Famille Mayor de Lutry
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Famille Mayor de Lutry
Origines et statut
La famille Mayor de Lutry, également désignée dans les sources sous le nom de de Lutry, appartient aux lignages établis dans le pays de Vaud autour de l’évêché de Lausanne. Elle est liée au service de l’évêque, dont elle tient l’office de mayorie de Lutry. Dans le contexte institutionnel médiéval, le mayor exerce des fonctions d’administration et de justice qui le rapprochent de celles d’un châtelain.
La famille est attestée à partir de la seconde moitié du XIIe siècle. Un Petrus est cité en 1160, puis Anselme en 1174. Ces mentions anciennes établissent l’enracinement du lignage dans l’espace de Lutry et dans l’entourage de la principauté épiscopale lausannoise. Les Mayor de Lutry doivent ainsi être compris comme des ministériaux de l’évêque : leur position repose à la fois sur le service princier, la détention d’un office et la possession de biens locaux.
La mayorie de Lutry et la branche aînée
La mayorie constitue le principal fondement de l’importance politique de la branche aînée. Elle associe une fonction publique à une implantation durable dans le bourg de Lutry, où la famille possède également des biens. Cette charge contribue à l’identification du lignage avec le lieu, au point que le nom de Lutry devient l’une de ses principales désignations.
À la fin du Moyen Âge, la situation de la mayorie évolue. Elle est vendue à l’évêque en 1487, puis fait l’objet d’une reprise. Cette opération témoigne des transformations qui affectent les offices et les droits seigneuriaux dans le pays de Vaud. La branche aînée disparaît finalement à la fin du XVIe siècle : Claude de Lutry, dernier descendant mâle, meurt en 1597 sans postérité. La mayorie est alors remplacée par deux châtellenies, celles de Lutry et de Villette.
Branches et possessions au Moyen Âge
Le lignage se divise en plusieurs rameaux dont l’histoire ne se confond pas avec celle de la branche principale. Une branche possède des fiefs à Avenches et acquiert la coseigneurie d’Oleyres au cours du XVe siècle. Cette possession est toutefois revendue en 1574. Un autre rameau détient la seigneurie de Mézery, aujourd’hui Mézery-près-Donneloye, près de Molondin, pendant les XVe et XVIe siècles.
Un rameau établi dans l’espace fribourgeois possède des fiefs à Orsonnens ainsi que la coseigneurie de Pont-en-Ogoz, dans le bailliage de Pont-Farvagny. Il s’établit ensuite à Morges. Guillaume de Lutry, dit Mayor, seigneur de Pont-en-Ogoz, y obtient la bourgeoisie en 1547. Cette branche illustre la dispersion progressive des intérêts familiaux entre les terres de l’évêché de Lausanne, le pays de Vaud et les territoires fribourgeois.
Noms, armoiries et continuité
Le rameau fribourgeois est connu au XVIe siècle sous le nom de Mayor d’Orsonnens. Il prend plus tard le nom de Mayor de Montricher après l’acquisition de la baronnie de Montricher en 1779. Cette évolution est postérieure à la période médiévale, mais elle explique la continuité d’une branche issue du même ensemble familial et demeurée subsistante.
Les armoiries attribuées aux Mayor de Lutry sont décrites d’azur au lion de gueules, couronné d’or, accompagné d’un lambel d’or, les sources héraldiques n’étant pas uniformes quant au nombre de pendants. Les Mayor de Montricher portent également des armes distinctes, attestées sous plusieurs formes, notamment une marque d’argent sur champ de gueules et, en 1700, une composition d’azur à la bande d’or chargée de trois roses de gueules. Ces variations doivent être rapportées à l’histoire propre des rameaux et des périodes, plutôt qu’à une représentation unique et immuable de toute la famille.

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