, Église et branches méridionales
La fortune des Piccolomini s’appuya aussi sur le commerce. La famille établit des agences et des bureaux comptables à Gênes, Venise, Aquilée et Trieste, ainsi que dans plusieurs villes de France et d’Allemagne. L’intensité de leur engagement politique finit toutefois par affaiblir leur position dans les affaires. Leur patrimoine foncier et urbain leur permit néanmoins de conserver un rang élevé dans la société siennoise.
Au XVe siècle, un membre de la famille transféré à Naples par mariage fut à l’origine de la branche des Piccolomini du Mezzogiorno. Cette branche acquit ensuite une place parmi les grandes maisons du royaume de Naples, au sein du groupe traditionnel des sept maisons considérées comme les plus éminentes. Cette implantation méridionale constitue une ramification importante de la maison, distincte de son foyer toscan.
La famille joua également un rôle majeur dans le gouvernement de l’Église. Enea Silvio Piccolomini (1405-1464), humaniste, diplomate et ecclésiastique, devint pape sous le nom de Pie II en 1458. Son pontificat renforça considérablement le prestige international de la lignée. Son neveu Antonio Todeschini Piccolomini, mort en 1492, fut notamment archevêque de Bénévent. La branche dite Piccolomini Todeschini, attestée au XVe siècle, est associée à cette ascension ecclésiastique.
Continuité à la fin du Moyen Âge
À la veille de l’époque moderne, les Piccolomini demeurent donc une maison nobiliaire à plusieurs ancrages : siennois par ses possessions et ses rivalités anciennes, ecclésiastique par l’élection de Pie II, et napolitain par une branche issue d’une alliance matrimoniale. Francesco Todeschini Piccolomini, neveu de Pie II, devint pape sous le nom de Pie III en 1503, soit après la période considérée ici. Son élection confirme toutefois la continuité du poids politique et religieux acquis par la famille au cours du XVe siècle.

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