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Famille de Gruyère-Aigremont

Origine et formation de la lignée

La famille de Gruyère-Aigremont constitue une tige de la maison comtale de Gruyère. Elle se forme à la fin du Moyen Âge autour d’Antoine de Gruyère-Aigremont, fils naturel du comte Antoine de Gruyère. Les membres de cette lignée sont attestés du XVe au XVIIe siècle, principalement dans les régions de Fribourg et du pays de Vaud.

La désignation « de Gruyère-Aigremont » associe le nom de la maison d’origine au principal établissement reçu par son fondateur. Elle ne doit pas être confondue avec d’autres familles portant le nom ou le surnom d’Aigremont, notamment en Lorraine et en Champagne : aucun lien n’est établi entre ces lignées et la branche issue de la maison de Gruyère.

Antoine de Gruyère-Aigremont et ses possessions

Antoine de Gruyère-Aigremont est attesté entre 1462 et 1502. Son père lui donne la seigneurie d’Aigremont, ainsi que la coseigneurie de Prez, située dans le val de Charmey. Il possède également une maison à Fribourg, dont il devient bourgeois. Son frère Jean, sire de Montsalvens, lui concède en outre le fief de la vidamie de Vuadens et de Vaulruz.

Cette implantation témoigne de la position sociale de la branche, qui conserve des attaches avec la maison comtale tout en développant ses propres droits seigneuriaux et urbains. Antoine exerce notamment la charge de châtelain de Corbières en 1473. La seigneurie d’Aigremont est vendue par lui à Berne en 1501, mais il continue à porter le nom qui en rappelle l’origine. Après cette cession, il se retire à Mauborget.

Antoine contracte deux mariages. Sa première épouse est Jehanne du Salixeit, ou Saliceto, issue d’une famille lombarde établie à Fribourg. Il épouse ensuite Catherine, dont le nom de famille est donné comme Ruffieux.

La branche vaudoise aux XVIe et XVIIe siècles

La présence de la famille dans les fonctions territoriales se poursuit au début du XVIe siècle : Guillaume de Gruyère-Aigremont est châtelain de Corbières en 1522. Au cours du siècle, la lignée se rattache plus étroitement au pays de Vaud. François de Gruyère-Aigremont, mort en 1563, est qualifié de donzel de Cossonay et adopte la confession protestante.

Son fils Jean-François, né de son second mariage avec Claudaz Chalon et mort avant 1612, reçoit de son oncle maternel la terre et seigneurie de Sévery ainsi que la coseigneurie de Saint-Saphorin. Il exerce ensuite la charge de châtelain de Cossonay pour Berne. À sa mort, ses biens passent à ses fils Pierre, mort en 1633, et Nicolas.

Extinction de la lignée et mémoire héraldique

Isaac, fils de Pierre, se marie à trois reprises, mais ne laisse qu’une fille, Élisabeth. Celle-ci porte le titre de dame de Sévery et meurt en 1672, à l’âge de vingt-trois ans. Elle est considérée comme la dernière de la lignée de Gruyère-Aigremont. Ses biens passent à son fils Henri, né de son union avec le noble Sébastien Charrière.

La transmission des possessions par la descendance féminine marque ainsi la fin de la continuité patronymique de cette branche, sans faire disparaître immédiatement les biens qui lui étaient associés. Pour la période médiévale et la première époque moderne, l’histoire de la famille repose surtout sur les attestations d’Antoine, de ses descendants et des charges qu’ils exercèrent dans les territoires de Gruyère, de Fribourg et du pays de Vaud.

Les armes propres de la famille de Gruyère-Aigremont ne sont pas connues. Aucun blason particulier ne peut donc être attribué avec certitude à cette tige sans confondre ses usages héraldiques avec ceux de la maison de Gruyère ou d’autres familles portant le nom d’Aigremont.

Auteur/autrice

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