Famille de Montpellier
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Famille de Montpellier
La famille de Montpellier, anciennement connue sous les noms de Servais, Servaix ou Servay, est une lignée issue du comté de Namur, dont l’ascension sociale s’appuya d’abord sur les fonctions urbaines et judiciaires, puis sur le commerce du fer et la maîtrise des forges. Elle conserva le nom de Montpellier après l’étude de l’un de ses membres à l’université de Montpellier. Anoblie par lettres patentes en 1743, elle forma plusieurs branches seigneuriales, notamment à Yvoir, Annevoie, Vedrin et Senenne.
Origines et premiers degrés connus
Des porteurs du nom Servays ou Servais sont attestés à Nivelles dès le milieu du XIVe siècle. En 1354, Colart Servays ou Servais prit en accense une maison dans cette ville. Toutefois, la filiation solidement établie de la famille de Montpellier ne remonte qu’à Thomas Servais ou Servay, prêtre et chapelain du chapitre Sainte-Gertrude de Nivelles, actif dans les années 1460 et mort vers 1483-1484.
Thomas Servais eut de Magdeleine Dame-Ade ou de Damas plusieurs enfants illégitimes. L’un d’eux, Vespasien Servais, fut légitimé en 1505 par des lettres de Philippe le Beau. Il est ensuite connu sous le nom de Jean Servais dit « de Montpellier », probablement en raison de ses études à l’université de Montpellier à la fin du XVe siècle. Médecin et chirurgien, il fut reçu bourgeois de Namur le 12 octobre 1498. Il exerça également les fonctions d’avoué de Bouge et de Beez et acquit plusieurs droits et fiefs dans la région namuroise, notamment le fief de La Motte et la Tour à Hannêche, le Grand Wangnaige à Jallet ainsi que les avoueries de Bouge et de Beez.
Mort en 1532, Jean de Montpellier fut inhumé au couvent des Récollets de Namur. Sa pierre tombale portait un écu à fasce accompagné de trois têtes de Maures. En 1516, il figure parmi les « hommes de loy et de lignage » du comté de Namur, statut intermédiaire entre noblesse et roture qui conférait certains privilèges sociaux et juridiques. Cette mention témoigne de son insertion dans les milieux dirigeants namurois, sans toutefois équivaloir encore à un anoblissement formel.
De la bourgeoisie aux forges
Godefroy Servais dit de Montpellier, fils de Jean, reprit au XVIe siècle la Tour de Hannêche et les avoueries de Bouge et de Beez. Reçu bourgeois de Namur en 1531, il se fixa vers 1540 à Châtelet, où la famille demeura plusieurs générations. Son fils Jean, tanneur, fut bourgmestre de Châtelet en 1590-1591 et exploitait une tannerie en 1592. La famille conserva ainsi des activités urbaines et commerciales, avant de s’orienter progressivement vers le travail du fer.
Pierre, ou Pierre-Antoine, de Montpellier, bourgeois et marchand de fer à Châtelet, appartient à la génération qui prépare cette évolution. Au XVIIe siècle, les Montpellier devinrent marchands de fer puis maîtres de forges. Jean de Montpellier (1634-1705) exploita plusieurs établissements à Couillet, Yvoir, Houx, Vezin, Annevoie et Godinne. Devenu seigneur d’Yvoir en 1688, il y édifia le noyau du château. Il acquit également, en 1691, un domaine d’Annevoie comprenant un château et des forges, possession appelée à devenir le principal centre symbolique de la famille.
Branches seigneuriales et anoblissement
Jean de Montpellier (1679-1740), seigneur d’Yvoir et d’Annevoie, étendit considérablement les intérêts sidérurgiques de la famille. Il exerça aussi les fonctions de chambellan héréditaire du comté de Namur et de mayeur des ferrons de la province de Namur. Ses fils Charles-Alexis et André-Joseph furent à l’origine des principales branches du XVIIIe siècle.
Charles-Alexis de Montpellier d’Annevoie (1717-1807), maître de forges et seigneur d’Annevoie, de Rouillon, d’Ambresin et d’autres terres, fut anobli avec son frère André-Joseph par lettres patentes du 9 janvier 1743. André-Joseph forma la branche de Montpellier de Senenne, qui s’éteignit au début du XIXe siècle. La famille se divisa également en branches de Montpellier d’Yvoir, éteinte en 1781, de Montpellier d’Annevoie et de Montpellier de Vedrin. Cette dernière descendit de Jean-François-Adrien de Montpellier, propriétaire de l’ancienne seigneurie de Celles à Vedrin.
Annevoie et la puissance industrielle
Charles-Alexis transforma le domaine d’Annevoie et y aménagea, entre 1758 et 1776, les célèbres jardins d’eau. Leur fonctionnement repose sur la dénivellation naturelle du terrain et le principe des vases communicants, sans recours à une machinerie. Cette réalisation associa les compétences techniques acquises par la famille dans la gestion des eaux et des établissements industriels à une culture aristocratique des jardins.
Du XVIIe siècle au XIXe siècle, les Montpellier exploitèrent de nombreuses forges et établissements métallurgiques dans le Namurois et le pays de Charleroi, notamment à Annevoie, Yvoir, Châtelet, Couillet, Burnot, Bouffioulx, Thy-le-Château, Vezin, Marchienne-au-Pont et Salzinnes. Cette activité constitua le fondement économique de leur ascension et de leur implantation seigneuriale. Le domaine d’Annevoie demeura associé à leur nom jusqu’à sa vente au début du XXIe siècle.

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