Robaldini (vicomtes d’Auriate)
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Robaldini (vicomtes d’Auriate)
Origine et implantation
Les Robaldini, également désignés sous les formes Sarmatorio, Sarmatorio de Montfalcone ou, dans une tradition historiographique plus ancienne, Alineide et Robaldina, constituent un lignage seigneurial établi dans le Piémont méridional au cours du Moyen Âge. Leur principal centre d’implantation se trouve à Sarmatorio, correspondant à l’actuelle Salmour, dans l’aire comprise entre les vallées de la Stura et du Tanaro.
La tradition familiale les présente comme un lignage franc originaire de Neustrie et vivant sous la loi salique. Elle fait remonter leur arrivée en Italie à la fin du IXe siècle, avant une installation durable dans la région de Salmour vers l’an mille. Ces éléments appartiennent toutefois à une construction généalogique dont les premiers degrés sont difficiles à vérifier dans le détail. Le rattachement du nom de Sarmatorio à celui des Sarmates est également présenté comme une possibilité et non comme un fait assuré.
Un acte daté de 901 rapporte la donation de Sarmatorio par Louis III l’Aveugle à l’évêque d’Asti, lequel aurait investi Alieno, fils de Robaldo, de ce fief. Cette mention constitue l’un des premiers repères associés au lignage. À partir de la seconde moitié du XIe siècle, la famille se définit surtout par la possession de Sarmatorio et de Montfalcone, plutôt que par les appellations savantes d’Alineide ou de Robaldina.
Les vicomtes d’Auriate
Les Robaldini apparaissent comme des vassaux importants des comtes d’Auriate et des marquis de Turin. Le titre de vicomtes d’Auriate exprime leur rôle dans l’organisation politique et militaire de ce territoire, sans impliquer nécessairement une possession héréditaire uniforme de l’ensemble du comté. Leur influence s’étend principalement sur les vallées de la Stura et du Tanaro, où ils contrôlent des châteaux, des terres cultivées et des droits seigneuriaux.
La tradition généalogique rattache à leurs premiers ancêtres des services militaires accomplis au sein des entreprises royales et princières de la fin du IXe siècle. Elle évoque notamment un Alineo, fils de Robaldo, ainsi que des liens avec les frères Ardouin et Roger d’Auriate. Ces récits témoignent de la volonté de présenter la famille comme issue d’une aristocratie franque implantée en Italie, mais la chronologie et la portée exacte de ces épisodes ne sont pas entièrement établies.
À la fin du Xe siècle, un Robaldo, qualifié de vicomte d’Auriate et associé à Ardouin le Glabre, aurait participé aux opérations menées contre les établissements musulmans du Fraxinetum. Cet épisode s’inscrit dans les réseaux militaires reliant la Provence, le Piémont et les principautés du nord de l’Italie.
Domaines et réseaux de pouvoir
La puissance des Robaldini repose sur un ensemble de possessions réparties entre les bassins de la Stura et du Tanaro. Parmi les localités qui leur sont associées figurent Busca, Sarmatorio, Valloriate, Fossano, Caraglio, Cervere, Savigliano, Centallo, Solere, Genola, Monasterolo di Savigliano, Manzano, Vignolo, Marene, Monfalcone, Romanisio, Quaranta, Sursana, Roccavione, Verzuolo, Bernezzo, Gervasca, Saint-Dalmazzo, Roccasparvera et plusieurs autres lieux.
Cette énumération ne signifie pas que toutes ces terres aient été détenues simultanément ou avec le même statut. Il s’agit d’un ensemble de seigneuries, de droits et de possessions attribués à la famille ou à ses différentes branches au cours du temps. Les Robaldini entretiennent par ailleurs des alliances avec les lignages de Montferrat, de Ceva, de Toscane, de Vintimille et de del Vasto, ce qui les inscrit dans les réseaux aristocratiques du nord-ouest de la péninsule.
Déclin et héritages lignagers
À partir du XIIIe siècle, l’expansion angevine dans le Haut-Piémont, la montée en puissance des communes d’Asti et d’Alba et l’affirmation de nouvelles autorités territoriales réduisent la capacité d’action des Robaldini. Une partie de leurs biens est alors vendue ou cédée. Les partages successoraux et les guerres auxquelles prennent part les différents membres du lignage accélèrent également la dispersion de leur patrimoine.
La famille ne disparaît pas pour autant du paysage nobiliaire. Ses possessions et ses droits se fragmentent entre plusieurs branches, qui contribuent à la formation d’un vaste consortium de familles nobles piémontaises. Les Sarmatorio de Manzano et de Montfalcone sont ainsi considérés comme la souche de lignées ultérieures, notamment dans la région de Fossano et dans les territoires compris entre le Tanaro et la Stura. À la fin du Moyen Âge, leur ancienne puissance territoriale est amoindrie, mais leur mémoire demeure attachée aux seigneuries de Salmour, de Montfalcone et au titre de vicomtes d’Auriate.

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