Famille Pappus von Tratzberg
- 684 words
Famille Pappus von Tratzberg
Origines et implantation
La famille Pappus von Tratzberg und Laubenberg est une ancienne famille de la noblesse germanique, établie dans l’espace souabe et liée au Vorarlberg. À la fin du Moyen Âge, ses membres apparaissent notamment dans la vie municipale et administrative de Feldkirch, où la famille fournit des maires, des fonctionnaires et des officiers. Cette implantation urbaine et régionale constitue le cadre historique le mieux attesté de son ascension.
Une tradition généalogique faisait descendre les Pappus d’une branche de la gens romaine des Æmilii, qui aurait quitté l’Italie avant de s’établir dans les régions alpines. Cette origine antique ne doit toutefois pas être tenue pour un fait démontré. Dans les documents médiévaux conservés, la famille est surtout identifiable par ses activités civiques, administratives et militaires dans le Vorarlberg et la Souabe.
Premières attestations nobiliaires
Un diplôme daté de 1450 ou de 1459 aurait accordé ou confirmé à Petrus Pappus des armoiries ainsi qu’un cimier. Ce document marque une étape importante dans la reconnaissance sociale de la famille, à une époque où les lignages de fonctionnaires et de notables urbains pouvaient progressivement accéder à la noblesse reconnue par le pouvoir princier.
Le 12 août 1573, Hartmann Pappus, bailli de la seigneurie de Feldkirch, reçut de l’archiduc Ferdinand d’Autriche des libertés nobiliaires relatives à son manoir et l’autorisation d’ajouter à son nom le prédicat « von Tratzberg ». Cette concession explique l’association durable du nom Pappus avec Tratzberg. Elle ne doit pas être confondue avec la famille Tänzl von Tratzberg, dont le nom se rattache également au château de Tratzberg, mais qui constitue une lignée distincte.
Accession à la chevalerie impériale
La promotion de la famille s’inscrivit ensuite dans les structures politiques du Saint-Empire. Johann Andreas Pappus von und zu Tratzberg, mort en 1655, exerça les fonctions de conseiller autrichien et de chancelier régimentaire à Innsbruck. Il fut également conseiller privé de la principauté épiscopale d’Augsbourg. Le 23 décembre 1647, l’empereur Ferdinand III lui accorda ou lui confirma les fiefs d’immédiateté impériale de Laubenberg et de Rauhenzell, avec l’autorisation d’associer à son nom celui de « Tratzberg zu Laubenberg ».
Cette possession de fiefs relevant directement de l’Empire permit l’admission de la famille dans la chevalerie impériale souabe. Les Pappus von Tratzberg appartinrent ainsi à la noblesse immédiate de l’espace souabe, dont les membres jouissaient d’une position particulière entre les principautés territoriales et l’autorité impériale. En 1718, la famille reçut en outre le titre héréditaire de baron impérial, évolution qui prolongea une ascension amorcée à la fin du Moyen Âge.
Fonctions civiles, ecclésiastiques et militaires
La famille se distingua par la diversité des carrières exercées par ses membres. Hieronymus Pappus, né vers 1495 et mort en 1566, fut maire de Lindau. Son fils Jean Pappus, né en 1549 et mort en 1610, devint théologien luthérien et dirigea le convent ecclésiastique de Strasbourg, illustrant la présence du lignage dans les milieux religieux de l’espace germanique.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, plusieurs Pappus von Tratzberg occupèrent des charges ecclésiastiques ou administratives. Leonard Pappus von Tratzberg (1607-1677), docteur en droit canon, fut chanoine de Constance et d’Augsbourg, doyen de la cathédrale de Constance et prévôt de la collégiale Saint-Jean. Il servit également comme ambassadeur auprès du Saint-Siège pour Ferdinand III en 1646. Jakob Friedrich Pappus von Tratzberg fut capitaine impérial, gouverneur de Vaduz à partir de 1654, puis bailli du landgraviat de Nellenburg à partir de 1657.
D’autres membres exercèrent des fonctions comparables dans les principautés ecclésiastiques et les administrations des Habsbourg. Franciscus Pappus von Tratzberg (1673-1753) devint abbé bénédictin de Mehrerau, tandis que Raimund Carl Pappus von Tratzberg fut chanoine de Coire et de Zurzach. La lignée masculine de la famille s’éteignit en 1934, après une continuité nobiliaire qui avait commencé à se manifester dans les sources à la fin du Moyen Âge.

Auteur/autrice
root@sd-146999.dedibox.fr
