Décrétales de Grégoire IX
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Décrétales de Grégoire IX
Identification et titres
Les Décrétales de Grégoire IX sont une collection officielle de droit canonique promulguée en 1234 sous le pontificat de Grégoire IX. L’œuvre est également désignée par son titre latin, Decretales Gregorii IX, par Decretales Gregorii Papae IX ou Decretalia Gregorii IX. Elle est surtout connue, dans la tradition canonique, sous le nom de Liber Extra, souvent abrégé en Extra. Cette appellation signifie que la collection se situe « en dehors » du Décret de Gratien.
Nature et composition
Il s’agit d’une compilation de droit canonique rassemblant principalement des lettres décrétales pontificales, ainsi que des dispositions conciliaires et d’autres textes normatifs. L’ensemble est organisé en cinq livres, selon une structure appelée à devenir classique dans le droit canonique médiéval : les autorités ecclésiastiques et leurs fonctions, la procédure judiciaire, le clergé et les biens ecclésiastiques, le mariage, puis les délits et les peines.
La collection reprend, réorganise et complète les principales compilations antérieures de décrétales, notamment les cinq compilations dites « anciennes ». Elle ne constitue donc pas une simple série de lettres pontificales, mais un corpus ordonné destiné à servir de référence aux juges, aux administrateurs ecclésiastiques et aux maîtres du droit canonique.
Élaboration, promulgation et portée
La compilation fut commandée par Grégoire IX à Raymond de Penyafort, religieux dominicain et canoniste. Raymond en dirigea la mise en ordre et la rédaction de la collection, tandis que l’autorité de promulgation revenait au pape. L’œuvre fut publiée en 1234 par la constitution Rex pacificus. La date de composition détaillée des matériaux réunis est toutefois antérieure et varie selon les textes incorporés.
Les Décrétales furent conçues pour remplacer les collections antérieures et fournir une base juridique commune à l’Église latine. Elles devinrent l’un des textes fondamentaux de l’enseignement du droit canonique dans les universités médiévales, en particulier grâce à leur commentaire et à leur interprétation par les décrétalistes. Elles furent ensuite intégrées au Corpus iuris canonici, où elles occupèrent une place centrale jusqu’aux codifications modernes du droit de l’Église.
La langue de l’œuvre est le latin juridique et ecclésiastique. Sa transmission médiévale s’effectua par la copie manuscrite, l’enseignement universitaire et la diffusion de commentaires spécialisés. Les nombreuses formes de titre attestées dans les catalogues modernes renvoient à cette même collection, et non à des œuvres distinctes.

Auteur/autrice
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