Famille d’Aubonne
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Famille d’Aubonne
Origines et implantation
La famille d’Aubonne est une famille noble vaudoise, comptée parmi les dynasties importantes du pays de Vaud au Moyen Âge. Son principal domaine se situait autour d’Aubonne, dans un espace relevant des diocèses de Genève et de Lausanne, de part et d’autre de la rivière d’Aubonne. Le nom ne doit pas être confondu avec celui de familles également appelées d’Aubonne et attestées à Morges puis à Nyon.
Les premiers personnages parfois rattachés à cette lignée sont Turumbert et Dodon, mentionnés comme primats du royaume de Bourgogne lors d’un plaid tenu à Eysins en 1001 ou 1002. Leur appartenance à la famille d’Aubonne n’est toutefois pas démontrée. Gérold, présenté vers 1040 comme « fils de Turumbert d’Albonna », a également été considéré comme un ancêtre possible, de même que Nantelme, connu vers 1130. La continuité généalogique entre ces personnages et les seigneurs attestés au siècle suivant demeure lacunaire.
Les seigneurs d’Aubonne
La filiation devient plus solidement documentée avec Humbert Ier, seigneur d’Aubonne, attesté entre 1154 et 1177. Il apparaît comme un bienfaiteur de l’abbaye de Théla, également appelée Montheron. Son rattachement à Nantelme est proposé par la tradition généalogique, mais ne peut être considéré comme entièrement assuré. Humbert eut pour successeur Nantelme II, puis plusieurs fils qui contribuèrent à la division de la seigneurie et à la formation de branches distinctes.
En 1234, Guerric, Jacques II et Pierre II, dit Putoz, qualifiés de seigneurs d’Aubonne et présentés comme frères, accordèrent des franchises à la ville d’Aubonne. Cette concession témoigne de leur autorité sur le bourg et de l’organisation progressive de la seigneurie. En mars 1242, Jacques II remit au comte Pierre II de Savoie sa part dans la seigneurie avant de la reprendre en fief. En 1255, Guerric céda à son tour sa part au même comte de Savoie, qui la transmit ensuite à Humbert de Thoire-Villars.
Ces transferts marquèrent le recul de la domination directe des sires d’Aubonne. Un « bourg neuf » fut édifié entre 1319 et 1343 sous les nouveaux seigneurs. La famille conserva cependant des droits et des possessions dans la région. En 1290, Jean II reçut ainsi l’hommage lige de Vaucher de Grancy pour des biens étendus entre la Morges et le Jorat, ainsi qu’entre le lac Léman et la Joux.
Branches et extinction
La lignée se divisa en plusieurs rameaux. La branche aînée, liée à la seigneurie, s’éteignit au XIVe siècle. Une branche de co-seigneurs d’Aubonne se maintint plus longtemps. Jean III, chevalier attesté dès 1340, exerça diverses fonctions au service des comtes de Savoie, notamment comme lieutenant de châteaux, châtelain de Tourbillon et vice-bailli du Valais. Son fils Humbert II mourut sans postérité. Son frère Antoine lui succéda comme co-seigneur d’Aubonne, avant de mourir en 1430.
La dernière représentante connue de ce rameau fut Marguerite d’Aubonne, morte en 1458. Elle épousa en 1418 Henri, seigneur de Montricher, mais cette union resta sans postérité. Dans son testament de 1438, elle institua son oncle Henri de Menthon, bailli de Vaud, comme bénéficiaire. La branche des co-seigneurs disparut ainsi au cours du XVe siècle.
Un autre rameau s’établit à Lausanne et y forma une branche citoyenne, dont l’extinction est également située au XVe siècle. Une branche implantée en Franche-Comté est attestée au moins depuis le XIIIe siècle, mais semble avoir disparu vers 1600, au-delà de la période médiévale. Les sources médiévales signalent enfin des membres ecclésiastiques et des chevaliers, sans que tous puissent être rattachés avec une certitude égale aux différentes branches.
Armes et sceaux
Les armes généralement attribuées aux d’Aubonne sont d’azur au croissant d’argent accompagné de trois étoiles du même. Les sceaux médiévaux montrent toutefois des variantes dans le nombre, l’orientation et la disposition des étoiles. Guerric portait notamment un croissant accompagné de deux étoiles sur des sceaux datés de 1234 et 1246, tandis que Jacques II est représenté avec un croissant contourné et trois étoiles.
Certains sceaux présentent également des compositions à pals, parfois associées à un chef chargé d’un lion. Ces motifs peuvent correspondre à des branches ou à des évolutions héraldiques distinctes. Le contre-sceau de Jacques, archidiacre et membre du rameau franc-comtois, montre quant à lui un croissant accompagné de trois étoiles. Les armes de la branche bourgeoise de Lausanne ne sont pas établies avec certitude.

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