Famille de Chexbres
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Famille de Chexbres
La famille de Chexbres est une ancienne famille de ministériaux du Pays de Vaud, attestée entre le XIIe et le XIIIe siècle. Son importance repose principalement sur la détention héréditaire de la mayorie, ou mairie, de Chexbres, dans la région de Lavaux. Les membres connus de cette lignée exercent des fonctions administratives et judiciaires pour le pouvoir seigneurial tout en possédant des biens fonciers et en entretenant des liens étroits avec l’abbaye d’Hauterive.
Premières attestations et lignage
Le premier membre connu est Pierre de Chexbres, qualifié de mayor, cité dans la première moitié du XIIe siècle, sous l’épiscopat de Guy de Maligny. Entre 1138 et 1143, il donne à l’abbaye d’Hauterive des biens qu’il tenait de Guillaume de Glâne. Cette donation témoigne de son insertion dans les réseaux féodaux et ecclésiastiques du Pays de Vaud.
Son successeur est Raymond, présenté comme son fils et considéré par certains historiens comme la véritable tige généalogique de la famille. Entre 1163 et 1177, Raymond remet à Hauterive dix poses de son alleu, puis lui abandonne encore un champ en 1180. Il a plusieurs enfants : Guillelmus, moine à Hauterive, ainsi que Pierre, Bouchard et Jacoma. L’entrée de deux membres de la famille dans la vie monastique, avec Guillelmus puis Jacobus, fils de Bouchard, suggère une certaine prospérité et une influence dépassant le seul cadre local.
La mayorie de Chexbres
Bouchard, ou Bourcard, succède à Raymond et exerce la mayorie de 1184 à 1232, sous l’épiscopat de Roger de Vico Pisano. Il porte le titre de chevalier en 1187 et en 1209, ce qui illustre la position intermédiaire de cette famille : les Chexbres appartiennent au groupe des ministériaux, mais certains de leurs membres adoptent des formes de distinction propres à la petite aristocratie régionale.
Les titres latins de maior et de villicus employés pour les membres de la famille sont rendus en français par « mayor », « major » ou « maire ». La mayorie correspond à une fonction d’administration et de représentation, probablement associée à la perception de revenus, à l’exercice de compétences judiciaires et à la gestion des intérêts seigneuriaux. Elle constitue le principal fondement de la continuité familiale.
Biens, alliances et implantation régionale
La famille possède des biens propres, notamment des terres qualifiées d’alleux, et intervient dans les affaires de l’abbaye d’Hauterive. En 1223, Bouchard renonce avec son fils Anselme à toutes leurs prétentions sur des biens de l’abbaye situés dans la paroisse de Saint-Saphorin. Anselme est encore vivant entre 1221 et 1248 ; un autre fils de Bouchard, Willermus, est également attesté.
L’étendue exacte de la mayorie de Chexbres demeure discutée. Certains auteurs distinguent trois mayories dans la paroisse de Saint-Saphorin, celles de Chexbres, de Saint-Saphorin et de Puidoux ; d’autres n’en retiennent que deux, la mayorie de Puidoux ou de Saint-Saphorin formant alors un ensemble distinct. Une autre interprétation considère que la mayorie de Chexbres s’étendait à toute la paroisse. La localisation de la résidence des mayors est elle aussi incertaine : le château de la Mottaz à Chexbres et le château de Glérolles ont tous deux été proposés.
Disparition de la lignée
La famille s’éteint au XIIIe siècle. La mayorie passe alors à Hugues de Palézieux, qui avait épousé Jacobette, fille du dernier mayor de Chexbres, Anselme. Cette transmission par alliance explique la continuité de l’office malgré la disparition de la lignée masculine ou de la famille en tant que groupe distinct.
Une tradition historiographique a voulu rattacher les mayors de Chexbres aux métraux de Chexbres, en faisant de ces derniers une branche cadette dont serait issue la famille de Crousaz. Cette parenté n’est toutefois pas établie par les documents conservés. La famille de Chexbres apparaît donc comme un lignage de ministériaux régionalement influent, situé entre le personnel administratif seigneurial et la petite aristocratie vaudoise.

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