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Famille de Crousaz

Origines et implantation à Chexbres

La famille de Crousaz est une famille noble vaudoise issue des métraux de Chexbres, dans le pays de Lavaux. Le premier métral de Chexbres connu est Bonfils, attesté entre 1137 et 1155. La métralie, fonction liée à l’exercice de l’autorité seigneuriale et judiciaire, fut ensuite achetée par l’évêque de Lausanne. Dans ce contexte, une branche de la famille prit le nom de Crousaz, tandis qu’une autre fut désignée sous celui de la Paleyre.

La famille possédait à Chexbres un manoir familial ainsi qu’une chapelle dans l’église de Saint-Saphorin. Cette implantation constitue le principal point d’ancrage connu de la lignée et explique son insertion durable dans les structures administratives et seigneuriales du pays de Vaud.

Les métraux et les mayors de Chexbres

Des historiens vaudois ont proposé de rattacher les mayors et les métraux de Chexbres à une même famille. Selon cette interprétation, les mayors auraient représenté la branche aînée, tandis que les métraux, dont seraient issus les de Crousaz, auraient formé la branche cadette. Cette relation généalogique est rapportée par la tradition historique concernant Chexbres, mais elle doit être distinguée des filiations directement établies par les actes conservés.

Quoi qu’il en soit, l’origine métrale de la famille rend compte de sa présence précoce dans l’entourage de l’évêque de Lausanne. Elle fournit également le cadre social dans lequel plusieurs de ses membres accédèrent ensuite à des fonctions judiciaires, militaires et administratives.

Offices et possessions au Moyen Âge

Les de Crousaz exercèrent de nombreux offices dans le bailliage de Lausanne et furent associés à plusieurs seigneuries. David de Crousaz est mentionné comme seigneur de Mézery. La famille détenait également un fief à Chavannes, possession attestée à une époque postérieure mais révélatrice de la continuité de son implantation foncière dans le pays de Vaud.

La fonction la mieux documentée est celle de châtelain de Glérolles. Elle fut exercée au service de l’évêque de Lausanne, puis dans le cadre de l’administration bernoise. Jaques de Crousaz est attesté comme châtelain en 1434 et en 1468. Georges occupa cette charge de 1499 à 1528, tandis que Pierre est mentionné en 1537. La présence de Jaques avant 1492 témoigne de l’intégration de la famille dans l’administration épiscopale à la fin du Moyen Âge.

Cette continuité des offices après la conquête bernoise du pays de Vaud montre que la famille sut conserver une place dans les institutions locales malgré le changement de souveraineté. Les titulaires connus de la charge de châtelain se succédèrent encore aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles.

Branches et continuité de la lignée

Plusieurs branches sont issues de la famille de Crousaz, dont une branche française. Parmi les membres connus figurent Henri de Crousaz, gouverneur de Vevey, et Isbrand de Crousaz, lieutenant baillival de Lausanne. Ces fonctions prolongent, au-delà de la période médiévale, la participation de la maison à l’administration politique et judiciaire du pays de Vaud.

La branche française fut fondée par Jean-Philippe de Crousaz (1717-1783), dit baron de Crousaz, conseiller aulique du roi de Pologne. Son descendant Henri Frédéric Louis de Crousaz-Crétet (1773-1861) fut officier, baron d’Empire, puis contrôleur général et caissier principal de la Banque de France. Ces personnages sont postérieurs au Moyen Âge et ne doivent pas être confondus avec les membres médiévaux de la lignée ; ils illustrent toutefois l’extension ultérieure de la famille et la persistance de son identification nobiliaire.

Les armes attribuées à la famille sont décrites sous deux formes : « de gueules à la colombe d’argent » ou « d’azur à la colombe d’argent ». La coexistence de ces deux variantes est attestée dans la tradition héraldique de la maison.

Auteur/autrice

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