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Lettre d’Aristée

Identification et titres

La Lettre d’Aristée est un récit juif de langue grecque, généralement classé parmi les écrits pseudépigraphes ou les apocryphes associés à l’Ancien Testament. Elle est également connue sous les titres de Lettre d’Aristée à Philocrate, Aristée à Philocrate, Letter of Aristeas, Aristeas’ epistle et Aristeasbrief. La forme latine De settantadoi interpreti a Philocrate renvoie au même ensemble textuel. Le titre canonique de l’Encyclopédie la rattache aux « apocryphes » de la Bible hébraïque ou de l’Ancien Testament, mais l’œuvre ne constitue pas un livre biblique canonique.

Nature et contenu

Présentée comme une lettre adressée à Philocrate par un certain Aristée, l’œuvre combine récit historique, apologie du judaïsme et réflexion sur la traduction des Écritures. Elle raconte, sous une forme largement narrative, la traduction en grec de la Loi juive à Alexandrie, à la demande du roi Ptolémée. Le récit met en scène un groupe de traducteurs juifs, traditionnellement au nombre de soixante-douze, dont le travail est à l’origine de la tradition de la Septante.

Aristée y apparaît comme le narrateur et le garant fictif du récit, non comme un auteur dont l’existence et la rédaction seraient établies avec certitude. L’œuvre accorde une place importante au statut de la Loi, à la sagesse des traducteurs et à la dignité des institutions et des usages juifs. Son propos relève donc autant de l’apologie culturelle que de la narration d’une entreprise de traduction.

Contexte et transmission

La composition est généralement située dans le judaïsme hellénistique, probablement au IIe siècle avant J.-C., sans qu’une date précise puisse être retenue. Le texte reflète le milieu grecophone d’Alexandrie et l’importance prise par la traduction grecque des Écritures dans les communautés juives de la diaspora. Son attribution à Aristée est conventionnelle et ne permet pas d’identifier avec certitude un auteur historique.

La Lettre d’Aristée a joué un rôle durable dans la formation des récits relatifs aux origines de la Septante. Dans les traditions chrétiennes médiévales, elle a pu être lue comme un témoignage ancien sur la transmission des Écritures, tout en étant distinguée, selon les classifications, des livres bibliques reconnus. L’absence de relations internes enregistrées ne fournit pas d’information supplémentaire sur ses témoins ou sur sa transmission documentaire.

Auteur/autrice

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