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Maison de Sponheim

La maison de Sponheim est une famille féodale originaire de Rhénanie, formée autour du château de Sponheim. Sa fondation est généralement située vers 1044, sous l’autorité du comte Siegfried Ier. Elle s’insère ensuite dans l’histoire politique du sud-est de l’Empire, où une branche de la famille acquiert une place éminente en Carinthie. Les Sponheim y exercent la dignité ducale de 1122 à 1269, avant que la succession ne passe à une autre puissance. La maison ne s’éteint toutefois qu’en 1437.

Origines et implantation en Carinthie

Siegfried Ier, mort en 1065, est le premier membre clairement établi de la lignée carinthienne. En 1035, il prit part à l’expédition punitive menée par l’empereur Conrad II le Salique contre Adalbéron, duc de Carinthie. Après cette intervention, Siegfried épousa, vers 1045, Richgarde, fille héritière d’Engelbert IV, un comte bavarois dont les possessions s’étendaient notamment dans le Pustertal et la vallée de la Lavant.

Cette alliance matrimoniale permit aux Sponheim de s’implanter durablement dans les régions alpines orientales. Leur position reposait à la fois sur leurs domaines propres et sur les droits hérités de Richgarde. Leur ascension demeura cependant liée aux équilibres politiques de l’Empire et aux rapports entretenus avec les souverains, les évêques et les grandes familles aristocratiques voisines.

Les premiers comtes et la réforme ecclésiastique

Le fils aîné de Siegfried et de Richgarde, Engelbert Ier, mort en 1096, hérita des domaines paternels. Dans le contexte de la querelle des Investitures, il adopta une attitude hostile à l’égard du roi Henri IV et se rapprocha du parti réformateur associé au pape Grégoire VII. Cette orientation eut des conséquences territoriales : Engelbert Ier perdit les possessions familiales du Pustertal.

Son action religieuse fut néanmoins importante. En 1091, il fonda l’abbaye Saint-Paul du Lavanttal avec l’aide de l’abbé Guillaume de Hirsau. La fondation témoigne de l’engagement des Sponheim dans les courants de réforme monastique qui traversaient alors l’aristocratie impériale.

Engelbert Ier eut notamment pour fils Henri de Sponheim, mort en 1123, et Engelbert II, mort en 1141. À la mort du duc Henri III d’Eppenstein, en 1122, Henri reçut en fief le duché de Carinthie ainsi que la marche de Vérone. Son frère Engelbert II, déjà margrave d’Istrie et de Carniole depuis 1108, lui succéda dans la dignité ducale. Il se retira toutefois du pouvoir dès 1135, laissant la place à son fils Ulrich Ier.

La dynastie ducale de Carinthie

Les Sponheim disposaient de moyens patrimoniaux limités au regard de leur rang, et leur puissance dépendait en grande partie de leurs relations avec la dynastie impériale des Hohenstaufen. Ulrich Ier et son fils Henri V durent composer avec l’opposition de plusieurs groupes de la noblesse carinthienne, ainsi qu’avec les archevêques de Salzbourg et les évêques de Bamberg.

Henri V perdit la marche de Vérone en 1151. Dix ans plus tard, alors qu’il revenait d’une mission accomplie pour l’empereur Frédéric Barberousse, il se noya à l’embouchure du Tagliamento. Son frère cadet Hermann II, mort en 1181, lui succéda. Le fils de celui-ci, Ulrich II, participa à la croisade conduite par Henri VI en 1197-1198. Il tomba ensuite gravement malade et mourut en 1202.

Son frère Bernard exerça d’abord la régence, puis devint duc. Souverain habile, il renforça la position des Sponheim en Carinthie et consolida leur autorité face aux pouvoirs concurrents. Son fils Ulrich III, duc à partir de 1256, étendit encore ses possessions en Carniole et dans la marche windique grâce à son mariage avec Agnès d’Andechs, fille du duc Othon Ier de Méranie.

Fin de la puissance ducale et extinction de la maison

Ulrich III ne laissa pas d’héritier. Peu avant sa mort, en 1269, il légua ses terres au roi Ottokar II de Bohême, au détriment de son frère cadet Philippe. Les forces d’Ottokar occupèrent alors la Carinthie, mettant fin à la domination des Sponheim sur le duché après environ un siècle et demi.

La perte de la Carinthie ne provoqua pas immédiatement l’extinction de la maison. La lignée se maintint encore dans d’autres possessions et parentés, mais son principal pouvoir territorial avait disparu. La maison de Sponheim s’éteignit finalement en 1437, au terme d’une histoire commencée en Rhénanie et marquée par son accession, puis son déclin, parmi les grandes familles princières de l’Empire.

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