×
  • 661 words

Famille d’Arbignon

La famille d’Arbignon, également connue sous les formes Darbignon et d’Erbignon, est une lignée de ministériaux originaire du Valais. Son nom provient du hameau disparu d’Arbignon, situé près de Collonges, dans la plaine du Rhône, au pied de la dent de Morcles. Les Arbignon y détenaient une métralie. La famille est attestée au début du XIIIe siècle et s’éteint au XVIIe siècle.

Premières attestations et implantation

Les premiers membres connus apparaissent en 1220 : Petrus et Henricus de Albignon, ainsi que Giroldus, fils de Henricus. La généalogie de la famille demeure toutefois imparfaitement établie, notamment pour les générations antérieures et pour le rattachement exact de certaines branches.

Les Arbignon sont implantés dans plusieurs châtellenies du Valais et du Chablais. Ils possèdent des biens à Conthey, Martigny, Saint-Maurice, Monthey et Chillon, ainsi que dans la plaine du Rhône jusqu’à la Veveyse. Leur présence dans le Val d’Illiez est probablement ancienne, peut-être dès le XIIe siècle, mais cette ancienneté doit être considérée avec prudence. Ils y détiennent des fiefs dont l’origine est attribuée, sans être entièrement établie, aux familles de Lugrin, de Collombey et de Nernier.

Seigneuries, vassalités et branches

Les membres de la famille tiennent des biens en fief de l’évêque de Sion, des abbés de Saint-Maurice et des comtes de Savoie. Ces dépendances expliquent leur implantation dans des espaces relevant de pouvoirs différents, tant dans le Bas-Valais que dans le Chablais savoyard et vaudois. Leurs possessions sont notamment attestées à Arbignon, Mordes, Autan, Martigny, Conthey, Choëx, Troistorrents et dans le Val d’Illiez.

Une branche s’établit à Collombey vers le milieu du XIIIe siècle, à la suite du mariage d’Ambroisie d’Arbignon avec Jean, seigneur de Collombey. Les Arbignon y firent édifier une tour et un corps de logis qui formèrent le château d’Arbignon. Une chapelle castrale fut ajoutée au siècle suivant. À partir du XIVe siècle, l’abbaye de Saint-Maurice devint le lieu de sépulture de plusieurs membres de la famille.

La lignée se divise en plusieurs branches, établies notamment à Saint-Maurice, Collombey, Monthey, Saint-Triphon, Aigle, Vevey, Lutry et Lugrin, en Savoie. La branche des seigneurs d’Illiez et de Collombey disparaît vers la fin du XVIe siècle. Au milieu du XVIe siècle, l’installation d’une branche à Monthey entraîne l’abandon du château d’Arbignon.

Membres connus et alliances

Guillaume d’Arbignon est attesté comme chevalier en 1325. Il exerce auparavant les fonctions de châtelain d’Allinges-Neuf et de Thonon, de 1309 à 1315, puis de châtelain de Conthey, de 1319 à 1322. Il est ensuite bailli de Lausanne de 1325 à 1330.

Un autre Guillaume d’Arbignon, mort en 1466, est prieur commendataire d’Aigle. Maurice d’Arbignon, mort vers 1580, est coseigneur du Val d’Illiez et de Saint-Paul, dans le Chablais, et gouverneur de Montmélian.

Les alliances mentionnées pour la famille comprennent notamment celles contractées avec les maisons de Collombey, de Châtillon-Larringes, de Lugrin et de Nernier. La documentation disponible ne permet pas toujours de déterminer la place exacte de ces unions dans la formation des différentes branches.

Armoiries

Les armes attribuées aux Arbignon sont d’azur au sautoir d’or chargé de cinq roses de gueules, boutonnées d’or et barbées de sinople. Une variante remplace les roses par cinq tourteaux de gueules. Les témoignages héraldiques ne sont donc pas entièrement concordants sur la nature des meubles figurant sur le sautoir.

Une autre variante, attribuée à la tradition héraldique de Vantéry, présente un écu d’or au sautoir d’argent chargé de cinq tourteaux de gueules. Les armes associées à la famille ont été reprises en 1936 pour constituer celles de la commune de Collonges, en Valais.

Auteur/autrice

root@sd-146999.dedibox.fr