Famille de La Sarraz
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Famille de La Sarraz
Origines et implantation en pays de Vaud
La famille de La Sarraz, également désignée sous la forme La Sarra, appartient à la haute noblesse du pays de Vaud. Elle est issue de la branche aînée de la maison de Grandson, qui possédait la seigneurie de La Sarraz depuis le XIe siècle. Le fief, situé dans l’actuel canton de Vaud, commandait un passage entre le plateau suisse et les routes conduisant vers les Alpes. Cette position expliquait son importance stratégique dans une région disputée entre les pouvoirs bourguignons, savoyards, bernois et impériaux.
La séparation dynastique intervient en 1234, à la suite du partage entre les fils d’Ebal IV de Grandson. Girard, son fils aîné, reçoit La Sarraz et devient l’ancêtre de la branche Grandson-La Sarraz. Ses frères établissent les branches de Grandson et de Champvent. Girard est attesté comme seigneur de La Sarraz dès 1222 et meurt entre 1233 et 1234. Sa veuve, Antoinette, agit ensuite avec le consentement de leurs enfants, Aymon, Guillaume et Jordane, notamment en faveur de l’abbaye du Lac de Joux, liée à la puissance régionale des Grandson.
La seigneurie et la succession d’Henriette
Aymon Ier de La Sarraz, fils de Girard, meurt avant 1269 en ne laissant que des filles. Son action se rattache à la consolidation de la seigneurie : il affirme certains droits sur la vallée du Lac de Joux, accorde des franchises à la ville et contribue à ses fortifications. L’héritière principale, Henriette, est dame de La Sarraz, de Grandson et d’Orny.
Le mariage d’Henriette avec Humbert de Montferrand transforme la succession de la maison. À partir de 1269, Humbert et ses descendants adoptent le nom et les armes de La Sarraz, donnant naissance à la lignée dite de Montferrand-La Sarraz. Cette transmission illustre le rôle des héritières dans la continuité des grandes seigneuries vaudoises : le patrimoine, le titre et l’identité dynastique sont conservés, bien que la ligne masculine issue des Grandson ait disparu.
Parmi les successeurs figurent Jean de Montferrand-La Sarraz, puis Aymon, également bailli de Vaud. Aymon participe à la rénovation de l’abbaye du Lac de Joux et fait reconstruire en pierre l’église de Marie-Madeleine. Son fils François Ier, chevalier, seigneur de La Sarraz et de Montreux, exerce des fonctions au service de la maison de Savoie, notamment comme bailli du Chablais et de Vaud. En 1344, il cède la vallée du Lac de Joux, Mont-la-Ville et le péage de Ballaigues à Louis II de Vaud.
Les derniers seigneurs médiévaux
Après François Ier, la seigneurie passe à ses fils Aymon puis François II. Ce dernier est à l’origine d’un monument funéraire installé dans la chapelle castrale de La Sarraz, dont la description ancienne évoque plusieurs statues et un cénotaphe figurant un cadavre soumis à une représentation macabre. Son fils Nicolas Ier porte les titres de seigneur de La Sarraz, de Bossonnens, de La Motte, de Vaugrenant et de Cheseaux.
La génération suivante est représentée par Guillaume, baron de La Sarraz, puis par Nicolas II, attesté comme baron et chevalier jusqu’à sa mort en 1489 ou 1490. Nicolas II laisse notamment Bartholomé II, dernier baron de la lignée directe. Mort en 1505 sans postérité, celui-ci voit la succession passer à son neveu Michel Mangerod, seigneur de Myon. La branche de La Sarraz s’éteint ainsi dans les mâles au début du XVIe siècle, après avoir conservé pendant plusieurs générations une place importante dans l’aristocratie vaudoise.
Nom, armes et continuités dynastiques
Les armes attribuées aux La Sarraz sont généralement décrites comme un palé d’argent et d’azur au chef chargé de trois étoiles d’or. Des variantes anciennes ou postérieures sont toutefois attestées : certaines descriptions remplacent les étoiles par des molettes et donnent au chef une couleur différente. Un acte de 1251 associe encore Aymon de La Sarra au lion dit de Grandson, ce qui rappelle l’origine dynastique de la famille et l’évolution progressive de son identité héraldique.
Le nom et les armes de La Sarraz furent ensuite relevés par les familles de Montferrand, de Mangerod et de Gingins. Une branche issue des Mont-le-Grand-La Sarraz donna notamment les Gingins-La Sarraz à partir de 1542. Cette continuité, postérieure à la période médiévale, ne doit pas être confondue avec la filiation directe des seigneurs de La Sarraz : elle relève d’une transmission successorale et nominale destinée à maintenir la mémoire et les droits attachés à l’ancienne maison.

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