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Famille Rezzonico

Origines et implantation

La famille Rezzonico est une famille patricienne de Venise, dont l’ascension sociale et politique s’affirme surtout à l’époque moderne. La tradition généalogique la rattache à un Andrea Erecco de Guido della Torre et à une implantation ancienne à Rezzonico, localité située sur la rive occidentale du lac de Côme. Cette origine explique l’association durable du nom Rezzonico avec celui de della Torre, parfois employé sous une forme composée.

Les possessions attribuées à la famille dans la région de Rezzonico comprenaient divers fiefs. La documentation disponible mentionne également des liens avec les Hospitaliers, notamment par la présence de croix dans les éléments associés à la famille. Ces indications doivent toutefois être distinguées d’une preuve complète et continue de filiation entre les premières générations lombardes et la branche vénitienne.

Établissement à Venise et ascension nobiliaire

Un tournant important intervient en 1638, lorsque Aurelio Rezzonico transfère son siège à Venise. La famille dispose alors de ressources financières considérables et entretient des relations dans plusieurs centres politiques et commerciaux italiens. En 1665, l’empereur Léopold Ier confère à Aurelio et à son frère Carlo, établi à Gênes, le titre de barons du Saint-Empire. Cette dignité renforce la position sociale de la maison, sans toutefois la confondre avec le patriciat vénitien, que les Rezzonico obtiennent ultérieurement.

En 1683, les frères Quintiliano et Giovan Battista sont chargés de remettre au roi de Pologne Jean Sobieski des capitaux destinés à la lutte contre les Ottomans lors du siège de Vienne. Un autre frère, Abbondio, est placé sous la protection de Livio Odescalchi, petit-fils du pape Innocent XI, et exerce ensuite des fonctions de gouverneur dans plusieurs villes des États pontificaux. Ces activités témoignent de l’insertion de la famille dans les réseaux financiers, curiaux et diplomatiques de la fin du XVIIe siècle.

En 1687, les Rezzonico acquièrent, pour 100 000 ducats, le titre de patriciens vénitiens. Ils investissent alors une partie de leur fortune dans la République de Venise et occupent des charges publiques. Leur ascension illustre le rôle que pouvaient jouer les grandes fortunes dans le renouvellement du corps patricien vénitien.

La maison vénitienne au XVIIIe siècle

La puissance de la famille s’exprime particulièrement dans ses résidences du Grand Canal. En 1752, les Rezzonico acquièrent le palais commencé par les Bon, famille dont la situation économique ne permettait plus d’achever le chantier. L’édifice, connu sous le nom de Ca’ Rezzonico, devient l’un des principaux monuments associés à la maison. Le mariage de Ludovico Rezzonico avec Faustine Savorgnan contribue à la mise en scène de son rang. En 1757, Giambattista Tiepolo y réalise une fresque représentant la Noblesse, la Vertu et le Mérite se dirigeant vers le temple de la Gloire.

En 1758, Carlo Rezzonico est élu pape sous le nom de Clément XIII. Son accession renforce considérablement le prestige familial. Son frère Aurelio reçoit la dignité de procurateur de Saint-Marc et engage d’importantes dépenses pour l’aménagement de la Ca’ Rezzonico. La salle d’audience, décorée notamment par Giandomenico Tiepolo, devient une manifestation de la puissance politique et culturelle de la famille.

Armes, résidences et extinction de la branche

Les armes attribuées aux Rezzonico sont écartelées : aux premier et quatrième quartiers figurent des éléments de gueules chargés d’une croix ou de deux barres d’argent, tandis que les deuxième et troisième portent une tour d’argent sur champ de sable. L’écu est chargé en cœur d’un aigle éployée de sable sur fond d’or, avec un ovale d’argent portant la lettre L de sable, concession associée à l’empereur Léopold. Une couronne à fleurons aigus est également signalée au-dessus de l’écu.

Outre la Ca’ Rezzonico, la famille est associée aux palais Fontana Rezzonico, Widmann-Rezzonico et à l’édifice parfois désigné comme palais Bon Rezzonico. La branche vénitienne s’éteint avec la mort d’Abbondio Rezzonico en 1810. Le patrimoine est alors transmis à Antonio Widmann, fils de Quintilia, sœur d’Abbondio, conformément à une décision prise dans le cercle familial sous le pontificat de Clément XIII.

Auteur/autrice

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