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Famille Alaman

La famille Alaman est une lignée médiévale implantée dans le comté de Toulouse, particulièrement dans l’Albigeois et le nord de l’actuel département du Tarn. Son ascension repose principalement sur le service des comtes de Toulouse, auprès desquels plusieurs de ses membres exercèrent des fonctions administratives, militaires et judiciaires. Elle atteint son apogée au XIIIe siècle, avant de s’affaiblir puis de disparaître comme lignée identifiable au cours du XIVe siècle.

Origines et implantation

Les Alaman sont originaires de Penne, dans le Tarn. Le nom, dont les formes varient selon les actes, renvoie probablement à une origine géographique associée au pays des Alamans ; il ne suffit donc pas à établir une ascendance particulière. La famille semble d’abord avoir été une riche maison locale, dont les membres ne sont pas systématiquement qualifiés de nobles dans les documents conservés.

La généalogie ancienne demeure en partie incertaine. Une tradition historiographique a rapproché les Alaman de la famille seigneuriale de Penne, mais cette identification n’est pas démontrée. Le nom de Raimond de Penne peut aussi désigner un homme originaire de cette ville sans appartenir à la lignée de ses seigneurs. Les premiers liens assurés apparaissent avec Arnaud Alaman, seigneur du Castelviel à Albi en 1146, puis avec Doat Alaman, attesté au service de Raymond VI, comte de Toulouse, en 1194.

Le service des comtes de Toulouse

Doat Alaman participa à la gestion des biens comtaux et intervint dans un règlement opposant le comte à l’évêque d’Albi. Il prit également part aux opérations liées à la croisade des albigeois, avant de servir Raymond VII. Sa succession, réglée en janvier 1235, montre l’importance déjà acquise par sa maison. Il avait épousé Fine, qui lui donna notamment Sicard, Doat et Guillaume-Aton. L’appartenance de Fine à la famille de Lautrec est possible, mais elle n’est pas établie avec certitude.

Le principal représentant de la famille fut Sicard Alaman l’Ancien, né vers 1210. Conseiller et lieutenant général de Raymond VII, il conserva une position éminente lorsque le comté de Toulouse passa à Alphonse de Poitiers, puis à la maison de France. Il administra des biens comtaux, participa à la reconstruction d’un territoire éprouvé par les guerres et développa les échanges régionaux. Dans ses dernières années, il remit les clés du trésor toulousain au représentant du roi Philippe III le Hardi.

Seigneuries, péages et bastides

À partir de 1235, Sicard Alaman reçut ou hérita de terres situées le long du Tarn, autour de Labastide-Montfort, aujourd’hui Labastide-de-Lévis. Il établit également Castelnau-de-Bonnafous, devenue Castelnau-de-Lévis, sur un site stratégique proche d’Albi et des voies commerciales du Tarn. Il agrandit progressivement sa seigneurie par des acquisitions foncières, notamment autour de Castanet.

La famille est parfois décrite comme une lignée de « bastidors », en raison de son rôle dans la fondation de bastides. Doat, fils du premier Doat, contrôlait une partie des terres situées entre le Tarn et la Vère. Il fonda Durfort, sur le territoire actuel de Fayssac, ainsi que Labastide-Mont-Alaman, devenue Villeneuve-sur-Vère. Ces créations répondaient à des objectifs de peuplement, de sécurisation des territoires et de reprise économique. Les Alaman détenaient aussi des péages sur le Tarn et la Garonne, ce qui renforça leur influence sur le commerce, notamment celui des vins de Gaillac et des régions voisines.

Déclin et extinction

La puissance de la famille déclina à partir de la fin du XIIIe siècle. Sicard Alaman, fils de Sicard l’Ancien, mourut à Tunis en 1270 lors de la huitième croisade, sans enfant issu de son mariage avec Marguerite de Castillon. Son demi-frère Sicard, dit le Jeune, recueillit ensuite la seigneurie principale. Marié à Agathe de Mévouillon, il mourut sans descendance en 1280. La seigneurie passa alors à Bertrand de Lautrec, héritier désigné, tandis que les dispositions prises au profit des sœurs de Sicard provoquèrent des contestations et de longs procès.

La branche issue de Doat le Jeune survécut plus longtemps, mais ses domaines furent progressivement divisés entre héritiers. Des Alaman sont encore mentionnés à Frausseilles, Cestayrols et Villeneuve au début et au milieu du XIVe siècle. Leur poids politique diminua toutefois rapidement et le nom finit par s’éteindre comme désignation d’une maison seigneuriale.

Personnalités et mémoire héraldique

Guilhem Alaman, issu de la branche de Villeneuve-sur-Vère, servit les représentants de Philippe IV le Bel et apparaît dans leur entourage en 1297 et 1306. Une plainte fut déposée contre lui en 1325 pour usurpation d’un droit de justice. Il est également connu comme poète occitan et prit part à une tenson avec Raimon de Cornet. Un autre Arnaud d’Alaman, peut-être apparenté, participa lui aussi à ce milieu littéraire, sans que son lien familial soit établi.

Un décor peint découvert en 1996 dans l’ancienne abbaye de Vielmur-sur-Agout a été rapproché des Alaman. Il représente une aile d’oiseau, ou demi-vol, et pourrait correspondre à des armes de gueules au demi-vol d’argent. L’identification avec la sépulture de Sicard le Jeune demeure toutefois probable plutôt que certaine.

Auteur/autrice

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