Famille Riario
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Famille Riario
Origines et implantation à Savone
La famille Riario est une lignée originaire de Savone, en Ligurie, dont la présence est attestée à partir du XIIe siècle. Son ascension politique et ecclésiastique se produit toutefois surtout au XVe siècle, lorsque plusieurs de ses membres bénéficient de la faveur de la famille Della Rovere. Le tournant décisif est l’élection au pontificat de Francesco della Rovere sous le nom de Sixte IV (1471-1484).
Les Riario sont alors liés aux Della Rovere par des alliances familiales et par la protection pontificale. Cette proximité favorise l’accès de plusieurs membres de la lignée au cardinalat, aux charges de la Curie et aux seigneuries de Romagne. La famille ne constitue pas une puissance territoriale ancienne comparable à celles des grandes maisons princières italiennes : son influence est principalement le résultat de l’élévation rapide de ses représentants au service de la papauté.
L’ascension sous Sixte IV
Pietro Riario, neveu de Sixte IV, est nommé cardinal en 1471. Il devient l’un des personnages les plus influents de la cour pontificale et accumule une fortune considérable. Sa mort, en 1474, interrompt une ascension qui avait fait de lui l’un des principaux agents du pouvoir de son oncle. Son rôle est néanmoins essentiel dans l’établissement de la branche seigneuriale des Riario en Romagne.
Girolamo Riario, parent de Pietro et proche de Sixte IV, reçoit en effet la seigneurie d’Imola, tandis que Forlì lui est attribuée par le pape. Il épouse en 1477 Caterina Sforza, fille de Galeazzo Maria Sforza, duc de Milan. Cette union rattache les Riario à l’une des plus puissantes maisons de l’Italie du Nord et donne naissance à la branche généralement désignée sous le nom de Riario-Sforza.
Girolamo est également associé à la conjuration des Pazzi, qui visait notamment à renforcer l’influence pontificale en Toscane et à procurer à ses alliés des positions territoriales. Le projet concernant Faenza n’aboutit pas comme prévu. L’épisode montre cependant l’insertion des Riario dans les rivalités politiques qui opposaient alors les Médicis, la papauté et les principautés italiennes.
Les seigneurs de Forlì et d’Imola
À la mort de Girolamo Riario, assassiné en 1488, son fils Ottaviano lui succède encore enfant. Caterina Sforza exerce la régence et gouverne Forlì et Imola avec une forte autorité. Elle défend ses possessions contre les oppositions locales et s’impose comme l’une des figures politiques les plus remarquables de la Romagne de la fin du XVe siècle.
La domination des Riario prend fin sous le pontificat d’Alexandre VI. En 1499, Cesare Borgia s’empare d’Imola et de Forlì. Caterina Sforza est emprisonnée au château Saint-Ange, tandis qu’Ottaviano perd ses États. Il se tourne ensuite vers l’Église et devient évêque de Viterbe. La chute de la seigneurie romagnole marque le recul politique de la branche principale, sans entraîner immédiatement la disparition du nom.
Les branches Riario, Riario-Sansoni et Riario-Sforza
La branche Riario-Sansoni est représentée principalement par Raffaele Sansoni Riario. Sa mère, Violante Riario, avait épousé Antonio Sansoni ; Raffaele ne porte donc le nom Riario que par sa parenté maternelle et son adoption par son oncle Pietro Riario. Créé cardinal par Sixte IV en 1477, il devient camerlingue et demeure, après la disparition de Pietro puis de Girolamo, l’un des derniers grands représentants de l’influence familiale à Rome. Son implication dans la conjuration des Pazzi est établie, mais son rôle exact doit être distingué de celui des instigateurs directs du complot. Cette branche s’éteint avec lui, faute de descendance masculine connue portant le nom.
Après la perte de Forlì et d’Imola, des membres de la famille s’établissent notamment à Bologne. Alessandro Riario, issu de cette implantation, est créé cardinal en 1578. La continuité du nom se manifeste ensuite surtout dans la carrière ecclésiastique : Tommaso Riario Sforza devient cardinal en 1823 et Sisto Riario Sforza en 1846. Ces prolongements sont postérieurs à la période médiévale et ne correspondent plus à une puissance seigneuriale comparable à celle de la fin du XVe siècle.

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