Conradiens
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Conradiens
Origines et implantation
Les Conradiens sont une famille aristocratique franque dont l’ascension se déroule principalement dans le royaume de Francie orientale, entre le VIIIe et le XIe siècle. Leur nom dynastique est formé à partir de Conrad l’Ancien, mort en 906, et de son fils Conrad Ier, devenu roi de Francie orientale en 911. La famille exerça surtout des fonctions comtales et ducales dans les régions de Franconie, de Hesse, de Thuringe, de Lotharingie et le long du Rhin.
La première mention généralement retenue est celle de Gebhard, attesté en 832 comme comte du Lahngau, dans l’ancienne Austrasie. Ses fils apparaissent en 861 parmi les propinqui, c’est-à-dire les proches parents, d’Adalard le Sénéchal, ancien serviteur de Louis le Pieux. Cette relation témoigne de l’insertion précoce du groupe familial dans les cercles de l’aristocratie carolingienne.
Une ascendance reliant Gebhard à Eudes l’Ancien, comte d’Orléans, et à Engeltrude de Fézensac a été proposée, de même qu’un rattachement plus ancien à Gérold Ier, ancêtre supposé de Hildegarde de Vintzgau, épouse de Charlemagne. Ces liens expliqueraient la proximité des Conradiens avec les Carolingiens, mais cette reconstruction généalogique ne peut être tenue pour certaine dans tous ses détails.
L’ascension sous Arnulf de Carinthie
La montée en puissance des Conradiens s’accéléra sous le règne d’Arnulf de Carinthie, roi puis empereur. La relation familiale entre la maison et Oda, épouse d’Arnulf, plaça Conrad l’Ancien et ses frères dans l’entourage immédiat du souverain. Ils le soutinrent dans ses conflits avec les comtes de Babenberg. En récompense, ils obtinrent ou consolidèrent des positions dans des territoires situés en Hesse, en Thuringe et dans les régions franques du bassin du Main.
Conrad l’Ancien cumula alors plusieurs charges comtales. Il est attesté dans le Lahngau, le Hessengau, la Vettéravie et le Wormsgau, ainsi que comme margrave de Thuringe en 892 et du Maingau en 893. Son frère Gebhard devint duc de Lotharingie en 903, signe de la place prise par le groupe dans l’organisation politique de la Francie orientale.
La victoire de Fritzlar et l’avènement royal
La rivalité avec les Babenberg atteignit son paroxysme en 906. À la bataille de Fritzlar, Conrad l’Ancien et son fils Conrad le Jeune remportèrent une victoire décisive. Conrad l’Ancien mourut au cours du combat, mais son fils lui succéda dans la direction de la puissance familiale et devint duc de Franconie.
À la mort de Louis l’Enfant, en 911, la dynastie carolingienne s’éteignit dans la Francie orientale. Les grands du royaume élurent alors Conrad le Jeune, appelé Conrad Ier, comme roi de Francie orientale. Le choix se porta sur lui plutôt que sur Charles le Simple, roi de Francie occidentale. Cette élection constitua l’aboutissement politique de l’ascension des Conradiens, même si le règne de Conrad Ier, jusqu’en 918, fut marqué par les résistances des grands princes et les difficultés à maintenir l’autorité royale.
Branches ducales, comtales et ecclésiastiques
Après la mort de Conrad Ier, la famille conserva une influence importante, notamment grâce à Eberhard, duc de Franconie de 912 à 939. D’autres membres détenaient des comtés dans le Lahngau, le Hessengau, le Maingau, le Rheingau, l’Ufgau, l’Ortenau, la Vettéravie, le Kinziggau et le Wormsgau. Cette implantation reposait moins sur un territoire unique que sur un ensemble de charges et de possessions réparties dans plusieurs régions de Francie orientale.
Les Conradiens fournirent également des responsables ecclésiastiques. Rodolphe fut évêque de Wurtzbourg de 892 à 908, Bartholf archevêque de Trèves, et Ruprecht archevêque de Mayence de 970 à 975. Udo occupa le siège épiscopal de Strasbourg de 950 à 965. Ces fonctions renforçaient l’influence de la famille dans les institutions religieuses et politiques du royaume.
Évolution au XIe siècle
La puissance dynastique se prolongea au-delà du règne de Conrad Ier. Hermann Ier fut duc de Souabe de 926 à 949, tandis que plusieurs branches demeurèrent implantées en Franconie et dans les pays rhénans. Otton de Hammerstein, mort en 1036, est l’un des derniers représentants importants attestés dans la documentation fournie. Des alliances avec les familles de Vermandois, d’Ardenne, de Luxembourg, d’Ezzonides et d’autres lignages princiers témoignent de la continuité des relations aristocratiques de la maison.
L’identification de certains Conrad mentionnés à la fin du Xe siècle avec Conrad Ier, duc de Souabe, demeure discutée. Elle ne doit donc pas être utilisée comme un élément assuré de la généalogie. Dans l’ensemble, les Conradiens apparaissent comme une maison majeure de la Francie orientale, dont l’ascension culmina avec l’élection royale de 911 et dont les ramifications comtales, ducales et ecclésiastiques se prolongèrent jusqu’au XIe siècle.

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