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Famille Bombast von Hohenheim

Origine et implantation

La famille Bombast von Hohenheim est une lignée noble de Souabe, attestée à partir du XIIe siècle et éteinte dans sa descendance masculine au milieu du XVIe siècle. Elle tirait son nom du château de Hohenheim, en possession féodale des comtes, puis ducs, de Wurtemberg. Cette dépendance rattache la famille à l’aristocratie territoriale souabe et aux réseaux de fidélité constitués autour des pouvoirs comtaux et princiers de la région.

La première mention connue remonte à 1120 : Egilolf von Hohenheim effectua alors une donation en faveur de l’abbaye de Hirsau. Cette référence établit l’ancienneté de la présence des Hohenheim, sans permettre à elle seule de reconstituer une généalogie continue entre le XIIe et le XIIIe siècle. En 1270, un Cunradus de Hohenheim, qualifié de chevalier et désigné sous le surnom de Bambast, apparaît lors d’une donation à l’abbaye de Herrenalb. Cette mention constitue l’un des premiers témoignages du nom ou surnom qui donnera ultérieurement la forme Bombast.

Le nom et le château de Hohenheim

Les membres de la famille ne semblent toutefois avoir employé régulièrement le nom Bombast qu’à partir de Hans Bombast von Hohenheim, attesté entre 1342 et 1404. Les formes Bambast, bambest et bamst sont également relevées. Le terme est généralement rattaché à un vocabulaire moyen-allemand désignant une zone boisée. Une autre explication, devenue courante à l’époque moderne, l’a rapproché de Baumbast, terme désignant la couche fibreuse située sous l’écorce d’un arbre. Cette interprétation ne doit pas être confondue avec le sens moderne, péjoratif, de « bombastique », dont l’histoire lexicale est distincte.

Hans Bombast von Hohenheim vendit le château de Hohenheim en 1406. La cession du château ne mit cependant pas fin à l’usage du nom familial : les descendants continuèrent à porter le nom de von Hohenheim durant les XVe et XVIe siècles. La famille conserva ainsi une identité nobiliaire alors même que son principal point d’ancrage seigneurial avait changé de mains.

Les chevaliers de Saint-Jean

La famille est particulièrement représentée, à la fin du Moyen Âge, dans l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Georg Bombast von Hohenheim, né en 1453 et mort en 1499, est mentionné en 1462 comme commandeur de l’ordre à Rohrdorf. Il accompagna également le comte Eberhart V de Wurtemberg lors du pèlerinage de celui-ci à Jérusalem. Sa carrière illustre les liens entre noblesse souabe, service princier et engagement dans les ordres militaires et religieux.

Un autre Georg Bombast von Hohenheim, neveu du précédent et mort en 1566, poursuivit cette orientation. Il fit carrière dans l’ordre de Saint-Jean et atteignit la fonction de grand prieur d’Allemagne. À sa mort, la lignée masculine de la famille s’éteignit. Sa sœur Anna Bombast von Hohenheim, morte en 1574, survécut à cette extinction masculine ; elle fut la troisième épouse d’Ernest, margrave de Bade-Durlach.

Rapport avec Paracelse

Le nom de Bombast von Hohenheim est également associé à l’histoire de Paracelse. Wilhelm Bombast von Hohenheim, mort en 1534, fut le père de Philippus Theophrastus Aureolus von Hohenheim, né en 1493 et mort en 1541, plus connu sous le nom de Paracelse. La paternité de Wilhelm est établie dans cette tradition familiale, tandis que Georg Bombast von Hohenheim, mort en 1499, a été proposé comme son père biologique possible. Cette dernière relation demeure une hypothèse et ne doit pas être présentée comme une filiation certaine.

Le nom « Paracelse » est très probablement une latinisation de Hohenheim. Il n’est donc pas nécessairement dérivé, comme on l’a parfois affirmé, du nom de l’auteur latin Aulus Cornelius Celsus. L’association de Paracelse avec la famille contribue à la postérité du nom, bien que sa carrière intellectuelle et médicale appartienne principalement au début de l’époque moderne.

Postérité du nom et des armes

Les armoiries attribuées à la famille étaient d’or à la bande d’azur chargée de trois rondelles d’argent. Après l’extinction de la lignée masculine, le nom et les armes furent reconstitués en 1774 par Charles II de Wurtemberg en faveur de sa maîtresse, Franziska von Bernerdin, à laquelle fut également conféré le titre de comtesse impériale. Cette réutilisation moderne explique la continuité apparente du nom, sans prolonger la lignée médiévale elle-même.

Auteur/autrice

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