Constance de Sicile (1247-1302)
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Constance de Sicile (1247-1302)
Origines et mariage
Constance de Sicile, également appelée Constance de Hohenstaufen, est une princesse issue de la dynastie souabe et une figure centrale de la succession du royaume de Sicile à la fin du XIIIe siècle. Elle est généralement présentée comme la fille de Manfred, roi de Sicile, et de Béatrice de Savoie. Les notices la font naître en 1247, 1248 ou 1249 ; cette divergence explique la coexistence de plusieurs formes chronologiques dans les répertoires.
Elle épousa en 1262 Pierre III d’Aragon, futur roi d’Aragon, de Valence et comte de Barcelone. Ce mariage associa la maison d’Aragon à la lignée des Hohenstaufen et donna à Pierre des droits dynastiques sur le royaume de Sicile, alors disputé entre les héritiers de Frédéric II et les Angevins soutenus par la papauté.
La revendication du royaume de Sicile
Après la mort de Manfred à la bataille de Bénévent en 1266 et l’élimination de son héritier Conradin en 1268, Constance devint l’une des principales représentantes des prétentions souabes sur la Sicile. La révolte des Vêpres siciliennes, déclenchée à Palerme en 1282 contre la domination angevine, permit à son époux d’intervenir militairement dans l’île. Pierre III fut reconnu roi de Sicile par une partie importante des Siciliens, tandis que Charles d’Anjou conserva l’appui pontifical et ses positions dans le royaume de Naples.
Constance accompagna la politique dynastique aragonaise et joua un rôle particulier dans la transmission de la revendication sicilienne à ses fils. Ses enfants comprenaient notamment Alphonse III, Jacques II et Frédéric, qui furent successivement ou concurremment associés aux affaires de la couronne d’Aragon et de la Sicile. La question sicilienne demeura au cœur des conflits entre la papauté, les Angevins et la maison d’Aragon.
Dernières années et postérité
Après la mort de Pierre III en 1285, Constance resta liée à la défense des droits de sa dynastie. Les accords diplomatiques conclus à la fin du siècle, notamment le traité d’Anagni en 1295, provoquèrent une nouvelle phase de contestation : Jacques II renonça aux prétentions aragonaises sur la Sicile, tandis que Frédéric s’y imposa avec le soutien des Siciliens. Constance mourut en 1302. La paix de Caltabellotta, conclue la même année, consacra la séparation politique entre la Sicile insulaire et le royaume continental de Naples.

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