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Famille de Solere

La famille de Solere est une lignée noble du Piémont, attachée à la localité de Solere, près de Savillan. Elle apparaît dans les sources médiévales comme une famille de seigneurs et de chevaliers engagée dans les rapports féodaux et politiques du Piémont méridional. Sa filiation est établie depuis Michel de Solere, seigneur de Solere en 1498, tandis que des membres plus anciens sont attestés dès le XIIIe siècle.

Origines et premières attestations

La tradition généalogique rattache la famille à Sismondo de Solere, fils de Ruffino de Sarmatorio, présenté comme vassal de Thomas Ier de Saluces. Sismondo aurait reçu l’investiture de son fief en 1265 de Geoffroy de Montanaro, évêque de Turin. En 1275, il fit donation de Salmour au marquis Thomas de Saluces. Un second Sismondo, seigneur de Solere, est mentionné lors d’une nouvelle investiture en 1295.

Les origines plus reculées de la lignée demeurent toutefois de nature traditionnelle. Plusieurs généalogistes ont considéré les seigneurs de Solere comme une branche des Robaldini, puissants vicomtes d’Auriate, ou comme apparentés aux seigneurs de Sarmatorio di Montfalcone. Ces rapprochements reposent notamment sur la proximité des possessions et des armes attribuées aux lignages, mais ils ne doivent pas être confondus avec une filiation médiévale entièrement démontrée.

Le nom Solere, ainsi que les formes Solaro ou Soleri, a été rapproché du terme « solar », désignant dans la culture nobiliaire une maison, une tour ou un siège ancestral. Cette explication éclaire la valeur sociale attachée au nom, sans suffire à établir à elle seule l’origine généalogique de la famille.

Seigneurs de Solere et vie politique à Savillan

Au début du XIVe siècle, Giacomo, Fraceschino et Antonio sont investis du fief de Solere en 1308 par Tedisio della Gente Camilla, évêque de Turin. Catalano, Giovanio, Petrino et Giacomino sont qualifiés de chevaliers en 1330. Giovani et Michele reçoivent à leur tour l’investiture du fief en 1363. Les Martino de Solere, attestés dans la seconde moitié du siècle, exercent des fonctions d’avocat et, pour Martino III, de jurisconsulte et de juge à Mondovi.

Au XIVe siècle, les Solere constituent la principale famille gibeline de Savillan. Leur rivalité avec les Oggeri, famille guelfe dominante dans la cité, porte notamment sur le fief de Solere. En 1354, Jacques de Savoie-Achaïe impose un compromis destiné à mettre fin à ces démêlés anciens. Cette intervention illustre l’importance politique de la famille dans les équilibres locaux entre lignages urbains, autorités ecclésiastiques et princes de Savoie.

À la Renaissance, les Solere participent à un important albergo de Savillan avec les Taparelli, les Begiami, les Cambiani et les Oggeri. En 1418, ils figurent parmi les créanciers du duc Amédée VIII de Savoie lors d’emprunts contractés dans le Piémont pour l’acquisition du comté de Genève. En 1536, après la période médiévale proprement dite, plusieurs Solere prêtent hommage à François, marquis de Saluces, aux côtés des Cambiani, Falletti, Solaro et Taparelli, dans le contexte de l’affrontement entre les Valois et Charles II de Savoie.

Fonctions, chevalerie et possessions

La famille fournit des juristes, des officiers et des serviteurs de la maison de Savoie. Martino III est juge à Mondovi ; Dragone de Solere, né vers 1430, est docteur en droit, conseiller du duc de Savoie, gouverneur de Carignan et ambassadeur du duc Ludovic de Savoie. Antonio de Solere, chevalier de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, est attesté comme commandeur de Racconigi en 1390 et comme fondateur, en 1375, de l’église Saint-Martin des Antonins à San Salvatore.

Le centre de leur pouvoir est le fief de Solere, dont la juridiction familiale est dite immémoriale. Elle se maintient jusqu’à l’abolition de la féodalité dans le Piémont en 1797. En 1610, Charles-Emmanuel Ier de Savoie confère à la famille le titre de comte ; ses possessions comprennent alors le comté de Genola, la baronnie de San Salvatore, la seigneurie de Solere et des coseigneuries à Verzuolo, Cervere et Villafalletto. Ces éléments sont postérieurs à 1492, mais ils prolongent la position territoriale acquise au cours du Moyen Âge.

Le château et la continuité de la lignée

Le château de Solere se trouve à environ cinq kilomètres de Savillan, au bord de la Maira. La tradition locale associe son établissement médiéval aux seigneurs de Solere et mentionne, vers l’an mil, deux châteaux distincts, l’un lié aux seigneurs de Sarmatorio et l’autre à l’évêque de Turin. L’édifice actuel aurait été reconstruit en 1443 sur ordre du duc Amédée VIII de Savoie. Une chapelle dédiée à sainte Catherine y fut également édifiée ; la famille possédait par ailleurs des lieux de sépulture dans cette église et au monastère Saint-Pierre de Savillan.

Les Solere sont aussi mentionnés parmi les famiglie di baldacchino, catégorie de familles nobles reconnues dans le cadre politique et cérémoniel des États de Savoie. Leur présence se prolonge ensuite par des fonctions dans l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare, l’administration et la diplomatie piémontaises. Une branche s’établit en France au début du XIXe siècle. La famille de Solere ne doit pas être confondue avec la famille Solaro d’Asti, dont elle n’est pas apparentée.

Auteur/autrice

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