Famille von Hanstein
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Famille von Hanstein
Origines et établissement en Eichsfeld
La famille von Hanstein est une ancienne famille noble de l’Eichsfeld, dont l’ascension est liée au service des archevêques de Mayence. Ses premiers représentants connus apparaissent dans la documentation comme des vicedomini, ou vidames, fonctions administratives et judiciaires exercées notamment autour du Rusteberg. En 1122, un Lambertus vicedominus est cité comme témoin d’un acte de l’archevêque de Mayence pour l’abbaye d’Hasungen. En 1171, Theodoricus vicedominus, ministériel de l’archevêque à Apolda, est présenté comme le fils de Heidenricus vicedominus de Rusteberg et le frère de Helmwicus.
La continuité entre ces premiers vidames et la famille portant le nom de Hanstein est documentée au XIIIe siècle. Le 31 décembre 1235 et le 1er janvier 1236, des actes mentionnent Theodericus vicedominus de Rustberge ainsi que Heithenricus de Hanenstenge, frère de Geismar. Heithenricus est le premier membre connu à prendre le nom de Hanstein. La filiation antérieure repose donc sur une succession de témoignages documentaires plutôt que sur une généalogie entièrement continue.
Le château de Hanstein, situé près de Bornhagen, devint le centre patrimonial de la famille. D’abord possession des comtes de Northeim, il passa en 1209 aux archevêques de Mayence. En 1308, ceux-ci le concédèrent comme fief aux petits-fils de Heithenricus, Henri l’Ancien et Lippold, avec ses dépendances. Cette concession confirma la place des Hanstein parmi les familles nobles attachées à la principauté ecclésiastique de Mayence.
Lignées et domaines
Après la mort d’Henri sans descendance, Lippold assura la continuité familiale. Ses petits-fils, Lippold le Jeune et Dittmar, sont à l’origine des deux principales lignées, désignées d’après leurs principaux domaines : la lignée de Besenhausen, ou lignée Lippold, et la lignée d’Ershausen, ou lignée Dittmar. Chacune se subdivisa ensuite en plusieurs branches, notamment sous l’effet des partages successoraux entre les descendants de Caspar, de Melchior et de différents membres de la lignée Dittmar.
À partir de la fin du Moyen Âge, la famille étendit ses possessions dans l’environnement immédiat du château. Les domaines et sièges nobles de Bornhagen, Oberstein, Unterstein, Besenhausen, Wahlhausen, Werleshausen, Rothenbach, Ershausen et Wiesenfeld témoignent de cette implantation. Plusieurs de ces possessions sont attestées dès les XIVe et XVe siècles, tandis que d’autres furent acquises ou consolidées ultérieurement.
La perte progressive de la fonction militaire du château et l’exiguïté de ses espaces d’habitation conduisirent les différentes branches à s’installer dans des domaines ruraux et des maisons seigneuriales. Le château ancestral fut ainsi délaissé comme résidence principale au profit des sièges répartis dans les villages de l’Eichsfeld. Cette évolution, amorcée à la fin du Moyen Âge, s’accentua au XVIe siècle.
Autorité territoriale et juridiction
Les possessions des Hanstein ne se limitaient pas à des biens fonciers. Leur influence s’étendit à un ensemble de droits seigneuriaux et judiciaires. Au XVIe siècle, le ressort associé au château comprenait plus de vingt villages ou domaines, entre Arenshausen, Thalwenden, Wiesenfeld et Werleshausen. Dans d’autres localités, la famille détenait des biens, des droits ou des parts de juridiction, notamment à Siemerode, Ershausen et Geismar.
Ces prérogatives reposaient sur des lettres féodales de l’électorat de Mayence, mais aussi sur des concessions ou reconnaissances relevant de la Hesse et de Brunswick. Le château lui-même n’était pas le siège permanent de la justice. Des tribunaux furent notamment établis à Schwobfeld et à Gerbershausen ; le centre judiciaire fut ensuite transféré à Wahlhausen en 1771. L’existence d’une colline dite de la potence près de Bornhagen rappelle l’exercice de cette justice seigneuriale, même si l’emplacement exact du lieu d’exécution n’est pas documenté.
Armes, statut et continuité
Les armes attribuées à la famille portent trois croissants noirs sur champ d’argent, disposés deux et un. Le cimier associe une colonne d’argent, des plumes et des croissants, avec des lambrequins noirs et argent. La similitude de ces armes avec celles des von Bodenhausen a conduit à envisager une relation ancienne entre les deux familles ; cette relation n’est toutefois pas établie avec certitude. Un rapprochement comparable avec les von Saulheim demeure également incertain.
Les Hanstein appartenaient à la chevalerie impériale et furent inscrits dans plusieurs cercles de chevalerie de l’Empire, notamment dans les espaces rhénan et franconien. Ces affiliations reflètent leur intégration à la noblesse immédiate et territoriale de l’Allemagne centrale. Des élévations à la dignité de baron et de comte intervinrent surtout après la période médiévale ; elles concernent des individus ou des branches particulières et ne doivent pas être confondues avec l’ancien statut nobiliaire de la famille.
La lignée principale se poursuivit au-delà de 1492, avec des possessions en Thuringe, en Hesse, en Poméranie et dans d’autres territoires allemands. Une branche comtale issue d’Alexander von Hanstein, devenu comte de Pölzig et Beiersdorf en 1826, s’éteignit en 1903. D’autres branches de la famille subsistent encore à l’époque contemporaine.

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