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Famille de Palézieux

Origines et émergence

La famille de Palézieux est une lignée noble du Pays de Vaud, liée à la Haute-Broye et au village de Palézieux. Elle apparaît dans la documentation au XIIe siècle. Le premier membre connu est Garnier de Palézieux, cité en 1154 ou 1155. Les chevaliers de Palézieux figurent alors dans l’entourage des seigneurs de Rue, aux côtés d’autres lignages aristocratiques de la région.

Les premiers témoignages montrent une famille de rang chevaleresque, mais dont la puissance politique demeure d’abord limitée. Ses membres s’insèrent progressivement dans des réseaux de dépendance à l’égard de pouvoirs territoriaux plus importants. Cette intégration n’empêche pas leur ascension au XIIIe siècle, favorisée par l’affaiblissement de certaines familles de la haute aristocratie locale et par l’accès de plusieurs Palézieux à des fonctions administratives et militaires.

Guarnier de Palézieux est qualifié de miles en 1186, tandis que Guillaume de Palézieux porte le titre de dominus en 1234. Ces mentions témoignent de la consolidation du statut social de la lignée au cours des XIIe et XIIIe siècles.

La seigneurie de Palézieux

La seigneurie de Palézieux relevait à l’origine de l’évêché de Lausanne. Les circonstances précises de son passage sous le contrôle des seigneurs qui en prirent le nom ne sont pas entièrement assurées. Une tradition rapporte que le comte de Genève, chargé de la protection de terres épiscopales, se serait approprié Palézieux avant de l’inféoder à la famille. Cette interprétation est attestée dans l’historiographie, mais les modalités exactes de l’opération et l’identité du comte concerné ne sont pas établies avec une précision suffisante.

La seigneurie comprenait notamment Ecoteaux et une partie de Maracon. Les Palézieux détenaient aussi des biens à Essertes, dont une portion fut donnée à l’abbaye cistercienne de Haut-Crêt. La maîtrise de cet ensemble territorial fut toutefois de durée limitée : les héritiers d’Hugues de Palézieux vendirent la seigneurie à la famille de Billens en 1302.

Implantation dans le Lavaux et fonctions seigneuriales

La famille étendit ses intérêts vers le Lavaux et le Jorat. Hugues de Palézieux épousa Jacobette, héritière des mayors de Chexbres, faisant entrer cette mayorie dans le patrimoine familial. Les sources ne décrivent pas toutes de la même manière l’étendue de cette fonction. La mayorie de Chexbres est parfois présentée comme s’étendant à l’ensemble de la paroisse de Saint-Saphorin, tandis qu’une autre tradition distingue une mayorie de Puidoux ou de Saint-Saphorin.

Dans ce cadre, Hugues est associé à la possession ou à l’inféodation du château de Glérolles et de droits seigneuriaux dans la région. La date et la nature exactes de cette acquisition divergent selon les récits : elle est attribuée soit au mariage avec l’héritière de Chexbres, soit à une inféodation épiscopale de 1271. Le château et la mayorie de Saint-Saphorin furent hypothéqués à l’évêque de Lausanne en 1290, puis le château de Glérolles lui fut vendu en 1303.

Les Palézieux détenaient également l’avouerie du prieuré bénédictin de Lutry. En 1299, Louis de Savoie, seigneur de Vaud, acquit la succession de Pierre de Palézieux, ce qui illustre la fragilité des patrimoines seigneuriaux face aux puissances princières en expansion.

Hugues de Palézieux et les possessions savoyardes

Hugues de Palézieux, fils de Guillaume, est la figure la mieux connue de la famille au XIIIe siècle. Seigneur de Palézieux, mayor de Chexbres et bailli de Vaud, il exerça à la fois des responsabilités locales et des fonctions au service de la maison de Savoie.

En 1268, le comte de Savoie lui attribua la châtellenie de La Tour-de-Peilz. Peu après, Hugues l’échangea contre la châtellenie de Cudrefin avec le successeur du comte. Cette transaction paraît avoir été défavorable au seigneur de Palézieux, et ses héritiers revendirent Cudrefin en 1285. L’épisode montre néanmoins la place de Hugues dans les rapports administratifs et féodaux qui structuraient alors le Pays de Vaud.

Descendance, armoiries et continuités discutées

Wilhelme II de Palézieux, fils aîné de Hugues, était marié à une femme nommée Agnès et mourut avant 1294. Après cette génération, le patrimoine familial se dispersa progressivement, notamment avec la vente de la seigneurie de Palézieux en 1302.

Les armes attribuées à la famille sont : coupé d’or au lion issant de gueules, et de sable. Une continuité en ligne masculine avec la famille bourgeoise de Palézieux dite Falconnet, établie à Vevey à partir du XIVe siècle, a été avancée. Cette filiation demeure toutefois contestée et ne peut être tenue pour démontrée.

Auteur/autrice

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