Famille de Schaetzen
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Famille de Schaetzen
Origines et implantation à Tongres
La famille de Schaetzen appartient à la noblesse belge et est anciennement établie dans la région de Tongres, en Limbourg. Sa filiation documentée remonte à la fin du XIVe siècle. En 1383, un certain Jean Schaetzen fit relief, à Wellen, de biens provenant d’un aïeul. Un acte de 1403 le désigne sous le nom de « Joannes Scaetsen de Tongris » et le présente comme propriétaire d’une maison située dans le haut de la rue de Maestricht à Tongres.
Ces mentions témoignent de l’enracinement précoce de la famille dans la vie urbaine tongroise. Les Schaetzen fournirent par la suite de nombreux responsables municipaux : la tradition familiale leur attribue neuf bourgmestres de Tongres entre 1460 et 1995. Durant le Moyen Âge finissant, leur ascension repose surtout sur la propriété foncière, les fonctions judiciaires et l’exercice de charges au service de la ville et des autorités territoriales.
Les premières charges urbaines et judiciaires
Jean Schaetzen eut notamment pour descendant Arnold Schaetzen, qui accéda en 1460 à la fonction de bourgmestre de Tongres. Dans le contexte troublé des guerres opposant le prince-évêque de Liège et le duc de Bourgogne, Arnold figura parmi les notables tongrois livrés comme otages après la prise de Dinant par Charles le Téméraire en 1466. Il fut ensuite nommé échevin de la haute justice du comté de Looz.
Arnold rédigea son testament le 30 août 1482. Un autre Arnold, issu de la génération suivante, exerça à son tour plusieurs fois la fonction de bourgmestre de Tongres. En 1517, il fut désigné comme membre du tribunal des XXII, institution appelée à régler notamment les conflits opposant périodiquement le prince aux villes. Ces fonctions illustrent la place acquise par la famille dans les institutions urbaines et judiciaires de la principauté de Liège et du comté de Looz.
La demeure dite de la « Gulden Hooft », ou Tête d’Or, située rue de Maestricht, fut associée à une branche de la lignée. François Schaetzen, présenté comme un grand chasseur et maître de vénerie, y entretenait un nombre considérable de chiens. Il mourut de la peste en 1577. Son fils Arnold dut vendre la maison quelques années plus tard, signe des difficultés que la famille connut également au XVIe siècle.
La cour de s’Heeren Elderen et la continuité familiale
Une nouvelle phase de consolidation commença avec Arnold Schaetzen, actif à partir de 1599. Pendant six générations, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, des membres de la famille exercèrent la charge de lieutenants des fiefs de la famille de Renesse à la cour de s’Heeren Elderen. Cette fonction contribua à maintenir leur position dans l’administration seigneuriale et à restaurer leur prospérité.
En 1651, Arnold racheta la Schaetzenhoeff, qui avait été aliénée par un ascendant. Son fils Arnold-Guillaume lui succéda dans la charge familiale et connut notamment l’incendie de Tongres par les troupes françaises en 1677. Udalric-Joseph, fils cadet d’Arnold-Guillaume, devint à son tour lieutenant des fiefs de Renesse et fut échevin de Tongres à partir de 1707. Plusieurs de ses enfants entrèrent dans la vie religieuse, tandis que son fils Arnold perpétua la lignée et exerça les fonctions de bourgmestre et de secrétaire du magistrat de Tongres.
De la notabilité urbaine à la noblesse reconnue
Au XVIIIe siècle, la famille demeura étroitement liée à l’administration tongroise. Georges-Frédéric Schaetzen fut secrétaire communal de Tongres. Son fils Louis-Ulric, né en 1793, fut député de l’arrondissement de Maestricht entre 1833 et 1836, tout en exerçant des fonctions judiciaires. Il poursuivit ensuite une carrière de magistrat et termina son parcours comme président de chambre à la cour d’appel de Liège.
En 1876, Louis-Ulric obtint une concession de noblesse ainsi que le titre de chevalier transmissible à tous ses descendants mâles. Son fils Oscar Joseph de Schaetzen, né en 1836, fut conseiller communal puis échevin de Tongres et siégea à la Chambre des représentants de 1881 à 1894. Il participa aussi à des initiatives agricoles et financières dans l’arrondissement. Ses descendants formèrent ultérieurement plusieurs branches, dont les Schaetzen van Brienen et les Schaetzen de Schaetzenhoff.
Ainsi, du XIVe au XVe siècle, la famille apparaît déjà comme une lignée de propriétaires et de notables de Tongres. Sa continuité repose ensuite sur la combinaison de charges municipales, judiciaires, seigneuriales et administratives, avant sa reconnaissance nobiliaire officielle à l’époque contemporaine.

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