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Famille Wittouck

Origines et limites de la documentation médiévale

La famille Wittouck est une famille originaire de Saint-Nicolas-Waes, dans le comté de Flandre. Les éléments généalogiques établis ne permettent toutefois pas de rattacher avec certitude la lignée à une famille attestée avant la fin du Moyen Âge. Pour la période comprise entre 460 et 1492, aucune filiation, aucun fief et aucun titre ne sont documentés dans les données disponibles. L’histoire connue de la famille commence véritablement au XVIIIe siècle, dans la région de Bruxelles et du Brabant.

Une branche se fixa à Bruxelles et s’intégra aux milieux judiciaires, administratifs et économiques. Elle est présentée comme issue des Lignages de Bruxelles, notamment par l’ascendance d’Anne Marie Cools, épouse de Guillaume Wittouck, dont la mère, Adrienne Galmaert, appartenait à cette tradition lignagère. Cette donnée doit être comprise comme un élément de l’ascendance documentée de la branche bruxelloise, et non comme la preuve d’une noblesse médiévale continue du nom Wittouck.

Implantation brabançonne au XVIIIe siècle

Josse, ou Judocus, Wittouck, baptisé à Saint-Nicolas-Waes le 29 janvier 1710 et mort à Uccle le 3 mars 1785, exerça comme régisseur du domaine du duc d’Arenberg à Drogenbos. Il épousa en 1745 Maria Anna van Haelen, d’Uccle. Le couple eut huit enfants et constitua le point de départ établi des deux principales branches brabançonnes décrites dans la généalogie.

En 1751, Josse Wittouck et son épouse achetèrent au duc d’Arenberg un pré situé au lieu-dit « t’Horeken », dans le coude de la Senne. Cette acquisition témoigne d’une insertion progressive dans la propriété foncière locale, alors que la famille demeurait liée aux domaines, aux activités rurales et aux fonctions de service seigneurial.

Le fils aîné, Guillaume Wittouck, né à Drogenbos en 1749, poursuivit une carrière juridique. Son frère Jacques, né en 1755, demeura associé au monde des métiers ruraux et des institutions locales. Cette dualité, entre magistrature et activités liées aux moulins, aux terres et à l’administration seigneuriale, caractérise les débuts connus de la famille dans le Brabant.

Magistrature, propriété et notabilité

Guillaume Wittouck fut avocat au Conseil de Brabant, puis conseiller à la Cour suprême de Brabant en 1791. Lors de la révolution brabançonne, il se rangea du côté des vonckistes. Après l’intégration de la Belgique à la France, il exerça successivement des fonctions judiciaires auprès du tribunal civil du département de la Dyle, du tribunal d’appel de Bruxelles et de la cour supérieure de Bruxelles.

En 1800, Guillaume Wittouck acquit le château de Petit-Bigard, à Leeuw-Saint-Pierre, avec un domaine d’environ cent hectares. Le domaine devint la résidence de la branche aînée et demeura dans la famille jusqu’à sa vente en 1941. Par cette acquisition et par les mariages conclus dans les milieux judiciaires et administratifs bruxellois, les Wittouck passèrent du service de domaines aristocratiques à une position de notabilité foncière et professionnelle.

Parmi les enfants de Guillaume figurent Jeanne Wittouck, épouse de Jean-Louis van Dievoet, secrétaire du parquet de la Cour de cassation, et François Wittouck, négociant, distillateur et maire de Leeuw-Saint-Pierre. Jeanne fut notamment la mère du jurisconsulte et historien du droit Auguste van Dievoet. François mourut en 1814, après avoir été frappé par des cosaques russes occupant le domaine de Petit-Bigard.

Industrie, alliances et anoblissement

La descendance de François Wittouck et de Pétronille van Cutsem s’illustra au XIXe siècle dans la distillation, l’administration communale et l’industrie sucrière. Leur fils Félix-Guillaume Wittouck, distillateur et bourgmestre de Leeuw-Saint-Pierre, fit agrandir le château de Petit-Bigard. Ses fils Félix, Paul et Frantz Wittouck développèrent des intérêts dans les sucreries, les raffineries, les sociétés industrielles et les établissements financiers.

Félix Wittouck fut industriel sucrier et bourgmestre de Leeuw-Saint-Pierre. Paul Wittouck fit édifier le château de La Fougeraie, à Uccle, et s’associa à la baronne Catherine de Medem. Frantz Wittouck administra plusieurs entreprises sucrières et fit construire la villa dite Les Bouleaux, près de Tervueren. Leurs descendants contractèrent des alliances avec des familles de la noblesse, de la diplomatie, de la banque et de la haute administration.

Une autre branche, issue de Jacques Wittouck, maître meunier à Drogenbos et agent de diverses institutions locales, conserva plus longtemps un profil lié aux métiers ruraux, à la meunerie et à l’artisanat. Elle donna notamment des alliances avec des familles de meuniers, d’imprimeurs et de commerçants.

Michel Wittouck, descendant de Paul Wittouck, fut anobli en 1960. Cet anoblissement appartient à l’histoire contemporaine de la famille et ne doit pas être projeté sur la période médiévale. La continuité historique des Wittouck est ainsi solidement documentée à partir du XVIIIe siècle, tandis qu’une origine antérieure à cette époque demeure non établie.

Auteur/autrice

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