Maison d’Egmond
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Maison d’Egmond
La maison d’Egmond, également écrite Egmont, est une ancienne lignée noble des Pays-Bas. Elle s’imposa d’abord dans le comté de Hollande, avant d’étendre son influence à la Gueldre, à l’Utrecht et à plusieurs principautés des Pays-Bas bourguignons. Ses membres furent successivement avoués et protecteurs de l’abbaye d’Egmond, vassaux et officiers des comtes de Hollande, seigneurs territoriaux, stathouders et, au XVe siècle, ducs de Gueldre.
Origines et implantation en Hollande
L’ascension de la famille est liée à la protection de l’abbaye d’Egmond, située dans l’actuelle Hollande-Septentrionale. Les seigneurs d’Egmond exerçaient cette fonction d’avoués, c’est-à-dire de défenseurs et d’administrateurs séculiers des intérêts de l’établissement religieux. Leur implantation septentrionale les plaça également au premier plan des luttes menées par les comtes de Hollande contre les Frisons occidentaux.
La tradition généalogique fait remonter la lignée à Berwold d’Egmond. Les sources retenues ici permettent surtout de suivre son affirmation à partir du XIIIe siècle. En 1283, Guillaume II d’Egmond reçut de Florent V de Hollande la seigneurie d’Egmond. Cette concession marqua une évolution importante : la famille, jusque-là étroitement associée à l’abbaye, se trouva désormais directement intégrée à l’ordre féodal du comté de Hollande.
En récompense de leur soutien militaire et politique, les Egmond obtinrent ou échangèrent plusieurs possessions en Frise occidentale, notamment Warmenhuizen, Harenkarspel, Oudkarspel, Oterleek et Spanbroek. Leur puissance reposait aussi sur les mariages et les héritages. Jean Ier d’Egmond acquit ainsi la baronnie d’IJsselstein en 1363 par son mariage, tandis qu’Arnoul d’Egmond reçut la seigneurie d’Ameland en 1398 pour services rendus au comte de Hollande.
Une famille engagée dans les conflits des Pays-Bas
Aux XIVe et XVe siècles, les Egmond participèrent activement aux querelles des Hameçons et des Cabillauds, en soutenant généralement le parti des Cabillauds. Cette implication renforça leurs liens avec les comtes de Hollande, mais les exposa également aux rivalités entre lignages et principautés voisines. L’extinction de la maison d’Arkel, en 1428, leur permit encore d’accroître leurs possessions.
La famille se divisa progressivement en plusieurs branches. Guillaume IV d’Egmond partagea ses biens entre ses fils : Jean III conserva la seigneurie d’Egmond, tandis que Frédéric d’Egmond reçut notamment IJsselstein et acquit, par mariage, la seigneurie de Buren. Cette séparation forma le socle des deux grandes lignes qui dominèrent la fin du Moyen Âge.
Les Egmond, ducs de Gueldre
Le sommet de la puissance familiale fut atteint avec Arnoul d’Egmond, qui devint duc de Gueldre et comte de Zutphen en 1423. Son accession résultait de liens dynastiques avec la maison ducale de Gueldre et ouvrit une longue période d’intervention des Egmond dans les affaires du duché. Le pouvoir d’Arnoul fut contesté par l’empereur Sigismond, qui soutenait Adolphe de Juliers, puis par son propre fils Adolphe.
Adolphe fit emprisonner son père en 1465 avec l’appui de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Charles le Téméraire rétablit ensuite Arnoul et fit incarcérer Adolphe. Après la mort de Charles le Téméraire en 1477, Adolphe fut libéré, mais il mourut peu après aux portes de Tournai. Sa sœur Catherine d’Egmond assuma alors la régence pour son neveu Charles.
En 1492, Charles d’Egmond reprit personnellement l’administration du duché. Son règne devait prolonger l’autorité de la famille en Gueldre jusqu’en 1538, mais cette phase appartient pour l’essentiel à l’histoire de la Renaissance. À la fin du Moyen Âge, les Egmond avaient donc acquis une position princière, tout en restant confrontés aux ambitions de la Bourgogne et de l’Empire.
Les comtes d’Egmond et de Buren
Jean III d’Egmond, seigneur d’Egmond et stathouder de Hollande, de Zélande et de Frise occidentale, fut élevé au rang de comte d’Egmond en 1486 par l’empereur Maximilien. Il étendit encore le patrimoine familial par l’acquisition de Purmerend, Purmerland, Ilpendam, Baer, Lathum et d’autres seigneuries. Son frère ou parent de la branche issue de Frédéric d’Egmond développa parallèlement la puissance de la maison à Buren et Leerdam.
La seigneurie de Buren fut acquise par les Egmond au cours du XVe siècle et érigée en comté en 1492. Cette branche fournit plusieurs officiers et stathouders de Hollande, de Frise et de Groningue. Elle joua ainsi un rôle essentiel dans l’extension de l’influence des Egmond au-delà de leur domaine originel.
Héritage médiéval
À la date de 1492, la maison d’Egmond se caractérise par une double assise : une branche princière, liée au duché de Gueldre, et des branches comtales établies en Hollande et à Buren. Son ascension repose sur la protection d’une abbaye, le service des comtes de Hollande, les alliances matrimoniales et une participation constante aux conflits politiques des Pays-Bas. Les armoiries de la famille sont notamment attestées dans l’Armorial de Gelre.
La puissance acquise au Moyen Âge se prolongea au XVIe siècle avec Lamoral d’Egmond, devenu l’un des principaux nobles des Pays-Bas avant son exécution à Bruxelles en 1568. Les différentes lignes s’éteignirent ensuite progressivement, mais leur héritage dynastique et territorial demeura lié à l’histoire de la Hollande, de la Gueldre et des Pays-Bas bourguignons.

Auteur/autrice
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