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Famille de Grady

La famille de Grady est une lignée issue de la principauté de Liège, dont l’ancienneté documentée remonte à la fin du XVe siècle. Elle appartient d’abord au monde urbain et artisanal liégeois avant d’accéder, au cours des siècles suivants, aux fonctions judiciaires, administratives et ecclésiastiques qui caractérisent les familles magistrales de la principauté. Pour la période médiévale, les attestations conservées demeurent toutefois limitées : la filiation n’est formellement établie qu’à partir d’un membre mentionné en 1487.

Origines liégeoises et nom familial

Le plus ancien représentant attesté est Henrar de Grez, cité en 1487 comme gouverneur du métier des tanneurs de Liège. Cette fonction signale l’insertion de la famille dans l’organisation corporative de la cité et constitue le premier point assuré de sa généalogie connue. Les traditions généalogiques rattachent les de Grady à une famille de tanneurs établie de longue date à Liège, mais aucune ascendance antérieure à Henrar de Grez ne peut être retenue comme certaine sur la seule base des éléments disponibles.

Le nom porté par la lignée évolua progressivement. La forme ancienne « de Grez » fut associée au surnom « Gradi », qui se fixa ensuite sous la forme « Grady », avant que la particule « de » ne s’impose à la fin du XVIIe siècle. Cette évolution onomastique accompagne l’ascension sociale de la famille, mais les étapes exactes de cette transformation ne sont pas également documentées pour chaque génération.

Une famille de métier devenue famille magistrale

Au XVIe siècle, Henri de Grez est mentionné comme gouverneur du métier des tanneurs en 1544, 1556 et 1560. Il est présenté comme le fils de Johan de Grez, lui-même gouverneur en 1510, et comme le petit-fils de Henrar de Grez. Cette succession, qui rattache la famille aux institutions professionnelles de Liège, illustre la continuité de son implantation urbaine après la période médiévale.

À partir du XVIe et surtout du XVIIe siècle, certains descendants quittèrent progressivement le seul cadre artisanal. Ils exercèrent le droit, le conseil et la magistrature, notamment dans les institutions de la cité et de la principauté de Liège. Les alliances matrimoniales contribuèrent à leur rapprochement avec les familles possédantes et seigneuriales de la région. Cette progression sociale ne doit pas être projetée rétrospectivement sur le XVe siècle : l’origine alors attestée est celle d’une famille de métier, et non d’une maison féodale ancienne.

Accession à la noblesse et développement des branches

La reconnaissance nobiliaire intervint à l’époque moderne. Albert de Grady reçut des lettres patentes de noblesse de l’empereur Léopold Ier le 24 octobre 1694. Le 28 août 1705, Pierre-Henri de Grady fut élevé au rang de chevalier-banneret du Saint-Empire par l’empereur Joseph Ier. Ces actes consacrèrent juridiquement l’ascension d’une famille déjà engagée dans les fonctions publiques de la principauté de Liège.

La descendance de Pierre-Henri de Grady forma plusieurs rameaux, notamment ceux de Horion, de Croenendael, de Bellaire, de la Neuville et de Brialmont. Le rameau de Horion s’établit à la suite du mariage d’Henri de Grady avec Catherine-Jeanne de Salms, héritière du château de Horion. En 1725, Henri de Grady devint haut-avoué héréditaire du pays de Horion, territoire dépendant de la principauté de Stavelot-Malmedy, et seigneur du Pas-Saint-Martin.

Charges publiques et ecclésiastiques

Après son enracinement dans les métiers urbains, la famille fournit des bourgmestres de Liège, des échevins de la souveraine justice, des conseillers du prince-évêque et des détenteurs de charges administratives. Cette orientation explique l’importance prise par les de Grady dans la société politique liégeoise à l’époque moderne.

Charles-Antoine de Grady, né à Liège en 1712, représente l’une des figures ecclésiastiques les plus notables de la lignée. Chanoine de la cathédrale Saint-Lambert, il fut consacré évêque de Philadelphie en 1762, puis devint évêque suffragant de Liège en 1763. Mort en 1767 au château de Brialmont, il fut inhumé dans la cathédrale Saint-Lambert. Ces fonctions témoignent de l’intégration de la famille dans les élites religieuses et administratives de la principauté.

Héritage

La famille de Grady fut ensuite incorporée à la noblesse belge et inscrite sur la première liste officielle des nobles. Plusieurs branches s’éteignirent au XIXe et au XXe siècle ; le rameau dit « de Horion » est présenté comme le seul à avoir subsisté jusqu’à l’époque contemporaine. Pour la période 460-1492, l’élément essentiel demeure cependant l’attestation de Henrar de Grez en 1487 et l’ancrage de la lignée dans le métier des tanneurs de Liège.

Auteur/autrice

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