Cocquiel
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Cocquiel
Origine et implantation
La famille Cocquiel, également attestée sous la forme Coquiel et avec le surnom « Le Merchier », est originaire du Tournaisis. Les éléments documentés la font apparaître dans l’entourage urbain de Tournai à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle. Cette implantation s’inscrit dans le milieu des officiers municipaux et des familles actives dans l’administration de la ville.
Le rattachement familial fourni pour les premiers représentants connus est le suivant : Michel et Nicolas de Cocquiel sont donnés comme les fils de Caron Cocquiel et de Jehenne Carpentier, dite du Bos. Cette filiation est associée à la branche tournaisienne, sans qu’il soit possible d’en faire remonter ici l’origine au-delà des générations attestées.
Les premiers représentants tournaisiens
Michel de Cocquiel, né en 1462 selon les indications conservées, exerce à Tournai les fonctions d’ewardeur, d’échevin et de juré entre 1513 et 1521. Son frère Nicolas, né en 1471, est également éwardeur, échevin et juré de Tournai. Leur présence dans ces charges témoigne de l’intégration de la famille aux institutions urbaines tournaisiennes à la charnière des XVe et XVIe siècles.
La carrière de ces deux frères est couronnée par leur anoblissement avec leur descendance masculine. L’empereur Charles Quint leur accorde des lettres patentes enregistrées à Tolède le 10 janvier 1539. Cet acte est postérieur à 1492, mais il constitue le principal jalon de la transformation de la famille, issue de l’élite urbaine du Tournaisis, en maison reconnue dans l’ordre nobiliaire des Pays-Bas des Habsbourg.
Déploiement au XVIe siècle
Au début du XVIe siècle, une branche de la famille s’établit à Anvers, tandis qu’une autre gagne Londres. Ces déplacements illustrent l’ouverture de la lignée vers les grands centres commerciaux et politiques de l’Europe du Nord-Ouest. La branche anversoise est représentée notamment par Charles de Cocquiel, né en 1508, aumônier de la ville, maître des pauvres et membre du consistoire de l’Église d’Anvers.
Jacqueline de Cocquiel épouse Lazarus Tucher, financier hanséatique, conseiller de Charles Quint et de Philippe II. Cette alliance rattache la famille à des réseaux financiers et internationaux qui dépassent le cadre du Tournaisis. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de préciser la branche exacte de Jacqueline au sein de la lignée.
Fonctions militaires et administratives
Au cours du XVIe et du début du XVIIe siècle, plusieurs membres des Cocquiel occupent des fonctions militaires ou administratives dans les Pays-Bas méridionaux. Antoine de Cocquiel, né en 1545 et mort en 1614, sert comme militaire et devient gouverneur de Steenwijk et de Hesdin. Denis Cocquiel, mort en 1633, porte le titre de seigneur des Croissans ; il exerce les fonctions de lieutenant général des archiducs Albert et Isabelle dans les bailliages de Tournai et du Tournaisis ainsi que dans la gouvernance d’Arras, et siège comme échevin de Tournai.
La famille est par ailleurs alliée à plusieurs lignages du Tournaisis, du Brabant, d’Anvers et des milieux marchands, notamment les Carpentier, Tucher, van Rijswijck, van Ranst, van Driessche, van Achelen, de Calonne, de Visscher et Gramaye. Ces alliances témoignent de son insertion progressive dans les réseaux urbains, administratifs et nobiliaires des anciens Pays-Bas.
Continuité de la maison
La reconnaissance impériale de 1539 sert de fondement aux développements ultérieurs de la maison. En 1822, sous le royaume uni des Pays-Bas, Louis Charles Joseph de Cocquiel et Eugène-Arnould de Cocquiel de Terherleir obtiennent une reconnaissance de noblesse héréditaire, assortie du titre de chevalier pour eux et leurs descendants masculins. Eugène-Arnould reçoit en outre l’autorisation d’ajouter « de Terherleir » à son nom. Cette évolution est postérieure à la période médiévale, mais elle prolonge la distinction acquise par les représentants tournaisiens de la famille au XVIe siècle.

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