Famille Riccardi
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Famille Riccardi
Les Riccardi sont une famille florentine dont l’ascension s’étend principalement de la fin du Moyen Âge à l’époque moderne. Leur origine est généralement présentée comme allemande, avec un rattachement à Cologne, mais cette tradition ne paraît pas suffisamment assurée pour être formulée comme un fait incontestable. Le patronyme aurait pu dériver d’une forme telle que « Rickhardt », sans que cette reconstruction soit établie avec certitude.
Installation à Florence et premières activités
La famille se serait installée à Florence au XIVe siècle, avec un certain Anichino, présenté comme tailleur. Cette implantation correspond à une période où la cité toscane attirait des hommes venus d’autres régions d’Europe, notamment par les activités artisanales, commerciales et financières. Les éléments disponibles ne permettent toutefois pas de reconstituer avec précision la filiation des premiers Riccardi ni de déterminer la date exacte de leur établissement.
Au cours des générations suivantes, les Riccardi abandonnèrent progressivement la condition artisanale pour s’engager dans les affaires bancaires. Leur fortune s’accrut avec le temps, mais leur influence demeura relativement discrète au XVe siècle et durant la première moitié du XVIe siècle. Dans la Florence de la fin du Moyen Âge, ils appartenaient ainsi au milieu des familles aisées capables de consolider leur position par le commerce, la finance et l’acquisition de demeures urbaines, sans compter encore parmi les lignées dominantes de la vie politique florentine.
Fortune et affirmation sociale
La montée en puissance des Riccardi devient plus visible à partir de la seconde moitié du XVIe siècle. En 1586, ils acquirent le palais autrefois associé à Bianca Cappello, puis, en 1598, le palais de Valfonda, précédemment aux Bartolini-Salimbeni. Ils transformèrent ce dernier en une résidence particulièrement remarquable, dotée de jardins réputés. Ces acquisitions manifestaient une volonté d’affirmation sociale et rapprochaient la famille des milieux dirigeants de la Toscane médicéenne.
Francesco et Riccardo Riccardi exercèrent des fonctions d’ambassadeurs et de sénateurs sous le grand-duc François Ier de Médicis. Les jardins de Valfonda accueillirent également des réceptions en l’honneur de Marie de Médicis avant son départ pour la France. Ces événements illustrent l’insertion des Riccardi dans la sociabilité politique et princière de Florence, même si leur ascension demeurait étroitement liée à la faveur des Médicis.
Les marquis Riccardi et le palais Médicis
Sous le grand-duc Ferdinand II, les services rendus à l’État valurent aux Riccardi leur élévation au marquisat en 1629. La famille reçut alors la seigneurie de Chianni, comprenant aussi le territoire de Montevaso, ainsi que celle de Rivalto, érigée en marquisat. Cette promotion consacra leur passage du monde de la richesse urbaine à celui de la noblesse territoriale.
En 1659, Ferdinand II les autorisa à acquérir l’ancien palais Médicis, devenu disponible après l’installation de la famille grand-ducale au palais Pitti. Les Riccardi engagèrent d’importants travaux, agrandirent l’édifice et en firent décorer les salles. Le palais prit dès lors le nom de palais Médicis-Riccardi. Les décors, notamment les fresques réalisées par Luca Giordano, contribuèrent à inscrire durablement la famille dans le paysage monumental florentin. La grande composition consacrée à l’Apothéose de la famille Médicis rappelait en même temps la dépendance honorifique des Riccardi à l’égard de leurs anciens bienfaiteurs.
Bibliothèque, collections et extinction
Au début du XVIIe siècle, Riccardo Romolo Riccardi fonda la Bibliothèque Riccardiana, alors que la famille résidait encore au palais de Valfonda. La bibliothèque fut ensuite installée au palais Médicis-Riccardi et conserva un ensemble important de manuscrits et d’ouvrages. Les Riccardi réunirent également des antiquités, dont certaines provenaient des collections médicéennes, ainsi que plusieurs demeures, parmi lesquelles le palais Capponi-Vettori.
Le maintien d’un train de vie élevé finit cependant par peser sur leur fortune. Au début du XIXe siècle, la famille dut vendre le palais Médicis-Riccardi en 1810 aux grands-ducs de Toscane de la maison de Lorraine. La maison Riccardi s’éteignit en 1847 ; le nom et le titre de marquis passèrent alors à la famille Mannelli-Galilei.

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