Āʾīnah-i Iskandarī
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Āʾīnah-i Iskandarī
Identification
Āʾīnah-i Iskandarī (« Le Miroir d’Alexandre ») est un poème persan en vers, généralement attribué au poète indo-persan Amīr Khusraw Dihlavī (1253-1325). Le titre apparaît aussi sous les formes Āīnah-i Iskandarī, Āyyina-i Iskandarî et Āʾīnah-i Iskandarī. La forme persane repose sur āʾīnah, « miroir », et Iskandarī, « d’Alexandre ».
Nature et contexte
L’œuvre appartient au genre du mathnawī, long poème narratif à rimes suivies, et s’inscrit dans la tradition des récits persans consacrés à Iskandar, nom persan d’Alexandre le Grand. Elle est habituellement considérée comme l’un des cinq poèmes réunis sous le nom de Khamsa (« Quintette ») d’Amīr Khusraw, ensemble conçu dans le prolongement de la tradition inaugurée par Niẓāmī de Ganja.
Comme les autres œuvres alexandrines de la littérature persane médiévale, le poème ne relève pas seulement de l’histoire ancienne. La figure d’Alexandre y est traitée dans un cadre moral, politique et merveilleux, où le conquérant peut également apparaître comme un souverain en quête de sagesse. Le titre de « miroir » renvoie à la fonction exemplaire du récit : l’histoire d’Alexandre offre au prince et au lecteur un instrument de réflexion sur le gouvernement, la connaissance et la fragilité du pouvoir.
Auteur, langue et datation
L’attribution à Amīr Khusraw Dihlavī est solidement établie dans la tradition bibliographique et littéraire. Né vers 1253 et mort en 1325, celui-ci fut l’un des principaux poètes de langue persane de l’Inde médiévale, actif dans le contexte des cours du sultanat de Delhi. La langue de l’œuvre est le persan.
La date précise de composition n’est pas indiquée dans les données disponibles. L’œuvre est toutefois généralement placée à la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe, dans la période de formation de la Khamsa de Khusraw. Elle doit être distinguée des autres récits persans d’Alexandre, notamment de l’Iskandarnāma de Niẓāmī, même si elle appartient au même horizon littéraire et thématique.
Portée
Āʾīnah-i Iskandarī témoigne de l’appropriation, par la poésie persane de l’Inde, d’un personnage issu de l’histoire et de la légende gréco-orientales. Son inscription dans la Khamsa de Khusraw lui confère une place importante dans l’histoire du mathnawī persan et dans la constitution d’un répertoire narratif princier, moral et cosmographique.

Auteur/autrice
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