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De haeresibus ad Quodvultdeum

Identification et titres

De haeresibus ad Quodvultdeum est un traité hérésiologique en latin attribué à Augustin d’Hippone (354-430). L’œuvre est également désignée sous les formes De haeresibus, Augustinus, De haeresibus ou augustinus (s.), de haeresibus. Le titre long souligne qu’elle est adressée à Quodvultdeus, correspondant d’Augustin, qui avait demandé une présentation méthodique des principales hérésies connues de l’Église.

Nature et organisation

Le traité offre un catalogue raisonné de doctrines considérées comme hétérodoxes par l’auteur. Augustin y présente successivement des groupes ou des positions doctrinales, en donnant généralement leur nom, leur origine supposée et les traits qui les distinguent de la doctrine chrétienne tenue pour orthodoxe. L’ouvrage s’inscrit ainsi dans la tradition des catalogues d’hérésies, mais il ne constitue pas seulement une liste de noms : les notices servent à ordonner l’histoire des erreurs doctrinales et à manifester, par contraste, l’unité de la foi catholique.

La composition répond à une demande précise de Quodvultdeus et adopte une forme relativement synthétique. La liste traditionnellement associée au traité compte quatre-vingt-huit hérésies, depuis les courants évoqués dans l’histoire chrétienne ancienne jusqu’aux controverses plus proches de l’époque d’Augustin. Le texte doit toutefois être lu comme une œuvre de classement et de réfutation doctrinale, non comme une description neutre des communautés concernées.

Contexte et datation

L’œuvre appartient à la période tardive de l’activité d’Augustin, dans le contexte des débats doctrinaux qui traversent l’Afrique chrétienne et l’Occident latin. Elle est généralement datée des dernières années de la vie de l’évêque, vers 428-429, sans qu’une date plus précise soit assurée. Son horizon polémique est notamment celui des controverses chrétiennes sur la grâce, le libre arbitre et la condition humaine, même si le traité embrasse une histoire beaucoup plus large des hérésies.

Langue et portée historique

Rédigé en latin, le De haeresibus témoigne de la manière dont un auteur chrétien latin de l’Antiquité tardive organise la mémoire des dissidences doctrinales. Sa valeur historique tient autant aux informations qu’il transmet qu’aux catégories d’Augustin : les mouvements sont sélectionnés, nommés et interprétés à partir d’une perspective épiscopale et catholique. Le traité constitue ainsi un document important pour l’histoire de l’hérésiologie latine et pour l’étude de la pensée doctrinale augustinienne.

Auteur/autrice

root@sd-146999.dedibox.fr