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Famille de Ranst-Berchem

Origines et rattachement aux Berthout

La famille de Ranst-Berchem est une ancienne famille noble féodale du duché de Brabant, associée aux seigneuries de Ranst et de Berchem. Son implantation s’inscrit dans l’espace brabançon et anversois, où les droits seigneuriaux, les terres et les fonctions locales s’entrecroisaient fréquemment entre lignages apparentés.

La famille est traditionnellement considérée comme une branche cadette de la maison de Berthout. Ce rattachement est attribué à un certain Godefroid, seigneur de Ranst, qui aurait vécu dans la seconde moitié du XIe siècle. Il ne s’agit toutefois pas d’une filiation formellement démontrée. L’hypothèse repose sur plusieurs indices concordants : la répétition de prénoms communs, la mention de liens de consanguinité dans des actes plus tardifs, l’usage d’un même cri de guerre et l’enchevêtrement des terres, fiefs et droits féodaux détenus par les deux familles.

Ranst, situé sur l’ancienne voie reliant Anvers à Herentals, constituait un point d’implantation important. La possession ou l’exercice de droits dans ce secteur explique l’association durable entre le nom de Ranst et celui de Berchem, ce dernier étant également attaché à un territoire et à une lignée attestés dans l’environnement brabançon.

Implantation et rôle dans le Brabant

Au cours du Moyen Âge, les membres de la famille apparaissent dans la documentation sous la forme van Berchem, tandis que la tradition généalogique rattache leur identité aux seigneuries de Ranst et de Berchem. Les sceaux conservés des XIIIe, XIVe et XVe siècles témoignent de la présence de représentants du lignage dans la société féodale et urbaine de la région.

Gilles van Berchem est attesté par un sceau et un contre-sceau en 1211. Guillaume van Berchem apparaît en 1299, puis Jean van Berchem, qualifié de chevalier, en 1338. D’autres membres sont connus par leurs sceaux, notamment Guillaume en 1378, Costin en 1441 et Costen en 1494. Arnould van Berchem, échevin d’Anvers, est attesté en 1502, tandis que Roland van Berchem l’est en 1514. Les deux derniers témoignages sont postérieurs à la période médiévale retenue ici, mais ils montrent la continuité du lignage dans l’espace anversois.

Armes, sceaux et identité lignagère

Les armes attribuées à la famille sont : d’argent à trois pals de gueules. Son cri de guerre est donné comme « BERTHOUT », élément généralement invoqué en faveur du rapprochement avec la maison de Berthout, sans suffire à lui seul à établir une filiation certaine.

Les sceaux montrent que ces armes furent brisées ou complétées de diverses manières selon les individus et les générations. En 1211, le sceau et le contre-sceau de Gilles van Berchem présentent trois écussons portant trois pals, avec des éléments supplémentaires dans la composition. En 1299, le sceau de Guillaume van Berchem ajoute un franc-quartier chargé d’une étoile. Le sceau de Jean van Berchem, en 1338, comporte une bordure engrelée ; celui de Guillaume, en 1378, une étoile à cinq rais. Les sceaux de Costin et de Costen van Berchem, en 1441 et 1494, portent un croissant, tandis que d’autres brisures apparaissent dans les armoiries attribuées à des membres des générations suivantes.

Ces variations relèvent de la différenciation des branches ou des personnes et ne doivent pas être interprétées comme autant de blasons entièrement distincts. Certains van Berchem auraient également accompagné leur cimier de deux paires de besicles, motif particulier dont la portée exacte n’est pas établie.

Postérité de la famille

Une branche de la famille s’est ensuite établie en Suisse romande. Jacob van Berchem s’installa à Lausanne et épousa une fille de la famille d’Illens, qui lui apporta en dot le domaine de Naz, près de Romanel. Cette implantation est postérieure au cœur de la période médiévale et témoigne de la diffusion ultérieure du lignage hors de ses terres brabançonnes.

Une branche dite de Ranst de Berchem de Saint Brisson se forma au XIXe siècle par le mariage de Louis de Ranst de Berchem avec Marie Séguier de Saint Brisson, héritière des marquis de Saint Brisson. Leurs descendants adoptèrent alors le nom de Ranst de Berchem de Saint Brisson. Une branche de la famille subsiste encore en Suisse romande, assurant la continuité contemporaine d’un lignage dont les attaches brabançonnes et anversoises sont attestées dès le Moyen Âge.

Auteur/autrice

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