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Famille à Wengen

Origines et implantation en Thurgovie

La famille à Wengen, également attestée sous les formes von Wengen, von Wängi, von Wengi ou de Wengen, tire son nom de Wängi, en Thurgovie, près de Frauenfeld. Les premiers représentants connus appartiennent à la petite noblesse régionale. Burkhard von Wengen, chevalier et seigneur de Wängi, est mentionné en 1226. Un autre Burkhard, cité en 1263 et en 1273, résidait au Weiherhaus, ou « château de l’eau », associé à la seigneurie.

La famille est traditionnellement rattachée au groupe des ministériaux des comtes de Toggenbourg. Cette qualification désigne des hommes de service, souvent d’origine non libre, auxquels les princes confiaient des fonctions administratives, militaires ou judiciaires. Elle explique la présence des von Wengen dans les actes de la Thurgovie médiévale, sans permettre de leur attribuer un rang princier ou une grande seigneurie autonome.

Un Burkhard von Wengen, mort en 1296, est parfois identifié au Minnesänger représenté dans le célèbre manuscrit de chants de Heidelberg. Cette identification demeure toutefois plus incertaine que la simple attestation de son existence et de sa possession de Wängi. Elle ne doit pas être considérée comme une preuve certaine d’une activité poétique.

Les représentants ecclésiastiques

La lignée apparaît aussi dans le personnel religieux de la Suisse alémanique. Ulrich von Wengen est cité comme chanoine de la collégiale de Zurich en 1306. Deux hommes nommés Rüdger von Wengi sont ensuite attestés dans le même environnement ecclésiastique : l’un vers 1350, l’autre à Dielsdorf en 1428 avant son entrée à la collégiale de Zurich. Ces mentions montrent l’insertion de la famille dans les institutions religieuses urbaines et régionales, mais les liens de parenté entre ces chanoines ne sont pas tous établis avec certitude.

Les formes variables du nom reflètent les usages linguistiques et administratifs du nord de la Suisse médiévale. Elles ne désignent pas nécessairement des branches distinctes. L’alternance entre Wängi, Wengi et Wengen doit donc être interprétée avec prudence dans les documents anciens.

De Wängi à Constance et à Bâle

À la suite du déclin économique et politique des comtes de Toggenbourg au cours du XVe siècle, la tradition familiale situe le déplacement d’une partie des von Wengen vers Constance. La continuité généalogique est ensuite suivie jusqu’à Gebhart von Wengi, attesté à Constance au XVIe siècle. Avant cette période, les sources permettent d’établir la présence de porteurs du nom, mais la filiation détaillée entre tous les personnages médiévaux ne peut pas être reconstruite avec une égale sûreté.

La branche qui s’établit à Bâle au milieu du XVIe siècle appartient déjà à une époque postérieure au Moyen Âge. Elle adopta la forme à Wengen, puis entra dans la bourgeoisie bâloise en 1581. Son histoire prolonge ainsi une implantation thurgovienne et constançienne plus ancienne, sans que l’on puisse confondre la famille bourgeoise bâloise avec l’ensemble des lignées portant un nom apparenté.

Évolution ultérieure de la lignée

Après l’établissement bâlois, la famille se développa dans un milieu réformé marqué par la Réforme suisse. Ses membres exercèrent notamment les métiers de l’imprimerie, du pastorat et des arts. Au XVIII siècle, la lignée se divisa en deux ensembles principaux : une branche demeurée réformée à Bâle et dans les pays germaniques, et une branche aînée qui gagna l’Alsace au XIX siècle, se convertit au catholicisme et prit ensuite le nom d’AWeng ou d’a’Weng.

Cette dernière branche se prolongea en France, notamment en Lorraine et en Franche-Comté, où ses représentants furent actifs dans la métallurgie, l’armée, la médecine et le clergé. Ces développements, postérieurs à 1492, relèvent de la continuité moderne d’une famille dont les premières attestations sûres se situent en Thurgovie au XIIIe siècle.

Auteur/autrice

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