Comtes de Hohenberg
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Comtes de Hohenberg
Les comtes de Hohenberg forment une ancienne lignée de la noblesse souabe du Saint-Empire romain germanique. Leur puissance se concentra principalement dans le sud-ouest de la Germanie, dans une région correspondant pour l’essentiel à l’actuel Bade-Wurtemberg. Au XIIIe siècle, ils comptaient parmi les familles comtales les plus importantes de Souabe, avant que les divisions successorales, l’endettement et les aliénations territoriales ne réduisent progressivement leur patrimoine.
Origines et implantation en Souabe
Les Hohenberg sont mentionnés pour la première fois en 1170, dans un acte associé à l’empereur Frédéric Barberousse. Leur ascendance demeure en partie conjecturale. Il est vraisemblable que la lignée soit issue d’une branche de la maison de Hohenzollern implantée dans le duché de Souabe. Burchard II, mort vers 1154, est présenté comme un fils cadet du comte Frédéric de Zollern et comme l’oncle de Frédéric III, devenu burgrave de Nuremberg en 1191. Cette parenté explique la place des Hohenberg dans les réseaux de la haute noblesse souabe, mais la reconstruction précise des premiers degrés généalogiques doit être maniée avec prudence.
Le château d’Oberhohenberg, établi sur une hauteur rocheuse du Jura souabe près de Schömberg, constituait le principal point d’ancrage territorial de la famille. La forteresse donna son nom à la lignée et dominait un espace stratégique entre le Neckar, le Jura souabe et les domaines comtaux voisins. Les Hohenberg renforcèrent leur position par des mariages avec d’autres familles de premier rang, notamment dans l’orbite du comté palatin de Tübingen.
Expansion territoriale et alliances
Les alliances matrimoniales permirent aux comtes d’acquérir ou de contrôler des possessions dans les régions de Nagold et de Horb. Cette politique s’inscrivait dans une stratégie plus large de consolidation de leurs domaines, fondée sur les héritages, les droits comtaux et les liens avec les principales maisons princières du sud-ouest de l’Empire.
Vers 1245, Gertrude, fille aînée du comte Burchard III de Hohenberg, épousa Rodolphe de Habsbourg. Celui-ci fut élu roi des Romains en 1273 et devint ensuite le premier souverain de la maison de Habsbourg à exercer la dignité royale. Cette union plaça les Hohenberg au cœur des relations dynastiques de l’Empire. Elle renforça également leur prestige, même si elle ne suffit pas à préserver durablement l’intégralité de leurs possessions.
Albert II de Hohenberg bénéficia de cette position nouvelle. Investi de fonctions de bailli dans l’ancien duché de Souabe, il établit Rottenburg comme centre politique de sa seigneurie sur le Neckar et contribua au développement de la ville. La branche de Hohenberg-Rottenburg devint ainsi l’une des principales expressions territoriales de la famille.
Déclin territorial et extinction
La puissance des Hohenberg fut cependant fragilisée par la division des héritages entre les différentes branches et par les dépenses liées au rang comtal et à la vie de cour. Pour faire face à leurs obligations financières, les membres de la famille engagèrent puis vendirent une part croissante de leurs domaines. Ces transferts réduisirent leur autonomie politique et favorisèrent l’expansion de maisons voisines, en particulier celle des Wurtemberg.
En 1381, Rodolphe III de Hohenberg-Rottenburg, endetté et dépourvu d’héritier mâle, aliéna une grande partie de son comté à Léopold III de Habsbourg, régent de l’Autriche antérieure. Cette cession marqua une étape décisive dans la disparition de la principauté territoriale des Hohenberg. Sa fille Marguerite épousa le margrave Bernard Ier de Bade, mais cette union resta sans descendance. Les autres branches cédèrent progressivement leurs biens aux comtes de Wurtemberg.
La lignée comtale s’éteignit à la mort de Sigismond de Hohenberg-Wildberg en 1486. La disparition de cette branche mit fin à l’existence dynastique des comtes de Hohenberg au Moyen Âge, après plus de trois siècles de présence dans la noblesse territoriale souabe.
Postérité du nom
Le titre de Hohenberg fut rétabli à l’époque moderne par les Habsbourg, qui descendaient de Gertrude de Hohenberg. Il fut notamment attribué au margrave Charles de Burgau, fils cadet de l’archiduc Ferdinand II d’Autriche et de Philippine Welser. Ces usages postérieurs relèvent toutefois d’une nouvelle création dynastique et ne prolongent pas directement la lignée médiévale éteinte en 1486. La dénomination fut encore employée au début du XXe siècle pour la famille de Sophie Chotek, épouse morganatique de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche.

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