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Famille de Weitenmühle

Origines et implantation

La famille de Weitenmühle, appelée Weitmühl en allemand, Witen Mülen en moyen-haut-allemand et Veitmíle en tchèque, est une famille noble ministérielle originaire de Bohême. Elle est généralement rattachée à la famille Krabice, dont le château se trouvait dans le nord de la Bohême, dans la région de l’actuelle Nový Bydžov. Le nom de Weitmühle serait issu de cette résidence, également désignée sous les formes Veitmile ou Weitmühl.

Une branche de la famille s’installa en Alsace au milieu du XIVe siècle, dans le contexte de l’accession de Charles IV au trône en 1346. Le souverain luxembourgeois s’appuya sur des serviteurs originaires de son royaume de Bohême afin de renforcer son autorité dans les régions rhénanes. Les Weitenmühle devinrent ainsi des représentants importants du pouvoir impérial en Alsace, particulièrement à Haguenau, dans la seconde moitié du XIVe siècle.

Les Weitenmühle au service de l’empereur

Cinq frères de Weitenmühle furent établis en Alsace. Le 6 avril 1359, ils reçurent un fief laissé vacant par la mort de Cunon de Wasigenstein, héritier d’un fief lié au château de Haguenau. Cette possession comprenait divers biens situés dans la ville et dans l’enceinte castrale, notamment des maisons et des moulins. Le fief fut ensuite régulièrement confirmé.

Stislas de Weitenmühle est le premier membre alsacien de la famille clairement documenté. Chevalier dès 1360, il exerça à plusieurs reprises les fonctions de sous-bailli d’Alsace, de grand-bailli et de Schultheiss de Haguenau. Il fut grand-bailli d’Alsace de 1386 à 1390 et intervint comme représentant de Charles IV, puis de son fils Venceslas, dans des affaires politiques et judiciaires régionales. Il fut également reçu comme Ausbürger de Strasbourg en 1381. Sa mort est attestée en 1402.

Ses frères Nicolas Speck, Johann Glatz, Dobesch et Peter sont eux aussi mentionnés dans les actes de la seconde moitié du XIVe siècle. Benesch de Weitenmühle, probablement apparenté à ce groupe, demeura en Bohême : il fut chanoine à Olmütz puis à Prague. Un autre parent, Wlachinco de Weitenmühle, servit comme secrétaire et notaire impérial à Prague entre 1376 et 1398.

La génération de Dietrich et la dispersion familiale

Dietrich, fils de Stislas, poursuivit l’action de son père. Écuyer noble, il fut sous-bailli d’Alsace et Schultheiss de Haguenau, puis de Mulhouse. Au début du mois d’août 1400, alors qu’il se trouvait à Prague auprès de Venceslas, il fut nommé grand-bailli d’Alsace. La déposition de l’empereur, le 20 août, interrompit toutefois son exercice : il ne conserva cette fonction que jusqu’en novembre. Il se retira ensuite en Bohême et exhorta les Alsaciens à rester fidèles à Venceslas. Il était encore vivant en 1431 et mourut avant 1434.

Les autres enfants de Stislas occupèrent des fonctions locales. Martin fut Schultheiss de Kaysersberg, tandis que Hans exerça brièvement la même charge à Haguenau en 1398. À la mort de Stislas, Hans, alors le fils aîné demeuré en Alsace, hérita du fief châtelain de Haguenau en 1403. Sa fille Margaretha épousa en 1423 Cunon de Dürckheim. Cette alliance contribua au transfert progressif du fief châtelain aux Dürckheim, qui en obtinrent finalement la pleine possession en 1521.

La famille se dispersa au début du XVe siècle. Une partie conserva des attaches en Alsace, avec des fonctions moins élevées ; une autre retourna en Bohême, notamment autour de Dietrich. D’autres membres sont attestés à Obernai, Kaysersberg, Saverne et dans l’entourage des familles nobles alsaciennes. Margaretha de Weitenmühle fut abbesse de Saint-Jean de Saverne en 1421.

Derniers représentants médiévaux et armes

La dernière génération connue en Alsace comprend Sigismond, fils de Dietrich, attesté jusqu’en 1471 et mort en 1480, ainsi que ses cousins Balthasar et Melchior, fils de Martin. Un litige successoral opposa Balthasar à Henri de Stauffen après la mort de Sigismond. Des cousins, Bastian et Peter de Weitenmühle, conservèrent encore le fief châtelain de Haguenau avant 1521, avant de retourner eux aussi en Bohême.

En Bohême, la famille conserva une position noble jusqu’à la fin du Moyen Âge. Benesch Krabice de Weitenmühle, chanoine de Prague et chroniqueur, dirigea également les travaux de la cathédrale Saint-Guy sous Charles IV ; il mourut en 1375. Une autre branche, issue de la lignée Krabice, fournit des officiers royaux et impériaux, notamment des burgraves et des responsables de la monnaie. La continuité de cette branche est attestée au-delà de 1492, avant son extinction à la fin du XVIe siècle ou au début du XVIIe selon les rameaux considérés.

Les armes attribuées aux Weitenmühle sont parlantes : de gueules à une meule d’argent portant un fer de meule de sable en fasce. Le cimier reprend la meule, accompagnée d’un panache de paon. Cette composition renvoie au nom de la famille, interprété comme « moulin à meule ».

Auteur/autrice

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