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Famille de Lichtervelde

Implantation flamande et seigneurie

La famille de Lichtervelde appartient à la noblesse du comté de Flandre. Elle est associée à la seigneurie et au château de Lichtervelde, dans la Flandre occidentale, ainsi qu’à plusieurs possessions et fonctions seigneuriales de la région. Les sources conservées permettent surtout de suivre la famille à partir du XIVe siècle ; elles ne permettent pas d’établir avec certitude une généalogie plus ancienne.

La seigneurie de Lichtervelde passa, vers 1400, à la maison de Heule par le mariage de Marie de Nevele de Lichtervelde avec Roger Botelinck, seigneur de Heule. La famille de Lichtervelde ne récupéra ensuite qu’une partie de ses droits, en 1744, sous la forme de dix-neuf trente-sixièmes de la seigneurie. Cette transmission explique la distinction entre le nom familial et la possession effective du domaine.

Les représentants aux XIVe et XVe siècles

Louis de Lichtervelde, mort le 10 août 1375, est l’un des premiers membres clairement documentés. Chevalier et seigneur de Coolskamp, il fut conseiller du comte de Flandre Louis de Male à partir de 1353 et jusqu’à sa mort. Il accompagna le comte lors de l’expédition menée contre le duc de Brabant en 1356. En 1357, il fut envoyé à Calais afin de prêter serment, au nom du comte de Flandre, à l’alliance conclue avec le roi d’Angleterre le 26 mai de cette même année.

En 1359, Louis de Lichtervelde reçut encore, par don particulier du comte, les seigneuries viagères d’Elverdinghe et de Vlamertinghe. Son insertion dans l’entourage comtal montre le rôle politique que pouvaient jouer les lignages seigneuriaux flamands auprès de la cour. Il fut inhumé dans l’église Saint-Martin de Koolskamp, où se trouve également la tombe de Jacques de Lichtervelde. Le monument funéraire de Louis le représente en habit d’armes, accompagné de son épouse Béatrice Tolnaers, avec un lion à ses pieds.

Jacques, ou Jacob, de Lichtervelde, mort en 1431, exerça les fonctions de souverain-bailli de Flandre. Il fut également chambellan, conseiller et ambassadeur des comtes de Flandre et des ducs de Bourgogne. Sa carrière illustre la continuité de la présence de la famille dans les services judiciaires, administratifs et diplomatiques des principautés flamandes à la fin du Moyen Âge.

Le château et les lieux de mémoire

Le château de Lichtervelde fut détruit une première fois en 1491 par les troupes du comte de Nassau. Il fut ensuite détruit de nouveau en 1584, avec l’église, durant les troubles religieux. Il ne fut pas reconstruit. À partir de 1600, les seigneurs de Lichtervelde résidèrent principalement à Bruges ou à Gand. La représentation du château publiée au XVIIe siècle repose donc vraisemblablement sur des observations ou des documents antérieurs à sa disparition.

La mémoire de la famille demeure également attachée aux gisants de l’église de Koolskamp et à ceux de l’église Saint-Michel de Roulers. D’autres résidences et domaines furent associés à ses membres au cours des siècles suivants, notamment un hôtel à Gand et plusieurs châteaux de Flandre et du Hainaut.

Armes et continuité nobiliaire

Les armes attribuées à la famille sont décrites ainsi : « d’azur au chef d’argent, chargé de sept mouchetures d’hermine de sable, posées 4 et 3 ». Leur usage s’inscrit dans la continuité héraldique de la maison, sans que la documentation fournie permette d’en fixer l’adoption médiévale.

La famille reçut un octroi de chevalerie personnelle le 1er février 1600. Une nouvelle concession de chevalerie fut accordée à Ferdinand de Lichtervelde le 1er février 1626. La dignité comtale fut concédée le 22 mai 1745 à Gilles François de Lichtervelde, avec transmission selon l’ordre de primogéniture masculine. Aux XVIIIe siècle, certains membres obtinrent également l’autorisation de surmonter leurs armes d’une couronne de marquis. Ces distinctions postérieures au Moyen Âge assurèrent la continuité de la famille dans la noblesse belge.

Auteur/autrice

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