Famille de Duin
- 841 words
Famille de Duin
Nom et origine
La famille de Duin, également connue sous les formes Duyn, Duing ou plus rarement Duingt, appartient à l’ancienne noblesse chevaleresque du Genevois. Elle tire son nom de la seigneurie de Duin, correspondant principalement à l’actuelle commune de Duingt, sur les rives du lac d’Annecy, alors placé dans l’aire politique du comté de Genève. Les premiers personnages identifiés portant ce nom apparaissent dans les actes du XIIe siècle, même si l’ancienneté de la seigneurie laisse envisager une implantation antérieure.
L’origine exacte de la lignée demeure discutée. Une hypothèse en fait une branche cadette des Ternier, désignée sous la forme « Ternier dits Duin », mais cette filiation n’est pas établie avec certitude. Les actes médiévaux emploient d’ailleurs des formes variables du nom, ce qui complique la reconstitution généalogique. Il convient notamment de distinguer les Duin proprement dits des lignées de Conflans qui adoptèrent temporairement ou durablement le surnom de Duin.
La seigneurie de Duin et le comté de Genève
Les Duin contrôlaient deux forteresses dans la paroisse de Duingt : le château de Duin, établi sur une hauteur dominant le lac, et Châteauvieux, construit sur une presqu’île et probablement centre originel de la seigneurie. Leur position permettait de surveiller une voie de circulation entre Genève, Annecy et la Tarentaise, ainsi que la navigation sur la partie méridionale du lac d’Annecy, parfois appelée « lac de Duin » dans les documents médiévaux.
Le domaine s’étendait de la Provenche, près de Saint-Jorioz, jusqu’à Beauvivier et son port, dans la région de Doussard, en comprenant notamment les territoires de Ruange, Chevaline et Lathuile. Les seigneurs de Duin possédaient ainsi des droits fonciers, judiciaires et probablement seigneuriaux sur une partie importante des rives du Petit Lac. Ils entretinrent des relations étroites avec les établissements religieux voisins, en particulier les abbayes de Talloires et de Tamié. Un acte daté de 1231-1233 mentionne notamment une donation de terres, de bois et de droits de pêche à Tamié.
Aux XIIe et XIIIe siècles, plusieurs membres de la famille apparaissent comme témoins, cautions ou fidèles des comtes de Genève. Aimon de Duin est attesté en 1198. Raymond de Duin intervient en 1219 lors du règlement d’un conflit opposant le comte de Genève à l’évêque du diocèse, tandis que Raymond, Pierre et Jacques de Duin figurent parmi les témoins d’un traité conclu en 1225 avec la maison de Faucigny.
Branches, fiefs et service princier
La famille s’étend au XIIIe siècle au-delà du Genevois. Richard de Duin est seigneur de Vufflens dans le Pays de Vaud ; ses droits sont affectés par la fondation de Morges et donnent lieu à un procès. D’autres membres possèdent ou administrent des biens à Vuillerens, Noville, Champvent et Bex. En 1324, Guillaume de Duin rend hommage pour la châtellenie de Grasbourg, sous administration savoyarde. Un Bertrand de Duin exerce encore la fonction de bailli de Vaud vers 1455-1456.
Une branche est associée à la famille de Conflans. En 1230, Raymond de Duin épouse Anne de Conflans, héritière de la branche aînée ; leurs descendants portent ensuite le nom de Conflans jusqu’au milieu du XIVe siècle. Rodolphe de Conflans, dit de Duin, reconnaît en 1288 tenir des biens du comte de Genève. En 1296, il cède à ce dernier une partie de la seigneurie et le château de Duin, tout en conservant Châteauvieux. Guillaume de Duin-Conflans devient évêque de Genève de 1287 à 1294 ou 1295.
Les alliances étendent également la famille vers la Tarentaise et la Savoie. Par son mariage avec Marguerite de Beaufort, François de Duin devient coseigneur de la Val d’Isère ; ses descendants portent le titre de vicomtes de Tarentaise. Les Duin possèdent aussi des droits à Combe-Fort, Ribaud, Évieu et Outrechaise. Leur insertion dans les réseaux savoyards se manifeste par des fonctions de bailli, de châtelain et de conseiller princier.
Disparition de la branche principale
À la fin du Moyen Âge, la branche principale conserve notamment Châteauvieux, la Bâtie de Saint-Eustache et des droits en Val d’Isère. Robert de Duin transmet ces biens à ses descendants ; son petit-fils Janus devient écuyer du duc de Savoie en 1490, puis grand-écuyer en 1504. Cette carrière appartient toutefois à la période charnière qui suit 1492.
La continuité familiale s’effectue ensuite par des héritages et des mariages. Urbaine de Duin, épouse de Jean Mareschal de Saint-Michel de Maurienne, est à l’origine de la branche des Mareschal Duyn de la Val d’Isère, qui recueille une partie des titres de la maison. D’autres biens passent aux familles de La Forest, de Rovorée ou de Thorens. La branche aînée s’éteint finalement au XVIe siècle, mais son patrimoine et certains de ses titres se prolongent dans ces lignées alliées.

Auteur/autrice
root@sd-146999.dedibox.fr
