Maison de Neuchâtel-Nidau
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Maison de Neuchâtel-Nidau
Origine et formation de la lignée
La maison de Neuchâtel-Nidau, également appelée maison de Nidau, est une lignée comtale issue de la maison de Neuchâtel. Elle se forme dans le cadre du démembrement progressif des possessions détenues par les Neuchâtel dans la région comprise entre le Jura, l’Aar et le lac de Bienne.
Son origine territoriale est associée au comté de Fenis, dont le centre se trouvait à Fenis, l’actuel Vinelz, près de Cerlier. Dès les premiers temps de ce comté, les terres de Nidau et de Strassberg, près de Büren an der Aare, semblent avoir appartenu au domaine d’Ulrich Ier de Neuchâtel, considéré comme le premier membre de la maison de Fenis. Le comté fut d’abord transmis dans son ensemble à Mangold Ier de Neuchâtel, qui en répartit ensuite les principales possessions entre ses fils : les terres de Nidau revinrent à Mangold II, tandis que Neuchâtel fut attribué à Rodolphe Ier.
Une nouvelle division intervint après la mort de Rodolphe II de Neuchâtel en 1196. Son frère Ulrich III reçut les possessions situées en Suisse alémanique, tandis que son fils Berthold Ier conserva les domaines de Suisse romande. Ulrich III est ainsi à l’origine de la lignée des Neuchâtel-Nidau. Celle-ci établit son principal centre de pouvoir à Nidau et conserva également des droits sur Fenis et Cerlier.
Territoires et fonctions politiques
Les comtes de Nidau exercèrent leur autorité sur un ensemble de terres situées autour du lac de Bienne, de l’Aar et du Jura. Leurs possessions comprenaient notamment Nidau, Fenis, Cerlier et, selon les périodes, des droits ou seigneuries dans les régions de la montagne de Diesse, de Saint-Jean, de Strassberg et de Frobourg.
La disparition de Berthold V de Zähringen en 1218 entraîna une réorganisation des pouvoirs dans l’espace bourguignon. Le comté de Bargen et d’autres structures territoriales anciennes laissèrent place aux landgraviats de Bourgogne et de Bourgogne de l’Aar. Ce dernier couvrait la rive gauche de l’Aar jusqu’au Jura. À partir de 1276, les comtes de Neuchâtel-Nidau en exercèrent la fonction dirigeante, qu’ils conservèrent jusqu’à l’extinction de leur lignée en 1375. Cette charge renforça leur rôle dans le maintien de l’ordre et la défense des biens relevant de l’Empire.
Les comtes intervinrent également dans l’organisation urbaine de leurs domaines. Rodolphe II accorda des franchises à la ville de Nidau en 1261, puis à Cerlier entre 1264 et 1266. Ces concessions témoignent de la consolidation de leur autorité comtale et du développement des centres urbains placés sous leur domination.
Les comtes de Nidau
Rodolphe Ier de Neuchâtel-Nidau, mort entre 1257 et 1261, est le premier représentant clairement identifié de la lignée issue d’Ulrich III. Il porta les titres de comte de Nidau et de seigneur de Fenis et de Cerlier. Il détenait aussi la garde ou la « commande » de l’abbaye de l’île de Saint-Jean ainsi que des droits sur la montagne de Diesse. Marié d’abord à Bertha de Granges, puis à Richenza, il eut de sa seconde union Rodolphe II et Richenza.
Rodolphe II, mort en 1308 ou 1309, poursuivit l’affirmation territoriale de la maison. Il épousa Gertrude, fille de Berthold II de Neuchâtel-Strassberg. Son fils Rodolphe III lui succéda, tandis que son autre fils Hartmann fut prévôt de Soleure et de Bâle. Hartmann eut également un fils illégitime, Conrad.
Rodolphe III, mort le 21 juin 1339, fut comte de Nidau et seigneur de Fenis et de Cerlier. Ses trois mariages l’insérèrent dans plusieurs réseaux de la haute noblesse régionale, notamment auprès des branches de Neuchâtel, de Neuchâtel-Bourgogne et des Habsbourg-Laufenburg. Il eut pour héritier Rodolphe IV et compta aussi parmi ses enfants Jacques, co-seigneur de Nidau, ainsi que Varenne et Anne, mariées respectivement dans les maisons de Tierstein et de Kibourg.
Dernier comte et extinction
Rodolphe IV de Neuchâtel-Nidau, mort le 8 décembre 1375, fut le dernier comte de la lignée. Il porta les titres de comte de Nidau, seigneur de Fenis et de Cerlier, seigneur de Frobourg, bailli de Thurgovie et d’Argovie, ainsi que gardien de l’abbaye de l’île de Saint-Jean. En 1338, il prit le commandement d’une coalition dirigée contre Berne à la demande de l’empereur. Il ratifia en 1350 un traité d’alliance avec Bienne.
En 1365, la mort sans héritier du dernier comte de Frobourg permit le retour de Frobourg dans la sphère de possession des comtes de Nidau. Rodolphe IV, qui n’eut pas d’enfant de son mariage avec Isabelle, fille de Louis Ier de Neuchâtel, désigna comme héritier son neveu Rodolphe de Kibourg. Sa mort en 1375 marqua l’extinction de la maison de Neuchâtel-Nidau en ligne masculine directe et la transmission de ses droits à d’autres lignées princières et comtales.

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