Famille de Charrière
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Famille de Charrière
Origines vaudoises et établissement à Cossonay
La famille de Charrière est une famille noble vaudoise subsistante, originaire de Cossonay, dans le pays de Vaud. Sous la forme ancienne de Charrière, sans particule, elle est attestée au XVe siècle. Sa filiation est établie à partir de 1475, année où ses membres obtiennent la bourgeoisie de Cossonay. Cette implantation urbaine constitue le principal point d’ancrage de la lignée avant son ascension parmi les familles dirigeantes du pays de Vaud.
La famille ne doit pas être confondue avec plusieurs lignées homonymes, notamment une famille genevoise, une famille savoyarde et une famille du Chablais. Dans la première moitié du XVIe siècle, les Charrière sont qualifiés de nobles. Claude de Charrière exerce la fonction de cosyndic de Cossonay en 1510, témoignage ancien de la place prise par la famille dans les institutions locales.
Charges publiques et reconnaissance nobiliaire
Entre 1550 et 1798, cinq membres de la famille sont banderets et châtelains de Cossonay. Ces charges, qui associent responsabilités politiques, militaires et judiciaires, illustrent l’influence acquise par les Charrière dans leur cité d’origine. La famille obtient également le droit de juridiction en 1584, prérogative caractéristique des lignées seigneuriales.
La particule de apparaît au XVIIe siècle. La noblesse familiale est reconnue et enregistrée au parlement de Bourgogne, à Dijon, le 26 novembre 1676, puis reconnue et maintenue par Berne en 1714. Ces actes s’inscrivent dans la consolidation d’un statut déjà attesté par les fonctions exercées et par la possession de seigneuries. Plusieurs branches se développent au cours de l’époque moderne, dont une branche illégitime qui obtient la bourgeoisie de Bougy-Villars.
Seigneuries et branches
Les Charrière détiennent ou administrent plusieurs fiefs du pays de Vaud. Georges-François de Charrière, coseigneur de Penthaz et de Bournens et banneret de Cossonay, acquiert en 1585 une partie des coseigneuries de Mex. Les deux parts de cette seigneurie sont réunies en 1652. Mex demeure aux mains de la famille jusqu’à l’abolition des seigneuries en 1798. Claude-André de Charrière, fils de Georges-François, obtient la seigneurie de Penthaz en 1589, conservée par la famille jusqu’à la même date.
Les possessions attribuées à la famille comprennent également Alens, Boussens, Crausaz, Ittens, La Robellaz, Rovéréaz, Senarclens, Sullens et Sévery. Leur durée de détention varie selon les biens et les branches. Les châteaux de Mex, parfois distingués sous les appellations d’En-Haut et d’En-Bas, ainsi que leurs domaines, restent associés aux Charrière jusqu’en 1932, bien après la disparition de l’ordre seigneurial.
La branche des Charrière de Sévery se forme à la suite du mariage de Sébastien de Charrière (1639-1720) avec Élisabeth de Gruyère-Aigremont, héritière de Sévery. Leur fils Christophle est à l’origine de la branche des seigneurs de Senarclens. La branche aînée complète son nom avec celui de Sévery à partir de 1897, et cette lignée demeure subsistante.
Personnalités et continuité de la maison
La famille fournit, au-delà de ses fonctions à Cossonay, des représentants des conseils de Lausanne et du Grand Conseil vaudois, ainsi que des officiers au service de plusieurs puissances européennes. Henri de Charrière (1715-1792) sert la Sardaigne et participe aux guerres de Succession de Pologne et d’Autriche. Charles de Charrière (1819-1872), officier de l’armée russe, devient attaché militaire de l’ambassade russe en Suisse en 1862 et général-major en 1866.
La lignée compte aussi des pasteurs, des érudits, des négociants et des hommes de lettres. Isabelle de Charrière (1740-1805), protestante et femme de lettres, épouse en 1771 Charles-Emmanuel de Charrière, seigneur de Penthaz. Louis de Charrière (1795-1874), fait baron par le grand-duc de Hesse en 1823, est historien et participe à la fondation de la Société d’histoire de la Suisse romande. Son frère Frédéric de Charrière (1806-1849) est pasteur et historien.
Les armes attribuées à la famille sont d’or à la bande de gueules chargée de trois étoiles et d’un croissant, avec pour cimier un bras vêtu d’or tenant une épée d’argent. Une variante aux émaux différents est également signalée. Ces formes héraldiques doivent être distinguées des compositions écartelées résultant d’alliances matrimoniales.

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