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Famille Le Grelle

Repères chronologiques et origine documentée

La famille Le Grelle est une famille subsistante de la noblesse belge, particulièrement liée à Anvers, au commerce, à la banque et à la vie politique. Pour la période comprise entre 460 et 1492, aucun élément précis de filiation ou d’implantation n’est établi dans les données disponibles. L’histoire documentée de la famille commence au XVIIe siècle, bien après la fin du Moyen Âge.

En 1670, Guillaume Le Grelle (1646-1724), originaire d’Ath, en Hainaut, fut reçu bourgeois de la cité d’Anvers. Il est présenté comme l’arrière-petit-fils de Jean Le Grelle. Son fils François, négociant en textile, est l’ancêtre commun des principales branches ultérieurement mentionnées. Cette implantation anversoise constitue le point de départ assuré de l’ascension sociale et économique de la famille.

Commerce et ascension sociale aux XVIIe et XVIIIe siècles

Les fils aînés de François, Guillaume-François Le Grelle (1701-1771) et Jean-François Le Grelle (1703-1759), développèrent une activité de commerce international. Entre 1730 et 1750, leur société importait notamment des textiles, de la soie, du sucre, du cacao, du thé et de la porcelaine en provenance d’Angleterre, du Portugal et de la Chine, en relation avec la Compagnie suédoise des Indes orientales. Les deux frères furent également actionnaires des Compagnies d’Ostende et de Trieste.

Le contexte anversois favorisait ces entreprises. La fermeture de l’Escaut et la limitation de l’activité du port d’Anvers conduisirent des armateurs à utiliser Ostende, notamment après l’autorisation d’armement accordée en 1714 et la création, en 1722, de la Compagnie générale impériale des Indes, dite Compagnie d’Ostende. En 1751, la société des frères Le Grelle avait son siège rue Haute, dans la maison appelée « De Grooten Gulden Schilt ». Jean-François exerça aussi la fonction de juge de la chambre de Tonlieu et résidait au château de Morckhoven.

La famille diversifia ensuite ses activités. Jean-Guillaume Le Grelle (1733-1812) dirigea des sucreries ainsi qu’une importante imprimerie sur coton, Beerenbroeck et Cie, qui employait 576 ouvriers en 1770. Gérard Le Grelle (1713-1771) se consacra au commerce de la soie, activité poursuivie après sa mort par sa veuve, Catherine Oliva (1724-1791). Plusieurs membres de la famille acquirent par ailleurs des châteaux, des demeures et des hôtels de maître dans la région anversoise.

Banque, noblesse et vie politique

La banque devint l’un des principaux domaines d’activité de la famille. Joseph J. Le Grelle (1764-1822) fonda en 1792 une banque qui porta son nom. Durant les troubles révolutionnaires, ses coffres servirent notamment à mettre à l’abri un reliquaire lié au culte d’Anne de Saint-Barthélemy. Joseph J. Le Grelle fut emprisonné comme otage et conduit à Paris en 1794, avant d’être libéré après la chute de Robespierre. Sa banque conserva une place importante parmi les établissements privés autorisés à émettre des billets jusqu’aux années qui suivirent la fondation de la Banque nationale de Belgique en 1850.

Après sa mort, l’établissement fut repris par sa veuve, Maria Theresia Cambier, et par leurs fils Gérard, Jean et Henri Joseph. D’autres membres de la famille fondèrent ou dirigèrent des banques à Bruxelles et à Anvers. Joseph-Guillaume Le Grelle (1795-1880) fut notamment commissaire de la Banque de Belgique et fondateur de la Banque foncière. Henri Le Grelle (1798-1872) fonda la Banque commerciale d’Anvers et participa à la constitution de plusieurs sociétés.

La reconnaissance nobiliaire apparaît à la fin du XVIIIe siècle. Henri-Jacques Le Grelle (1753-1826), juriste et échevin d’Anvers, participa en 1790 à la rédaction de la constitution des États belgiques unis. Il fut anobli comme écuyer par lettres patentes de l’empereur François II, le 29 janvier 1794, malgré son engagement dans la révolte contre l’autorité impériale. Il fut également détenu comme otage par les autorités françaises. La reconnaissance de noblesse se transmit ensuite à plusieurs membres de la famille, notamment par réversion.

Rayonnement aux XIXe et XXe siècles

Au XIXe siècle, les Le Grelle renforcèrent leur présence dans la banque, la politique et le mécénat. Le comte Ferdinand Le Grelle (1823-1895), banquier, fut sénateur de l’arrondissement d’Anvers à partir de 1885. Le comte Auguste Le Grelle (1817-1891) participa en 1881 à la fondation de la Caisse hypothécaire anversoise avec son fils Émile et son frère Stanislas. D’autres membres administrèrent des banques à Anvers, La Haye et Delft.

La famille s’investit également dans la presse et l’industrie. Oscar Le Grelle (1861-1930) participa en 1893 au fonds qui prit le contrôle de la société éditrice de la Gazet van Antwerpen, tandis qu’Alfred Le Grelle (1872-1948) en assura la présidence. Ces activités prolongèrent, dans le cadre de la Belgique contemporaine, une influence économique et civique déjà solidement établie à Anvers depuis le XVIIe siècle.

Auteur/autrice

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