Famille de Bailleul (Flandre)
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Famille de Bailleul (Flandre)
Origine et implantation
La famille de Bailleul est une ancienne lignée de noblesse féodale du comté de Flandre, associée à la châtellenie de Bailleul et aux institutions comtales. Des porteurs du nom exercent la fonction de châtelain de Bailleul dès 1092. Cette charge, qui liait l’autorité seigneuriale à l’administration d’un territoire, contribua fortement à l’identification de la famille avec la ville et sa juridiction.
Une tradition généalogique ancienne faisait remonter la lignée à Arnoul de Gramines, présenté comme vivant vers 980. Cette ascendance n’est toutefois pas solidement établie. La généalogie généralement retenue avec prudence commence plutôt avec Baudouin II de Bailleul, châtelain au XIIe siècle, dont l’existence et l’activité sont mieux documentées. Les premiers degrés reliant les châtelains du XIe siècle à cette ascendance demeurent donc à distinguer des faits attestés par les actes médiévaux.
Les châtelains de Bailleul et d’Ypres
Au XIIe siècle, les Bailleul occupent une place notable dans l’entourage des comtes de Flandre. Baudouin III de Bailleul est cité comme châtelain de Bailleul et d’Ypres dans plusieurs actes. En 1142, il figure parmi les témoins d’une décision de Thierry d’Alsace relative à la destruction d’une fortification. Il apparaît encore dans des actes concernant la foire de Messines et la restitution de titres en 1159 et en 1180.
La famille entretient également des liens avec les établissements religieux de Flandre. En 1172, Baudouin III et son fils Baudouin IV donnent des terres à l’abbaye de Clairmarais. Baudouin III est aussi associé à l’église de Messines et effectue, avant son départ pour la Terre sainte, des donations aux lépreux d’Ypres. La tradition lui attribue en outre l’autorisation donnée à Bailleul de posséder un beffroi et une cloche, signe du développement urbain et commercial de la cité.
Baudouin IV participa à la troisième croisade et mourut sans postérité, selon la généalogie familiale. La branche aînée des châtelains de Bailleul s’éteignit alors, et la châtellenie passa ultérieurement à la famille d’Aubigny par mariage. La place tenue par les Bailleul dans l’histoire de la ville resta néanmoins durablement inscrite dans la mémoire locale.
La branche de Doulieu
Une branche issue de la famille s’établit à Doulieu et conserva cette seigneurie durant plusieurs générations. Henri de Bailleul, chevalier et baron de Doulieu, conduisit les hommes de Bailleul à la bataille de Bouvines en 1214. Ses descendants occupèrent à plusieurs reprises la charge de maréchal de Flandre, ainsi que des fonctions de bailli et d’officier princier.
Cette branche participa aux principaux événements militaires et politiques de la Flandre médiévale. Sohier de Bailleul combattit à Courtrai en 1302, tandis que Jean III prit part à la bataille de Cassel en 1328. Jean IV de Bailleul, seigneur de Doulieu et d’Oudenem, fut chambellan de Jean sans Peur et capitaine de Nieuport ; il mourut à la bataille d’Azincourt en 1415.
Aux XVe et au début du XVIe siècle, les seigneurs de Doulieu demeurèrent liés aux pouvoirs bourguignons. Josse de Bailleul fut conseiller et chambellan de l’archiduc Maximilien, grand bailli de Gand et seigneur de Steenwercke et de Borre. Son fils Henri II lui succéda comme baron de Doulieu et maréchal de Flandre. La branche masculine s’éteignit ensuite, et la seigneurie de Doulieu passa par alliance à la famille d’Estoumel après la mort de Charles de Bailleul en 1519.
La branche d’Eecke et les offices comtaux
La branche des seigneurs d’Eecke descendait de Pierre III de Bailleul, seigneur d’Eecke et échevin de Bruges et du Franc. Ses descendants possédèrent notamment Eecke, Schonnewalle et Steenvoorde. Ils exercèrent des fonctions municipales et judiciaires dans la région brugeoise, plusieurs d’entre eux étant échevins ou bourgmestres du Franc de Bruges.
Cette branche conserva des possessions jusqu’à la fin du XVIe siècle. La seigneurie de Steenvoorde fut vendue en 1592, tandis que celle d’Eecke fut remise à Antoine de Bailleul en 1596. À la mort de ce dernier, qui ne laissait qu’une fille, la branche d’Eecke s’éteignit. La famille de Bailleul, considérée comme une maison féodale, disparut ainsi progressivement au cours de l’époque moderne, après avoir tenu pendant plusieurs siècles des seigneuries et des offices en Flandre.
Nom et rattachements discutés
Le roi des Écossais Jean Balliol, qui régna de 1292 à 1296, a parfois été rattaché à une maison de Bailleul. Les traditions qui le font descendre des Bailleul de Flandre ne sont cependant pas unanimement admises : d’autres origines le situent en Picardie ou en Normandie. Il convient donc de présenter ce lien comme une hypothèse généalogique, et non comme une filiation établie.

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