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Anjou (France)

Identification et localisation

L’Anjou est un territoire historique de l’ouest de la France médiévale, organisé autour d’Angers et de la basse vallée de la Loire. Son extension ne correspond pas à des limites fixes durant toute la période : elle varie selon les possessions des comtes, puis des ducs d’Anjou, et selon les rattachements politiques successifs. Le territoire se situe entre le Maine au nord, la Touraine à l’est, le Poitou au sud et la Bretagne ainsi que le pays nantais à l’ouest. Angers en constitue le principal centre politique et administratif.

L’Anjou médiéval ne doit pas être assimilé sans précaution à une circonscription contemporaine. Il prolonge en partie l’ancienne civitas des Andécaves, mais le comté constitué au Moyen Âge ne recouvre pas nécessairement l’ensemble de cette ancienne entité. Les formes Andecavensis et Andegawenia renvoient à l’origine antique ou latine du nom, tandis que les formes romanes et modernes comprennent notamment Anjou, Anjau et Anjev. Anchú, Angiò, Anjou (provincia) et Anjou (provincie) correspondent à des formes linguistiques ou descriptives extérieures au français médiéval.

Nature et statut médiéval

Au Moyen Âge, l’Anjou est principalement un comté, dont le titulaire exerce des droits territoriaux, judiciaires et militaires autour d’Angers. La formation et la consolidation de cette principauté s’inscrivent dans la recomposition des pouvoirs francs et féodaux entre la fin de l’époque carolingienne et le XIe siècle. La famille issue d’Ingelger contribue à établir durablement l’autorité comtale, puis les comtes d’Anjou renforcent leur contrôle sur les seigneuries et les forteresses du territoire.

À partir du XIe siècle, les comtes angevins développent une principauté importante dans l’ouest du royaume. Foulque Nerra, comte d’Anjou de 987 à 1040, est particulièrement associé à cette consolidation, notamment par l’affirmation du pouvoir comtal et la construction ou le renforcement de nombreux ouvrages fortifiés. L’Anjou demeure toutefois un espace de pouvoirs seigneuriaux et ecclésiastiques imbriqués, et non un territoire administrativement uniforme au sens moderne.

Dynasties et rattachements

Au XIIe siècle, l’Anjou passe dans l’ensemble territorial des Plantagenêts. Henri II, comte d’Anjou devenu roi d’Angleterre, réunit sous son autorité des possessions étendues en France et dans les îles Britanniques. L’Anjou relève alors d’une construction politique souvent désignée comme l’empire angevin, sans cesser d’être juridiquement un comté situé dans le royaume de France. Après les conquêtes de Philippe Auguste au début du XIIIe siècle, le comté est intégré plus directement à l’espace capétien.

L’Anjou est ensuite attribué à plusieurs princes de la famille royale. Il est érigé en duché en 1360 au profit de Louis d’Anjou, frère de Charles V. Le titre et le territoire connaissent ensuite plusieurs transmissions au sein des lignages princiers. À la mort de René d’Anjou en 1480, l’Anjou revient à la couronne de France sous Louis XI. Cette réunion met fin à l’existence de l’Anjou comme apanage princier distinct, même si le nom continue de désigner une province historique.

Auteur/autrice

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