Famille de Magnis
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Famille de Magnis
Origines et entrée au service impérial
La famille de Magnis, également liée au nom italien Magni, est une lignée noble d’origine lombarde, rattachée à Lurago, sur le lac de Côme. Sa première ascension connue s’effectue dans les milieux marchands de Côme et de Milan. Giovanni Battista Magni, mort en 1562, est attesté comme marchand à Côme. Cette activité économique favorise l’entrée de la famille au service de la monarchie des Habsbourg, puis son implantation dans les territoires d’Europe centrale.
Le développement de la maison appartient principalement à l’époque moderne, après la période médiévale proprement dite. Constantin Magni (1527-1606) exerce comme conseiller secret impérial à Vienne, avant de s’établir à Prague à partir de 1588. Son parent Giovanni Pietro Magni (1555-1618), médecin personnel de l’empereur, illustre également la place acquise par la famille dans l’entourage de la cour. Valérien Magni (1586-1661), capucin, devient provincial de son ordre et diplomate impérial.
Nobilitation et implantation en Moravie
La promotion nobiliaire de la famille est formellement marquée par l’obtention du titre de baron d’Empire, ou Freiherr, en 1622, puis par l’élévation à la dignité de comte germanique en 1637. Ces étapes consacrent une ascension commencée dans le commerce et poursuivie dans les services administratifs, médicaux, religieux et diplomatiques de la monarchie impériale.
Franz von Magnis, colonel impérial, acquiert en 1628 la seigneurie de Straßnitz, aujourd’hui Strážnice, en Moravie. Cette possession demeure associée à la famille jusqu’en 1945. Entre 1624 et 1630, les Magnis détiennent également Morawetz, aujourd’hui Moravec, ainsi que des domaines voisins de Mitrau, Rosna, Mesiborsch, Bukau et Jabloniow. Maximilian Philipp von Magnis (1685-1738), seigneur de Straßnitz et de Přestavlk, appartient à la génération qui consolide l’enracinement morave de la maison.
Les possessions de Silésie et du comté de Glatz
Les alliances et successions du XVIIIe siècle étendent les intérêts de la famille vers le comté de Glatz, en Silésie, région correspondant aujourd’hui principalement au territoire de Kłodzko, en Pologne. Franz Johann von Magnis (1727-1757), seigneur de Straßnitz, épouse Maria Franziska von Götzen, fille du comte d’Empire Franz Anton von Götzen. Après la mort de Franz Johann, elle se remarie avec le comte hongrois Nyary de Sobotič.
Par sa mère, Anton Alexander von Magnis (1751-1817), seigneur de Přestavlk, recueille en 1780 les possessions d’Eckersdorf. La famille détient ensuite Albendorf, à partir de 1780, puis Eckersdorf à partir de 1791, Ullersdorf à partir de 1793 et Neurode à partir de 1821. D’autres biens sont signalés à Gabersdorf, Mittelsteine, Möhlten, Mühldorf, Niedersteine, Rothwaltersdorf, Schwenz, Seifersdorf, Volpersdorf et Wiesau. L’acquisition de possessions dans le comté de Glatz entraîne l’intégration de la famille à la noblesse prussienne en 1780.
Branches et continuité de la maison
Aux XVIIIe et XIXe siècles, plusieurs membres sont principalement liés à la gestion foncière et agricole. Anton de Magnis (1786-1861) et Wilhelm de Magnis (1787-1851) sont propriétaires et exploitants ruraux. Franz de Magnis (1773-1848) est connu comme amateur d’art. La famille conserve également des intérêts moraves, notamment à Straßnitz, et acquiert Bzenec en 1917.
La continuité de la lignée se prolonge jusqu’au XXe siècle, avant la disparition de ses principales possessions en 1945. Anton Franz von Magnis (1862-1944), industriel, siège à la Chambre des seigneurs de Prusse. Gabriele von Magnis (1896-1976) s’engage dans l’assistance sociale et reçoit de l’évêque de Breslau une mission particulière auprès des catholiques dits « non aryens » de Haute-Silésie. Plus tard, Franz Graf von Magnis, né en 1936 et devenu jésuite sous le nom de Frans Magnis-Suseno, exerce en Indonésie. Ces parcours témoignent de la diversification des activités familiales au-delà de la propriété foncière et du service d’État.

Auteur/autrice
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