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Abraham bar Ḥiyya ha-Bargeloní

Identité et chronologie

Abraham bar Ḥiyya, également connu sous les formes Abraham bar Hiyya Savasorda et Abraham Hispanus filius Haijae, est un savant juif de la péninsule Ibérique, actif au début du XIIe siècle. Son surnom hébreu ha-Bargeloní le rattache à Barcelone, tandis que ha-Naśiʾ (« le Prince ») apparaît dans plusieurs de ses désignations. Les dates de naissance et de mort traditionnellement proposées, vers 1065 et vers 1136, restent approximatives.

Domaines de savoir

Abraham bar Ḥiyya appartient au mouvement de transmission en hébreu des savoirs mathématiques, astronomiques et philosophiques élaborés en arabe. Il a contribué à faire connaître, dans les milieux juifs de langue hébraïque, des notions relatives à la géométrie, à l’astronomie et au calcul. Son œuvre témoigne de la circulation des connaissances entre les cultures arabe, juive et latine dans la péninsule Ibérique médiévale.

Il est notamment associé à des traités consacrés à la mesure et à la géométrie, ainsi qu’à des ouvrages d’astronomie et de philosophie religieuse. Parmi les écrits qui lui sont attribués figurent le Ḥibbur ha-meshiḥah ve-ha-tishboret, consacré à la mesure et au calcul, le Yesode ha-tevunah u-migdal ha-emunah, de caractère philosophique et cosmologique, et le Hegyon ha-nefesh, portant sur l’âme et la vie morale. La Megillat ha-megalleh expose quant à elle une vision historique et eschatologique liée au calcul des temps.

Œuvre et réception

Abraham bar Ḥiyya rédige principalement en hébreu, à une époque où cette langue devient un instrument important pour l’expression de connaissances scientifiques et philosophiques destinées aux communautés juives. Son activité est souvent rapprochée de celle de traducteurs et de savants qui ont assuré le passage de textes arabes vers l’hébreu, puis parfois vers le latin. Il a ainsi joué un rôle notable dans l’histoire intellectuelle du judaïsme médiéval et dans la transmission des sciences au sein de l’Occident méditerranéen.

Son surnom latinisé ou arabisant, Savasorda, est attesté dans la tradition manuscrite et bibliographique, mais son interprétation exacte et les contours précis de sa fonction restent discutés. L’identification avec les différentes formes hébraïques et latines réunies dans cette notice est toutefois généralement admise.

Auteur/autrice

root@sd-146999.dedibox.fr