Famille de Bex
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Famille de Bex
Implantation et seigneuries
La famille de Bex est une lignée féodale implantée dans la région située au sud et au sud-est du Léman. Elle tenait principalement la seigneurie de Bex, en Valais, ainsi que la seigneurie de Saint-Paul en Chablais. La seigneurie de Bex relevait à l’origine de l’Église de Sion, ce qui inscrit la famille dans les rapports féodaux propres au Valais médiéval.
Au début du XIIe siècle, le pouvoir exercé par certains de ses membres paraît s’étendre sur un territoire relativement vaste. Turumbert, cité vers 1105, est qualifié de seigneur de Bex et de vicomte de Saint-Maurice. Il est également présenté comme probablement seigneur de Saint-Paul en Chablais, mais cette dernière attribution doit être tenue avec prudence. La concentration de ces fonctions témoigne néanmoins de l’importance atteinte par la famille dans la vallée du Rhône et autour du Léman.
Premières mentions et développement du lignage
Les premiers membres connus sont Turumbert et Louis, mentionnés vers 1105 dans le contexte de la fondation du prieuré bénédictin de Saint-Sulpice. Louis eut un fils nommé Humbert. En 1138, les noms de Willemus et de Garnerius apparaissent à leur tour dans la documentation relative au lignage.
La famille se divisa ensuite en plusieurs branches. Cette segmentation contribua à l’affaiblissement progressif de son pouvoir et à la dispersion de ses possessions. La branche aînée s’éteignit en ligne masculine vers 1198, les biens passant par les unions matrimoniales à d’autres lignages régionaux, notamment les familles de La Tour, de Blonay et de Rovéréa, ainsi qu’à la maison de Savoie.
La présence des de Bex dans plusieurs centres seigneuriaux explique la diversité des liens qui les unirent aux maisons nobles du Chablais et du Valais. Leur histoire est ainsi moins celle d’une principauté durable que celle d’une lignée dont les droits et les terres furent progressivement transmis par mariage et héritage.
Alliances et transmission des possessions
Les alliances matrimoniales jouèrent un rôle déterminant dans cette évolution. À la fin du XIIe siècle, Isabelle de Bex épousa Guillaume de Blonay. Cette union est associée à la fondation, vers 1200, du prieuré de Saint-Paul-en-Chablais. Le lien entre cette fondation et l’héritage familial manifeste la place des de Bex dans l’organisation religieuse et seigneuriale de la région.
En 1198, Clémence de Bex épousa Aymond Ier de La Tour-Châtillon. Leur fils Pierre devint propriétaire du château de Bex en 1227. Cet épisode illustre le transfert d’une possession majeure de la famille vers un autre lignage par le jeu de la succession et du mariage.
Les de Bex ne disparurent donc pas immédiatement des actes après l’extinction de leur branche aînée. Leur nom et certains de leurs droits continuèrent d’être associés à des possessions reprises par des familles alliées. Les traces médiévales de la lignée doivent ainsi être distinguées de la détention effective des seigneuries, souvent passée à d’autres maisons.
Sceaux et traditions héraldiques
Les plus anciennes marques héraldiques attribuées à la famille semblent porter un lion. Un sceau du donzel Pierre de Bex, dit de la Porte, montre cet animal en 1289 et en 1300. Guillaume de Bex, autre donzel, possède également un sceau au lion en 1430-1431.
La tradition héraldique postérieure a toutefois transmis des descriptions divergentes. Une composition dite d’or au lion de gueules devant une étoile d’argent est attestée par une tradition armoriale remontant à une colonne de bois datée de 1430. D’autres descriptions donnent un écu d’azur chargé d’un lion de gueules et d’une étoile d’argent. La représentation d’un dragon, également signalée, est considérée comme une lecture erronée du lion par des travaux héraldiques ultérieurs. L’étoile pourrait constituer une brisure, mais cette interprétation n’est pas assurée.
La dernière représentante connue portant le nom de Bex fut Claudine, fille de Pierre. Elle épousa en 1565 Pétremand II de Rovéréa, seigneur de Saint-Triphon. Cette union, postérieure à la période médiévale, éclaire la continuité de la transmission des biens et du nom dans les familles alliées, alors que la lignée féodale des de Bex était éteinte.

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